‹ Manuel d'archéologie romaine (volume 2)Chapitre 257 sur 425 · Imc. cil., p · texte numérisé non relu

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représentée, en tout ou en partie, sur un certain nombre de monuments, qui viennent compléter ce que les auteurs nous apprennent sur la matière. Nous en avons déjà parlé à propos des bas-reliefs militaires ; mais le point de vue auquel nous devons nous placer dans le présent paragraphe n'est plus le même : bien entendu, il ne peut s'ag-irici que des faits qui sont figurés sur les monuments ^.

Le cortège triomphal, qui, partant du Champ de Mars et se dirigeant vers le Gapitole, traversait le cirque Flaminien, le cirque Maxime et le forum, se composait toujours des mêmes éléments. En tête marchaient les sénateurs et les magistrats, suivis de joueurs de trompettes. Puis venaient, portées sur des brancards ou sur des chariots, les dépouilles des peuples vaincus, le butin, les représentations des pays soumis, des villes conquises, des forteresses enlevées d'assaut ^ : sur Tare de Titus on remarque, étendu sur une litière, au milieu du cortège, un vieillard à longue barbe qui s'appuie sur une urne — c'est le Jourdain. Et, pour que personne ne pût s'y tromper, les noms de ces pays et de ces villes étaient inscrits sur de grandes pancartes que des hommes tenaient à la main ^, fixées à des hampes ; on y voyait peints aussi les traits de ceux des chefs ennemis (fui ne figuraient pas en personne dans la procession triomphale.

Derrière ce groupe s'avançaient les victimes destinées au sacrifice du Gapitole : taureaux blancs aux cornes dorées, garnies de bandelettes, couronnés d'un frontal élevé, le dos recouvert d'une housse pendant jusqu'à terre ; à côté se tenaient les victimaires et les camilles ^.

Ils précédaient les captifs de marque ; ceux-ci, chargés déchaînes ou la corde au cou, défilaient à pied ou assis sur des chariots, afin d'être bien exposés aux regards des curieux ^.

Entre les captifs et le char du triomphateur se plaçaient les licteurs, des porteurs de vases où brûlaient l'encens et les parfums, des joueurs de cithare et de flûte.

Le char, qui est le motif le plus souvent figuré sur les monu-

1. Cf. Gagnât, clans le Dict. des Ant. de Saglio, au mot Triumphus.

2. Arc de Bcnévent (Reinach, Reliefs, I, p. 60) ; arc de Titus [ibid., p. 274); bas-relief Ludovisi {ibid., III, p. 289) ; arc de Septinie Sévère {ibid., I, p. 268, 269).

3. Arc de Titus {ibid., l, p. 274, 275 ; plus haut, lig-. 334-335).

4. Arc deBénévent [ibid., I, p. 60) ; arc de Titus (p. 275) ; gobelet de Boscoreale (p. 96, 35).

5. Arc de Constantin [ibid., I, p. 255); plaque Canipana {ibid., II, p. 288).

DÉCORATIONS MILITAIRES. TRIOMPHK 363

menls, parce qu'il est le plus caractéristique ', était enguirlandé de lauriers et traîné par quatre chevaux. Le triomphateur avait revêtu, en tant qu'ima«,'e vivante de Jupiter, la tunique et les ornements du dieu, une tunique palmalq de pourpre et une toge décorée d'un semis détoiles d'or: cette parure est représentée sur des deniers d'Auguste -. Il tenait d'une main un sceptre, terminé par un aigle, de l'autre un rameau de laurier et avait le front ceint d'une couronne de même feuillage. Debout derrière lui, un esclave soutenait au-dessus de sa tête une seconde couronne, la couronne d'or de Jupiter (lig. 331, 33 ii.

Les officiers de l'armée fermaient la marche, suivis de leurs soldats, couverts des décorations qu'on leur avait décernées ^.

Parvenu au Capitole, le triomphateur olfrait à Jupiter un sacrifice d'actions de grâces, en immolant les victimes qu'il avait amenées avec lui ' (lig. 310).

1. Arc de Titus ibid., I. p. 274) ; gobelet de Boscoreale (p. 95) ; monument du musée des Conservateurs (p. 37 ij. Les exemples numismatiques sont innombrables.

2. Cohen. Monn. imp., 1, p. 74 ; Saglio, Dict. des Ant.^ fig. 7097.

3. Arc f)e Constantin Heinach, op. cit., III, p. 255). 4.. Gobelet de Boscoreale (Ueinach, op. cit., I, p. 96).

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