Hulard, I)èh>s,p. 33-56 ; cf. pi. ii. m a, iv,ctc
2. SoKliano. Vcllii, [\^. 11; cf. le Zous Nikèpliorc d'Kleiisis : IMiilios, lOçTjacv.; ^Lyfxuj'Krrn/.r]^ 1S88, pi. iv.
3. Bull. arch. i\u Comité, 1906, pi. mi, 3; Mosaïques d'AUjêrie, 319.
54 III. RÉPERTOIRE DE LA l'EINTLJRE ET DE LA MOSAÏQUE
On sait le sort de Danaé, fille d'un roi d'Ar^os, lequel avait appris de Toracle de Delphes qu'un enfant de Danaé le tuerait. Il séquestra sa (ille dans une chambre d'airain ; mais Jupiter, qui s'éprit d'elle, sut forcer les portes de la prison, sous forme d'une pluie d'or qui vint couvrir le sein de la Jeune femme ; semence éblouissante, d'où allait naître Persée. Des peintures la montrent tenant son nouveau-né; dans la plupart ;IIelbi^^ 115-121 ; Sogliano, 75-78) elle reçoit la pluie d'or sortant d'une urne que retourne un Eres, et dans un paysag-e qui dénature la lé^'^ende.
La fable d'Europe a inspiré les peintres plus que les sculpteurs. Cette princesse errait sur une plage de Phénicie, quand elle fut enlevée par Jupiter changé en taureau. On l'a représentée, tantôt jouant sur la grève avec ses compagnes, au moment où il survient, tantôt montée sur le taureau dans une prairie (Helbig, 128-130) ou emportée par lui en pleine mer (Ilelbig, 124; Sogliano, 80-82). Les détails varient; Éros est quelquefois présent. La peinture célèbre de Naples (Sogliano, 79), si élégante et d'un vif sentiment poétique, trahit des contaminations : le décor d'ensemble n'était pas fait pour cette scène; la perspective du taureau est fausse et semble due à la copie d'un relief; il se raccorde mal au groupe des trois compagnes^ dont une le couvre de caresses ; le peintre a donné tous ses soins à traduire l'enchantement d'Europe et le regard dominateur que garde le taureau en sa métamorphose (fig. 383) ^ Europe se voit aussi sur les mosaïques africaines '^, mais le sujet s'y réduit d'ordinaire à la jeune femme sur le taureau, retenant son voile qui s'enfle au-dessus de sa tête.
Du mythe d'Io, compliqué et chargé de variantes, tout n'a pas été conservé. Prétresse de Junon, elle inspira à Jupiter une passion qu'elle-même vint à partager. La déesse jalouse surprit leurs entretiens ; pour dépister cette surveillance, le volage Olympien crut bon de transformer lo en une génisse blanche. Junon ne fut point dupe, se fit remettre la génisse et confia sa rivale au berger Argus qui, pour plus de sûreté, la lia avec les rameaux d'un olivier sacré. Les peintres, qui n'avaient point reculé devant la représentation du dieu-taureau, préférèrent laisser à lo sa forme humaine, la désignant seulement par de petites cornes qui pointaient sur son front; auprès d'elle ils plaçaient le jeune Argus, en berger ou en
1. D'après Thédenat, op. cit., I, p. 121. fij?. 75: Mon. Pomp., ci.x. CL Mosaïques de Cxa nie, 77; mosaïque do Sparte [Arch. Zeiluncf, 1881, pi. vi, 2).