G. Leroux, au mot, dans Saglio, op. cit
VKTEMENTS PROPREMENT DITS
jusqu'aux talons ; c'est peut-être celui qui, dans une peinture pompéienne, drape les clientes d'un marchand d'étoffes '.
Le f)/(l/ium, déjà sous le Ilaut-l^mpire, subit lui-même la concurrence de la paenula, vêtement de voyage et propre aux esclaves dans les cités, ou aux gens modestes pour les jours de pluie. C'est un manteau bien plus épais et lourd, de cuir parfois — pour braver les averses — ou de (jausapa, élolTc lisse au-dedans, \'elue à l'extérieur; il est sans manches, dépourvu d'élégance, ayant la forme dun fourreau ou dune cloche allongée qui descend à peu près jusqu'aux genoux de la personne. Il se fermait par des agrafes quand il était fendu sur le devant, mais généralement il y avait une coulure au milieu de la poitrine. On revêtait la paenula en passant la tête par l'ouverture ménagée pour le cou. Nous en avons une idée claire par les monuments chrétiens surtout, car elle devint un élément usuel du costume ecclésiastique au n® siècle.
L'impropriété du langage,
L , •. ,, , , Fiir. 5(34. — Matrone avec pa//a et s/o/.j.
trop habituelle chez les au-
teurs, la pratique commerciale invétérée de varier les désignatioivs
pour capter la clientèle naïve, la manie qui sévit sous l'Kmpire
d'importer les modes étrangères, nous mettent dans un embarras
semblable à celui que nous avons éprouvé ailleurs : comment recon-
1. Helbig, Wanilf/emnlde, liOT ; Sa-lio, op. ctf., fi-. i9'22.
naître toutes les sortes d'habits dont les noms nous sont parvenus ? Plusieurs, sûrement, ne se disting-uaient que par des détails sans importance, lesquels n'étaient même pas constants.
Il existait une série de vêtements de dessus, souvent militaires et civils à la fois, qui offraient entre eux une grande analogie: abolla, birriis, lacerna, paludamentum^ sagiim — pour ne rappeler que les termes les plus fréquemment usités. Ils participaient tous plus ou moins de la chlamyde g-recque, pièce d'étoffe rectangulaire, dont on rattachait sous le menton, ou sur une des épaules, les deux angles supérieurs par une boucle ou une agrafe ; on pouvait ainsi diriger la partie entr'ouverte du côté que menaçait le moins le vent froid ou la pluie. La lacerna était en outre quelquefois munie d'un capuchoTi ; ce costume passait pour venir des peuples barbares. Un autre, qui lui ressemblait, avait une origine gauloise : la caracalla fut introduite officiellement à Rome par l'empereur à qui ce manteau valut son surnom historique. Peutêtre faut-il la reconnaître dans le costume de certaines divinités nationales représentées par de petits bronzes gallo-romains (fig. 241).
On rapprochera de cette série un vêtement de dessous, l'exomide grecque, adoptée depuis des siècles par les gens de travail, qui avaient besoin de la liberté des membres ; elle n'avait qu'une manche sur le côté gauche ; le bras droit et une partie de la poitrine restaient à découvert ; il se fit même des exomides sans manches, autrement dit des chlamydes flottant sur le torse nu.
Ualiciila n'était qu'une courte pèlerine recouvrant la partie supérieure des bras [alae) ; quelques monuments chrétiens en offrent des exemples *.
Avant de devenir l'insigne des diacres romains, un vêtement originaire de Dalmatie, la dalmatique, très porté en Orient, s'était également répandu à Rome sous l'Empire. Ce qui paraît distinguer principalement ce costume, figuré dans certaines peintures des catacombes, ce sont ses manches, étrangères à la tradition nationale grecque et romaine, qui voulait les bras nus ou librement enveloppés dans un pan d'étoffe. C'est d'ailleurs la raison même pour laquelle Commode appréciait beaucoup la dalmatique. Au iii*^ siècle, son exemple fut très fréquemment suivi ; au iv®, la pratique devint courante, s'imposa même dans certaines situations. Le
1. Saglio, Dict. des Ant., fig. 217-218; Naovo biill. di arch. crist., XVII (1911), pi. X, 1, 2 et 3.
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sentiment particulier de la décence inspiré par le christianisme, non moins que l'intiltratiou croissante des barbares du Nord ou de l'Est dans l'armée cl même dans la population urbaine, fit prévaloir peu à [)eu, sur les manches lar^^es et llotlantes, les manches étroites et serrées au j)oi^net. A celte date, la transformation est achevée: la tunique à ceinture comporte des manches lonj^ues et collant aux bras, tandis que la dalmatique, non ceinturée, a des manches plu?» courtes et plus amples. Ainsi en est-il de celle qui recouvre Dardanius, représenté en mosaïque sur sa pierre tombale, à Tabarka lig. r)H5) ' ; l'artiste a naïvement supprimé les manches, manquant de place pour écarter les bras de lorant.
Même évolution pour le bas liii corps : très lon^'temps, le fait de se couvrir les jambes passa pour un signe de mollesse ; la toj^e devait suflire à les préserver du froid. Puis les Komains, en contact avec les peuples du Nord, apprécièrent leurs braies bracae) ; c'étaient des pantalons serrant assez étroitement la cuisse et surtout le mollet, tels que ceux qu'on voit portés par les Daces de la colonne Trajane (lig. 3 il et 314). On prit encore l'habitude, quand on se livrait à des occupations entraînant des gestes violents, à la guerre, à la chasse, pour les rudes travaux des champs, de s'entourer les jambes, môme au-dessus flu genou, de bandes entrecroisées de toile CMJ autre tissu -.
Les intluenccs orientales mirent de plus en [ilu^ en laveur le galon
d orneuïent, nommé patagium, (jui occupait sur les riches Inniques des femmes la même place (^ue le cLiviis sur celles des hommes. Ce sont surtout les verresditsà fond d'or, des ni'-iV' siècles,
Fi^-. 565. — Dalmatique à soi;rnents.