Images dans Saglio, fig. 3097 à
2. Espérandieu, Bas-reliefs, 1, 478; Saglio, op. cit., fig. 3106.
164 I. LE CULTE à
rangs de frisures qui encadrent le front se développe une torsade enrubannée qui retombe sur chaque épaule et descend sur la poitrine. |
En outre la flaminique se couronnait, dit-on, d’un arculum, rameau de grenadier recourbé sur lui-même, dont les extrémités étaient réunies par un lien de laine blanche. Enfin, elle se couvrait le haut du corps et au besoin la tête d’un petit manteau dénommé rica.
Les vestales, au nombre de six, assuraient spécialement le culte de : Vesta et, à ce titre, prenaient part à un certain nombre des céré- . monies les plus vénérables de la religion romaine.
Comme le grand pontife avait à exercer.sur elles les devoirs de père de famille, à maintenir dans le couvent la discipline morale et matérielle, à surveiller leur conduite et la façon dont elles accomplissaient le service religieux, sa demeure ne pouvait pas être très éloignée de la leur. D'où la juxtaposition sur le forum de la Regia, où il logeait, et de l'Afrium Vestae (fig. 53, 16 et 19).
Ce dernier monument a été déblayé à la fin du siècle dernier !. On a constaté qu'il se composait d'un grand atrium, avec bassins; tout autour étaient disposées des statues de ie. remontant au n° et au 1° siècle de notre ère ; elles offrent le grand intérêt de nous faire connaître le costume de ces prêtresses. Au fond s'ouvrait un {ablinum, sur lequel donnaient six chambres, trois de chaque côté, qui, dit-on, étaient attribuées chacune à une vestale. D'autres pièces entouraient la cour ; les unes servant de bains, de cuisines, de dépendances quelconques ; les autres réservées à la préparation de tous les objets destinés au culte, en particulier de celte saumure qu'on appelait muries et de cette farine salée d'épeautre qui constituait la mola salsa.
Le vêtement des vestales ne différait point de celui des matrones romaines ;: comme elles, celles-ci étaient vêtues de la tunique serrée à la taille (s{ola) et s'enroulaient dans une ample palla; leur coiffure seule offrait des particularités. Elle se composait d’une calotte élevée, formant diadème et posée sur les bandeaux de la chevelure ; elle se subdivisait en six bourrelets parallèles, semblables à des nattes naturelles, suivant les uns, en six tresses de cheveux postiches, suivant d’autres, entortillées dans des rubans et étagées sur le sommet de la tête (infula). Les cordons qui
1. Sur l’Atrium Vestae FR les trouvailles qui y ont été faites, voir Thédenat, Le forum, p. 316 et suiv.; Hülsen, Forum romain, p. 203 et suiv.; de Ruggiero, Foro romano, p. 275 et suiv.
Fig. 426. — Vestales sacrifiant.
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servaient à les attacher derrière la nuque, retombaient de part et d'autre sur les épaules. Par-dessous elles jetaient, pour les sacrifices et les processions, une sorte de voile oblong, appelé su/jibulum, attaché sur la poitrine par une fibule. On comprendra très bien cet arrangement en se reportant à notre fig. 425, qui reproduit le buste d’une virgo vestalis maxima, c'est-à-dire d'une supérieure de la communauté, conservé aujourd’hui au musée des Thermes ! ; le suffibulum se distingue aussi très nettement sur un médaillon de Julia Domna ?, où les six prêtresses offrent un sacrifice devant le temple rond de la divinité (fig. 426).
20 Augures. — Le second grand collège sacerdotal de Rome était celui des augures, représentants officiels de la science des auspices, genre de divination spécial aux Romains, qui consistait non point à deviner l'avenir, mais à se ménager la faveur divine dans des cas donnés. Ils tenaient, auprès des magistrats, le rôle d'experts et leur révélaient, grâce à leur connaissance de la tradition écrite et de précédents, consignés dans le registre des délibérations du collège, si certains signes extérieurs qui se produisaient à tel ou tel moment annonçaient la faveur ou la colère des dieux ?. Les augures n'étaient donc point, en réalité, des prêtres officiants ; et leurs attributs ne pouvaient consister en un instrument de sacrifice. Nous avons déjà dit qu'ils sont caractérisés sur les monuments par le bâton à tète recourbée qu’on nommait lituus et qui leur, servait à tracer dans le ciel et sur la terre les limites de l’espace où s’exerçait leur observation. C'est à sa présence que l'on peut reconnaître sur un bas-relief ou sur une monnaie un membre de Ja corporation. Ainsi, une pierre du musée de Florence, l'autel des” Lares Augustes, nous montre un personnage drapé dans une ample toge qui lui recouvre la nuque et tenant en main le lfuus ; pour le désigner plus nettement, le sculpteur a-placé à ses pieds un poulet qui picore #.
