LES COUVRE-CHEFS
jivins ou héroïques; ce sonl surloul les pelilcs^ens que l'on nous nontre tête couverte el, j)arnii les dieux, ceux qui se rapprochent ie l'humanité moyenne ou médiocre, comme X'ulcain, prolecteur les forf^erons, Mercure, dieu du commerce et par conséquent des roya^res, qui exposent aux intempéries. Du reste, les auteurs nous îontirmenl qu'on avait l'Iiabitude, principalement sous la Répualique, d'aller nu-lète dans les villes, où Tétroitesse des rues protégeait du soleil ; au milieu du jour ou dans les nuits d'hiver on lortait peu et au besoin on se couvrait avec un pan de la toge. A a campagne, la pratique était forcément dilTérente.
Autre dilllculté, les représentations laissent bien rarement soup- ["onner la matière du chapeau ou du bonnet; nous savons par lilleurs qu'on y employait la peau avec sa fourrure — la peau de oup notamment — , le cuir et la laine foulée façonnée en feutre.
Le pileus. usuel chez les Italiens dès les premiers temps, est une :oilTure haute, droite et conique, ressemblant à une borne *; elle a Hé conservée par la tradition comme insigne du sacerdoce. Mais, [lors des agglomérations, on adoptait une calotte, plus basse et plus jimple, à rebord étroit; nous en pouvons juger d'après les chapeaux ionnés par le sculpteur aux bergers qui découvrent Rémus el Komulus nouveau-nés (fig. 333). Par la suite, le pileus devint le symbole de la liberté individuelle, par exemple sur la tête de l'afranchi — et même de la liberté publique, car après la mort de Véron la foule, délivrée du tyran, s'empressa de Tarborer.
Le galerus. également en usage chez les premiers habitants du Latium, n'est guère quun bonnet, une coifTe ajustée, dont se conentent beaucoup de paysans, pâtres et cultivateurs 2. Il s'adapte si îxactement à la tête que son nom sert en outre à désigner des lerruques de cheveux postiches. La même appellation s'applique i la coilFure des athlètes, celle qu'on voit, par exemple, dans la grande mosaïque des Thermes de Garacalla (fig. 408).
Les modes étrangères firent encore pénétrer en Italie le pétase jrec ; Auguste l'avait adopté ; plus lard, sous Caraealla, il fut permis aux sénateurs dans les théâtres, quand le veliini les abritait liai du soleil. Ce qui le dislingue essentiellement, ce sont ses très
1. Voir W. II«»lhiK, SUzimcjaherirhle (1er hayrischen Akademie, phil. hisl. liasse, I8HO. I. p. 4h: el suiv.
2. Saplio. Dict. des Ant., fig. 3i77; Miiseo l'io-Clemenlinn, VU, pi. xxx. •T rrir. pliure : De Hidder, lirnuzcs du Louvre, l, u" 71l,pl. xmx; voir . nel»)ijr. \Vandfjemiilih\ I.'Uh. Chap.-.mv rie paille des pécheurs:
ifoxa'iquesde Tunisie, 653.
larges bords, qu'on peut abaisser et retrousser à son gré ; la coifTe elle-même devait, comme en Grèce, affecter des formes variées, plus ou moins hautes et régulières. Dans les peintures de paysages, de style hellénistique ou égyptisant, des pêcheurs ont ce genre de ch apeau ; pour eux il paraît être en paille ^ .
Aux pays plus brumeux, et notamment en Gaule, le capuchon (cucuUus) était extrêmement répandu ; il fut adopté en Italie par les petites gens, ceux qui par état cheminaient sur les routes et s'arrêtaient dans les hôtelleries ; on le remarque dans le relief bien connu d'Isernia^et dans la peinture qui représente un groupe de buveurs au cabaret^. Les soldats transplantés dans les contrées à frimas s'en couvrent à leur tour. Les esclaves qui accompagnaient ieurs maîtres dans les sorties nocturnes prenaient le capuchon (fîg. 298); il protégeait du froid les enfants au berceau; c'est un des attributs du petit dieu Télesphore (fig. 216). Le capuchon est tantôt indépendant, tantôt rattaché à une pèlerine qui enveloppe les épaules.
Enfm le bonnet dit phrygien, qui est en effet d'origine anatolienne, et dont la forme conique est familière à tous, avec son extrémité inclinée sur le devant, est donné sur les monuments aux dieux asiatiques, Attis (fig. 232), Men (fig. 233), Mithra (fig. 236), aux Troyens, à Anchise, à Ganymède (fig. 384), et de même aux Thraces comme Orphée (fig. 390), qui ont tant de liens avec la Phrygie. Ce n'est pas une coiffure de la vie courante.
Il n'y a pas grand'chose à dire du voile de tête ; rappelons seulement qu'il était imposé aux femmes dans certaines circonstances, en première ligne le jour du mariage (fig. 312); Tl^lglise chrétienne lejugeait nécessaire pour toutes, en permanence. Il signifiait déjà chez les païens la séparation, l'isolement du monde, et par suite une initiation ; une idée de respectabilité et de décence s'y adjoignit naturellement. Le voile enveloppait le sommet de la tête et le haut du front et retombait tout droit sur le dos et les épaules ; il n'y a pas de différence, à ce point de vue, entre les silhouettes traduites par la fresque dans les catacombes et les statues grécoromaines au type delà « Pudicité ».