‹ Manuel d'archéologie romaine (volume 3)Chapitre 103 sur 426 · PA · texte numérisé non relu

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conditum, qu'on a signalées en différents endroits, appartenaient à des constructions de cette nature, qui étaient détruites ou que l’on n’a pas pris la peine d’étudier.

Sodales Augustales. — Lorsqu'on s'avisa de diviniser les empereurs, il devint nécessaire d'attacher à ce nouveau culte des officiants également nouveaux ; d’où l'apparition de collèges religieux inconnus à l'époque antérieure. On nomma ces derniers venus du clergé romain sodales augustales, d'abord, tant que l'Olympe ne fut ouvert qu'à Auguste et à sa famille; puis, à mesure que les princes suivants y furent introduits, on leur adjoignit des sodales flavrales, des filiales, des hadrianales, des antoniniani. Indépendamment de ces sodales qui avaient à s'occuper de tous les empereurs divinisés d’un même groupe, chaque souverain avait son flamine, chaque princesse sa flaminique. Nous avons déjà dit le peu qu'on sait du costume et des insignes des flamines; rien de particulier ne nous est signalé comme caractéristique des sodales auguslales. |

C'est par un sénatus-consulte que César avait été placé. au nombre des dieux ; c’est ainsi que ses successeurs furent également divinisés, du moins ceux dont la mémoire ne fut pas, au contraire, . condamnée. Le décret du Sénat était suivi d’une cérémonie publique et solennelle, destinée à établir aux yeux du peuple entier la nouvelle condition du souverain défunt. Elle eut lieu pour la première fois à la mort d'Auguste et l’apothéose du fondateur de l'Empire servit de type à celle des autres princes. Elle se passait au Champde-Mars, comme couronnement des obsèques du souverain !. Un grand bûcher y était préparé, qu'Hérodien a décrit en détail ?,

« On élève, dit-il, au milieu de la place une charpente carrée en forme de pavillon. Le dedans est rempli de matières combustibles. L'extérieur est orné de drap d’or, de plaques d'ivoire et de peintures. Au-dessus du premier. édifice on en a construit un second. La forme et la décoration sont les mêmes, mais 1l est plus petit et les portes sont ouvertes. Celui-ci est surmonté d’un troisième et d'un quatrième qui en supportent d’autres, dont la dimension va toujours en diminuant. Cette construction ressemble aux tours qu'on voit dans les ports de mer et qu’on appelle phares. »

Les médailles dites « de consécration » reproduisent la forme

1. Cf. Beurlier, Le culte impérial, Paris, 1891, 8°, p. 60 et suiv. Nous lui empruntons en grande partie les détails qui suivent. RAIN :2.8.

générale de ce bûcher monumental avec de légères variantes : le nombre des étages y varie de trois à cinq. Notre fig. 429 reproduit un grand bronze de Pertinax où se voit un bûcher à quatre étages, orné de draperies ; au second on distingue les portes qui s'ouvraient pour laisser passer le lit funèbre ; de chaque côté deux torches allumées ; en haut un quadrige. Le bûcher d’Antonin a parejllement quatre étages sur les monnaies {, comme ceux de Marc-Aurèle, de L.>Verus et-de” Salon 2: sur d'autres pièces le bûcher de ce dernier en a cinq * ; de même pour Septime-Sévère et Caracalla # : celui de Claude II n’en montre que trois * : il faut faire la part É la liberté laissée aux graveurs. |

Tout étant ainsi disposé et le corps de l'empereur enfermé dans le bûcher, les magistrats, l’ordre équestre, les troupes à pied et à cheval venaient parader autour du catafalque; Hérodien parle même d’une procession de chars, aux conducteurs revêtus de robes de pourpre, où étaient placées les images des empereurs dont le règne avait été heureux et des généraux illustres. Cette évolution des troupes (decursio) a été rappelée sur deux bas-reliefs célèbres de la base de la colonne Antonine conservés dans le jardin du Vatican (fig. 347). Au centre de la composition manœuvrerit les fantassins prétoriens ; la cavalerie galope en cercle, enséignes au Vent.

Le défilé terminé, on allumait le bûcher, non moins solennellement ; les consuls, le nouvel empereur lui-même étaient chargés de : He Lont Et pendant que le feu faisait son œuvre, on lâchait du sommet un aigle qui passait pour conduire au ciel l'âme du défunt. Cette ascension figure sur un certain nombre de monuments de la sculpture, de la gravure ou de la glyptique 7. Un bas-rehief de Parc de Titus (fig. 431) nous montre l'empereur enlevé par un aigle qu'il chevauche ; un des bas-reliefs de la base de la colonne Antonine représente l’apothéose d’Antonin et de Faustine : les deux époux, vus à mi-corps, sont emportés par un génie aïlé, génie de l'Univers, suivant les uns, de l'Éternité, suivant les autres; de chaque côté

‘1. Cohen, Monn. imp., II, p. 288

2 ADI, AU, pe 1252 p.617

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