‹ Manuel d'archéologie romaine (volume 2)Chapitre 367 sur 425 · XIV. INSTRUMENTS DE MUSIQUE · texte numérisé non relu

XIV. INSTRUMENTS DE MUSIQUE

struments de cet ordre, retrouvés en Ég-ypte ou en Attique, sont de date antérieure; les textes ne tranchent pas la question, et quant aux monuments figurés, dans la plupart des statues de musiciens, la lyre ou la cithare ont disparu; il a fallu les restaurer, au moins en partie ; elles pouvaient d'ailleurs reproduire le modèle périmé de Toriginal. Restent les peintures murales, répliques elles-mêmes bien souvent, puis les reliefs et les types monétaires, dont les représentations, à échelle ^réduite, sont très négligées ou conventionnelles : les formes intermédiaires et dégénérées qui y prédominent sont pour décourager tout essai de définition précise. Lyre et cithare conformes aux données ci-dessus sont sculptées de part et d'autre de la stèle de la poétesse Petronia Musa, dont la coiffure indique Tépoque de Trajan ; la première, aux bras striés en spirale, a trois cordes ; la seconde onze (fig. 6'81 ; cf. 403) '. Une affectation d'archaïsme est possible, mais rien n'oblige à la supposer.

Fiff. 681. — Lyre et cithare.

Le type classique de la lyre a dû subsister, malgré les concurrences, et on peut le décrire brièvement. La carapace de tortue une fois vidée, on tendait sur la face inférieure, plate, une peau de bœuf constituant la table d'harmonie ; les bras (cornua) — des cornes de chèvre à l'origine — étaient en bois ; la traverse (jugum)^

1. D'après le Bull, comanale, XXX (1902), pi. xi-xii, p. 264-280 (G. Gozza- X<uzi).

INSTRl MFNTS A CORDES 403'.

en chêne verl ou en buis, prend de plus en plus des dimensions exaj^érées, à voir rima^je qu'en donnent les monuments ; sur les sarco[)hag"es, c'est un épais rouleau. D'après les textes, anciens ou tardifs, on aurait cherché à renforcer les sons par des lames \ibrantes, en corne ou en cuivre, appliquées sur la caisse, ou par deux trous forés dans celle-ci. Chez les Romains, les cordes sont fournies par des tendons [nervi). Le cordier était une sorte de boite creusée de rainures ou de trous, assez élevée, à la basse époque, pour que sa face antérieure piit tenir lieu de chevalet, isolant les cordes de la table d'harmonie. L'appareil tenseur était sur la traverse ; le détail en est mal connu ; du moins les cordes s'enroulaient autour de chevilles à frottement dur, qu'on faisait tourner pour accorder l'instrument, soit d'après l'oreille, soit d'après un autre déjà vé\^\é '. Le nombre des cordes, qui chez les Grecs n'avait cessé de croître, resta fixé à sept dans les cérémonies relii;ieuses ; mais, dès la période alexandrine, les instruments de concert en avaient normalement quinze, et on allait parfois jusqu'à dix-huit ; nous n'avons pas connaissance de chilTres supérieurs.

Au lieu d'appuyer sur le nerf en g^lissant, comme avec l'archet, on le frappait avec le plectre (pecten), un instrument en quelque matière dure, mais toujours terminé par un crochet, et qu'un cordon rattachait au résonateur. Les citharèdes professionnels continuaient en principe à se servir du plectre - ; mais certains virtuoses, surtout dans les derniers temps, se contentaient de pincer la corde avec deux doigts, système encore différent de celui de nos joueurs de harpe ou de mandoline. Enfin un baudrier [halteus), hxé à un bouton, et dont l'exécutaat assujettissait l'autre extrémité à son poignet, permettait de maintenir solidement la cithare contre son épaule gauche, dans la position verticale.

Il existait d'autres instruments à cordes, vus avec défaveur même sous l'Kmpire, malgré l'influence de l'Orient dont ils étaient originaires, probablement parce que les courtisanes les faisaient retentir dans les banquets. Leurs dénominations et leurs particularités ne sont pas très sûres; M. Th. Heinach ^ les a groupés en deux classes :

1* Ceux qui rappelletit la harpe par leurs cordes inégales [chor-

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