‹ Manuel d'archéologie romaine (volume 3)Chapitre 11 sur 426 · LES SURFACES PEINTES · texte numérisé non relu

LES SURFACES PEINTES

le bois, c'était la crefula de Pline, mélange de craie et de colle, où bien de colle et de gypse calcaire, une sorte de ciment à prise rapide. La toile était moutée sur un cadre carré et recouverte d'une fine couche de stuc ; dans certains cas, on collait plusieurs toiles l’une sur l’autre.

Pour la peinture murale, on revêtait d'abord le mur d'un enduit, Lectoruum |. Sur sa composition nous avons des données théoriques chez les auteurs. Selon la recette de Pline, la paroi doit recevoir

trois couches de chaux et dé pouzzolane, et deux couches de chaux

et de stuc marmorin, Vitruve demande un premier badigeon grossier, puis trois couches de chaux et pouzzolane, trois de ciment marmorin. Chacure s'applique pendant que la précédente est encore humide ; les trois premières principalement doivent former une masse vraiment compacte. En réalité, il y a quelque flottement dans l'application de ces règles ; le détail varie dans le temps et dans l’espace : pour une seule localité, on distingue plusieurs méthodes d'une maison à l’autre ; dans la même villa près de Pola ?, l'enduit à fresque change suivant qu'il couvre l'extérieur des gros murs, l'intérieur des logis ou un simple colombage. A Dèlos, le stuc, de chaux et de marbre pilé, forme une couche superficielle de 2 à

5 millimètres, qui repose sur une ou plusieurs couches de mortier ;

un autel porte 12 couches successives ?. A Pompéi et à Rome, dans

les bâtiments de bonne construction, les lits de mortier sont supprimés, mais ceux de sable et de stuc constituent un revêtement

moyen de 7 à 8 centimètres.

Dans les provinces, on ne craignait pas d'étendre un enduit sur , O

un simple treillis de roseaux ; c'est ce qu'indiquent les stries semi-

cylindriques et verticales marquées sur des quartiers de mortier retrouvés à Cherchel, qui étaient coloriés sur la face opposée f. L'épaisseur de l’enduit dépendait de la matière du mur. Ainsi on dut la réduire dans les catacombes 5, dont le tuf granulaire peu résistant supportait mal le poids d’un revêtement trop lourd. Peutêtre y eut-1l d'abord des accidents ; des fragments de peinture se

1. Jardé, au mot, dans Saglio, Dict. des Ant. Nous complétons ici nos indications du t. [, p. 30 et suiv.

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