3° Septemviri epulones. — Le collège des septemviri epulones est un dédoublement de celui des AE Ceux-ci ne pouvant. plus, à un certain moment, suffire à la tâche religieuse qui leur
1. Cf. d'autres têtes de vestales trouvées dans l Atrium Vestae (Saglio, Dict. des Ant., fig. 4056, 4056, 7417).
2: Cohen, Monn. imp., IV, p. 125, n. 239; cf. un autre médaillon de la vestale Bellicia Modesta (Saglio, op. cit., fig. 1144). Voir aussi plus haut, t. I, p. 569. |
ii Cf. Saglio, op. cit., I, p. 631.
\Bonner Jahrbücher, CXX, p. 191 ; Reinach, Reliefs, III, p. 32.
était imposée, on institua une nouvelle classe de prêtres ; leur fonction principale était d'organiser l'epulum Jovis au Capitole, qui se -célébrait le 13 septembre et le 13 novembre de chaque année. Plus tard, les epulônes furent chargés de la préparation d’autres repas sacrés. Et, comme des cérémonies de cette nature donnaient lieu à des hbations, la patère, qui est le vase propre aux libations, devint l'insigne du Lite Nous n'avons aucune représentation relative à ces prêtres, en dehors de quelques monnaies qui ne nous apprennent rien sur leur costume.
4° Quindecemviri sacris faciundis. — Le dernier créé des grands collèges sacerdotaux est celui des quindecemviri sacris faciundis !. Is furent constitués sous un des deux Tarquins après l'acquisition par le roi des livres sibyllins, pour les interroger utilement chaque fois que le besoin s’en ferait sentir.
Outre le soin de consulter l’oracle sibyllin, la corporation avait je devoir de surveiller les cultes étrangers qui s’introduisirent peu à peu dans la religion romaine et même de desservir ceux qui n'étaient pas confiés à des prêtres particuliers. Aussi étaient-ils principale- — ment chargés du culte d'Apollon et des ludi Apollinares, où ils sacrifiaient suivant le rite grec. Nous avons déjà signalé que le tré- —…. pied d'Apollon servait d'insigne au collège. On a voulu reconnaître un quindécemvir sur une base de trépied du musée du Louvre * : elle représente un prêtre couronné de laurier, vêtu à la mode orecque, jetant des grains d’encens sur un autel allumé ; près de lui deux lauriers étendent leurs rameaux ; un corbeau est perché sur l’un d'eux. | D’autres collèges sacerdotaux ut été établis afin d'accomplir certains rites en vue du bien de l'État tout entier : ce sont les "a : luperques, les fétiaux, les arvales et les saliens. + Luperques. — Bien que le collège des luperci soit l’un des plus ‘4 anciens de Rome et qu'il ait survécu à tous les autres, il n’est connu que par les textes : l'archéologie ne fournit aucune donnée Ha Son sujet.
Fétiaux. — Elle ne connaît pas beaucoup plus les fétiaux, dont … le rôle était de représenter le peuple dans toutes les relations inter- — nationales. [ls sont pourtant figurés sur des monnaies, en particu- …. lier sur des pièces portant les noms d'Antistius Reginus et d’An-
1. Bloch, dans Saglio, Dict. des Ant., au mot Duumviri sacris faciundis. 2. Clarac, Musée de sculpture, pl. 216 et 249 ; Froehner, Notice de la sculpt. ant., p.11, n° 89.
tistius Vetus ! ; on y voit deux prêtres, la tête couverte de la toge, immolant un FR victime habituellement sacrifiée en semblable occasion. La légende : foedus populi romant qum Gabinis précise la nature des officiants. Ces représentations n'’offrent, du reste, qu'une précision de détails très insuffisante.
Arvales. — Le collège des douze frères arvales remonte sans aucun doute, lui aussi, à une très haute antiquité ?. Leur nom seul indique la nature de leur sacerdoce: ils avaient à assurer le culte de la Terre nourricière qu’ils invoquaient sous le nom de Dea Dia et à offrir chaque année des sacrifices pour la fertilité des champs. Tombée en décadence sous la République, cette vénérable institution fut réorganisée par Auguste, qui lui donna une vitalité nouvelle : tous les empereurs tenaient à honneur de faire partie du collège.
Les arvales se réunissaient dans un bois sacré, au cinquième mille de la via Campana, où l'on a retrouvé les traces de leur temple et la plus grande partie de leurs archives, gravées sur les murs de la chapelle et des différents édifices annexes qui l'entouraient *. [ls avaient pour insignes une couronne d'épis atta-
| chés par des bandelettes de laine
Fig 47 Marcel Ljanche 4, Nous possédons encore plu-
en arvale. Ê À sieurs statues impériales où le prince porte cette coiffure caractéristique : une têté d’Auguste, au Vatican ©, un buste d'Antonin le Pieux au musée du Louvre f, un autre de Marc-Aurèle au musée Britannique 7 (fig. 427), un quatrième, également au Louvre, de L. Verus À.
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Saliens * . — L'institution des saliens complétait celle des arvales. 1. Babelon, Monnaies de la république, IX, p. 80 et 85; cf. I, p. 149 et 152. 2. Cf. Saglio, Dict. des Ant., au mot Arvales.
3. Cf. Henzen, Acta fratrum Arvalium quae supersunt, Berlin, 1874, 8°.
4, Gell., VIII, 7, 8; Plin., Hist. nat., XVII, 6.
