‹ Manuel d'archéologie romaine (volume 2)Chapitre 90 sur 425 · Mosaïques de Tunisie · texte numérisé non relu

Mosaïques de Tunisie

SCÈNES RÉALISTES DE I.A VIE COURANTE 1 23u

sol pour scander leur marche ; le ferculumi\u'\ chargée leurs épaules met en vedette leurs patronne et leur ancêtre, et traduit aux yeux leur activité quotidienne lïelbi^, 1480) '.

Le travail des champs otTr.iit aux artistes une riche matière. Va\ Gaule, où le sens naturaliste s'éveilla de bonne heure, elle a inspiré un très curieux ouvraïï:e qu'on déplore de n'avoir plus dans son intégrité. La mosaïque deSaint-Homain-en-Gal, aujourd'hui au Louvre *, encadrée d'un gracieux rinceau, comptait quarante tableautins carrés séparés par des torsades, la rangée de quatre à chaque extrémité necomportant que des figures décoratives. Le reste constituait un calendrier rustique en images, dont il nous reste à peu près les deux tiers, assez enfumés. Dans qu^ïtre carrés au centré, les Saisons prennent la forme de Génies montés sur des animaux. Autour se répartissent les occupations de la vie rurale, chaque groupe de sept tableaux étant rapproché de la Saison qui le concerne, dans un ordre partie méthodique, partie fondé sur un besoin de variété.

L'Hiver débute de façon peu claire, peut-être par la semaille des fèves ; ensuite, sous un hangar couvert, un âne, qu'une femme mèneau bâton, tourne inlassablement autour de la meule qu'il fait mouvoir ; puis c'est le transport du fumier sur un brancard, la mise au four des pains, un sacrifice domestique, le tressage des paniers. Le Printemps — série très mutilée — s'annonce par l'arrivée de la cigogne, à qui deux paysans souhaitent la bienvenue ; à coté, deux hommes en tunique s'appliquent chacun au greffage dun jeune arbuste. LKté — de nombreux vides le réduisent aussi — s'ouvre par le sacrifice qu'olfre à Cérès un ménage de fermiers avant la récolte ; après une grosse lacune, la fête des moissonneurs : deux hommes se disputent le prix du javelot : on dislingue à l'arrièreplan l'orme où chacun a décoché son trait ; ensuite un travailleur, avec sa faucille, abat des tiges qu'un autre lie en botte sur le sol. Enfin vient l'.Xulomne : deux scènes de vendanges ; on coupe les usins de cuve sur le cep entortillé autour d'un arbre, et ceux de table parmi des pampres en arceaux ; le foulage des gra{)pes -accomplit, rythmé par la double flûte ; les opérations ultérieures : poissage des jarres, manceuvre du pressoir à levier, sont séparées par la cueillette des fruits d'arrière-saison, poires, pommes ou prunes, et par une composition moins heureuse, qui montre des. bœufs au labour et un semeur le bras levé.

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