‹ Manuel d'archéologie romaine (volume 2)Chapitre 256 sur 425 · De LongptTier, loc, cit.. pi. iv, (ig. 10 et · texte numérisé non relu

De LongptTier, loc, cit.. pi. iv, (ig. 10 et

parallèles, attachées sur un système de courroies enlre-croiséès qui enserrait le corps, à la façon de ce que nous nommons une « bricole ». Les tombes de Sertorius, de Caelius, de Musius montrent très nettement cette disposition (fig. 5i'J, 1, et 546,1).

Les décorations militaires réservées aux officiers supérieurs sont représentées sur les deux côtés d'une base honorifique provenant d'Amastris et conservée au musée de Gonstantinople \ Leur image y est accompagnée d'inscriptions latines et grecques, qui en spécifient la nature : c'est donc un document de première importance. Bn y voit des couronnes, des hastes, des vexilla ffig. 554).

Couronnes ^. — La plus honorable de toutes, la corona civica^ s'accordait à quiconque avait arraché à Tennemi un citoyen romain, à condition que le sauveur fût lui-même citoyen, que le fait d'armes se fût passé sous les yeux du général et sur un sol conquis ou conservé à Rome. Elle étaitfaite de feuillages de chêne : ®'est celle que portent M. Caelius et Q. Sertorius (fig. 542, 1 et 3). La corona civica n'est d'ailleurs pas mentionnée à l'époque impériale parmi les décorations militaires ; on ne rencontre que la corona muralis^ la corona vallaris, la corona classica et la corona aiirea.

Pj:)ur mériter la corona muralis, il fallait avoir pris d'assaut le premier le mur d'une citadelle ennemie; elle représentait, en conséquence, l'enceinte d'une ville ou une tour. Un casque de bronze trouvé à Birchester et conservé au British Muséum, un de ceux qui imitent le visage humain ^, est orné, au-dessus du front, ©omme d'un diadème, d'une couronne ainsi faite. Sur le monument d'Amastris, les coronae murales sont des couronnes de laurier surnjontées chacune d'une tour avec une porte à la partie inférieure «Ideux créneaux dans le haut. La légende coronae murales^ (jTecpavo'. irupywTot est probante.

Les coronae vallares s'obtenaient pour la prise d'un retranchement ennemi. On voit, par le même document, que ces couronnes {vallares, Teiyoixoi) étaient presque absolument semblables aux couronnes murales ; avec cette différence que, au lieu d'une tour ronde, elles offraient l'image d'un pan de mur plat.

La couronne classica ou navalis était caractérisée par des proues de navire ou des rostres, en saillie au-dessus du bandeau.

1. C. I. L., III, p. 2231 ; Mendel, Sculpt. du mus. oUom., III, n» 1155, p. 389.

2. Cf. Saglio, Dict. des Ant., au mot Corona (I, p. 1533); Fiebi^er. dans Pauly-Wissowa, Real-Encycl., IV, p. 1687 et suiv.

3. II,. H. Walters, British Muséum. Select, lironzes. Londies, 1015, 4",

DECORATIONS MILITAIRES. THloMl'llK

Un ne s;ut pas avec [)récision quel acte de valeur particulier doiinail droit aux couronnes d'or; il est possible qu'elles aient été moins spécialisées ([ue les précédentes et cju'elles aient eu pour destination de récompenser les actions militaires éclatantes. La pierre d'Amastris nous fournil un exemple. On y voit une grosse couronne, qui semble faite de feuilles de chêne, avec une bandelette nouée à la partie inférieure; à coté se lit rinscriplion : corona [aur]e[a], (XT£:pavo; /punou;.

Quant à la couronne de gazon [graniinea), que certains auteurs ont cru reconnaître sur un casque de l'Antiquarium de Stuttgard *, rien n'est plus douteux. Ce casque en forme de tête porte au sommet du crâne, par derrière, une double torsade liée en bas par un cordon et lixée en haut par un lleuron ; il semble que ce soit là simplement un arrangement bizarre de la chevelure.

Les lances d'honneur données comme décorations sont toujours désignées dans les inscriptions par Tépithète de purae. On dit couramment f[ue par le mot puni il faut entendre : dépourvue de fer; ces armes d'apparat se seraient donc limitées à une hampe. La seule représentation que nous possédions sur la base d'Amastris nous montre, au contraire, des lances terminées par des fers triangulaires. Elles sont nettement désignées par les mots: hastae punie. M. Steiner a proposé ^ avec la plus grande vraisemblance d'attribuer à l'épithète un sens tout dilférenL de celui qu'on lui prèle d'habitude : il est d'avis qu'elle désigne des hastes neuves, non encore souillées de sang, par opposition avec les hastae duualicac de l'éporjue précédente, (jui étaient prélevées sur le butin enlevé à l'ennemi.

Nous avons suffisamment parlé des vexilla à l'occasion des enseignes. Le relief d'Amastris en contient deux (ojTj^'.XXo;), tout à fait sem!)lables à ceux que montrent les scènes militaires, avec une frange en bordure. l*eut-étre étaient-ils d'une taille inférieure; il est évident que l'on ne saurait tirer de ce relief aucune conclusion absolue sur la dimension que ces insignes honorifiques atteignaient dans la réalité. Leur hauteur y est, à peu près, celle des hastes.

^î les décorations militaires dont il vient d'être question, décernées à l'occasion d'un triomphe, étaient la récompense des officiers et des soldats, le triomphe lui-même était celle du général en chef. La réi'i'iiioiiic qui se déroulait ;i Home en pareil cas a été

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