à, Bernoulli, Rôm. ‘Ikonographie, II, p. 30, n° 15.
Héron de Villefosse et Michon, Catal. sommaire des marbres antiques, a° 1180.
7. Saglio, op. cit., fig. 540. in 8. Héron de Villefosse et Michon, op. cit., n° 1169. 9. Cf. Hild, dans le Dict. des Ant. de Saglio, au mot Salu.
… Tandis que ceux-ci devaient appeler sur le sol romain la paix et ; l'abondance, ceux-là étaient créés pour aider l'État à défendre sa … prospérité par les armes. La légende met leur fondation sur le Pala- A en rapport avec la chute d’un bouclier céleste (ancile), qu'ils auraient été chargés de conserver ; pour empêcher que des voleurs pussent le reconnaître et le dérober, on en aurait fait fabriquer onze autres absolument semblables.
Nous savons par Tite-Live qu'ils se revêtaient d’une (unique courte, qui ne gênait ni la marche ni la danse, et d’un couvrepoitrine en métal. Leur coiffure était le pileus de forme conique, en laine ou plutôt.en cuir renforcé de métal, souvenir des casques étrusque et mycénien, avec l'apex, dont nous avons parlé à propos des flamines ; ce bonnet se fixait sous le menton par une jugulaire f. “Nous n'avons conservé aucune représentation de ces prêtres. Deux — Pierres gravées de Florence ? donnent une idée de leurs processions : deux personnages, sans doute des saliens de quelque colo- - nie, mais non de Rome, portent accrochés à une perche, qui repose -sur leurs épaules, six boucliers dont l’ovale est échancré de chaque
côté à la partie médiane. Deux ancilia figurent sur une monnaie du règne d'Auguste au nom de P. Licinius Stolo, et sur une autre ‘du temps d’Antonin le Pieux #; sur la première on voit de plus … un bonnet surmonté de l’apex.
“ Haruspices. — Les haruspices ne formaient pas une corporation de prêtres romains ; il convient pourtant d'en parler à cette place, - parce qu'ils suppléaient dans certains cas les pontifes et les augures. r, Ils étaient les dépositaires d'une science divinatoire issue de l'Étruî rie, à laquelle les Romains avaient recours de temps à autre, | ; toutes les fois qu'un prodige semblait nécessiter une interprétation
| précise.
Leur compétence particulière consistait à observer les éclairs, à reconnaître les événements que ces phénomènes atmosphériques % “annoncaient et à en combattre les effets: l’art fulgural était leur “domaine propre. Quand donc la foudre venait à tomber quelque | part, les haruspices recueillaient les débris des objets calcinés et la - foudre elle-même, qui, d’après la croyance populaire, se solidifiait
1. Helbig, Sur les attributs des Saliens, dans les Mém. de l’Acad. des Inscr., —XXX VII, 1906, p. 204 et suiv. ; R. Cirilli, Les prêtres danseurs de Rome, Paris, D919/8°)/p.81et suiv.
… 2, Saglio, op. cit., fig. 6045 et 6046.
3. Ibid., fig. 6047, 6048.
en pierre; ils enterraient le tout en psalmodiant des formules funèbres ; puis ils immolaient des brebis (bidentes); enfin ils faisaient entourer ce tombeau de la foudre, devenu lieu sacré, d’une barrière circulaire, en forme de margelle de puits (puüteal ou bidental), qu'on laissait ouverte à la partie supérieure, pour que l'endroit consumé restât en communication avec le ciel. Une inscription
indiquait la nature de l'enceinte. Des documents précis nous.
montrent des monuments de cette sorte. La: tombe elle-même consistait en une caisse de maçonnerie rectangulaire, à la manière des sarcophages, et recouverte d’une voûte ou de pierres disposées en dos d’âne : c’est dans cette maçonnerie qu'on encastrait l'inscription habituelle :
Fulqur conditum, Fulqur dium RES 1 ‘ condilum, quand la foudre était tombée pendant le jour, Fulqur summanum Conditum, quand elle était tombée de nuit. Danzetta a constaté le fait à Rome !, près des thermes de Dioclétien, et nous avons, pour Nîmes, un témoignage analogue de Séguier ?.
Quant au puteal, nous en possé- Fig. 428. dons un exemple fameux dans le Puteal Scribonianum. puteal Scribonianum (fig. 498) dé
forum romain, dont l’image nous a été conservée par la numisma-
à un personnage de la famille Scribonia la mission de rechercher les lieux frappés par la foudre, celui-ci avait fait élever, dans le voisinage du temple de Castor et de celui de Vesta, un puteal qu'un de ses descendants figura sur des monnaies frappées par ses soins 4. Un puteal de marbre trouvé à Véies et actuellement au Latran paraît en être une reproduction. Au lieu d'une margelle élégante, comme celle-là, on pouvait,
tique *. Le Sénat ayant confé
naturellement, établir une enceinte consistant en un mur grossier de maçonnerie : c'est le cas pour celle qui a été découverte près. des thermes de Dioclétien. Les pierres avec l'inscription fulgur
BUCAIALES NEO!