‹ Manuel d'archéologie romaine (volume 3)Chapitre 117 sur 426 · Besnier, op. cit., p · texte numérisé non relu

Besnier, op. cit., p

MATÉRIEI DES TEMPLES 187

renflés au centre et terminés à la partie supérieure par une série de bourrelets circulaires superposés de plus en plus petits ont été

qualifiés d'utérus. Plusieurs ex-voto, enfin, nous donnent une vue

de l’intérieur du corps, tel que le connaissaient et le représentaient les anciens. L'un d’entre eux est un tronc entr'ouvert

(fig. 439); un autre représente des intestins enroulés. » Ces diffé-

— rentes pièces anatomiques, comme on aurait le droit de les appeler,

ont donné lieu à des études techniques intéressantes !.

Il en était ainsi dans tous les sanctuaires d'Esculape, d'Hygie et des autres dieux guérisseurs dont l'imagination des malades avait peuplé le monde. De ce nombre étaient, particulièrement, les divimtés qui présidaient aux sources, aux fontaines, aux cours d'eau.

L’archéologie leur doit une mention spéciale ; car leur culte donnait lieu à un mode de dévotion particulier, la séipis jactalio. Alors que, partout ailleurs, les fidèles déposaient leurs dons dans la chapelle ou dans ses dépendances, lorsqu'il s'agissait d’une source sacrée, ils. les jetaient dans le bassin même ; ceux-ci tombaïent au fond et s’enfonçaient dans la vase, où on les retrouve encore aujourd'hui. On y recueille toujours, avec des monnaies hors d'usage ou ayant cours au moment où elles ont été offertes, des objets de toute espèce qui avaient servi à la guérison ou qui la rappelaient, des instruments de chirurgie, des verres, avec lesquels on avait puisé l’eau salutaire, surtout des reproductions de membres malades comme ceux dont il a été question plus haut. Dans la source thermale de Vicarello, en Étrurie, les baigneurs avaient

… abandonné, à côté de très nombreuses pièces appartenant à tous

les âges depuis celui de l'aes rude, un grand nombre de vases d'or,

- d'argent ou de bronze : quelques-uns portaient des dédicaces aux

divinités locales, Apollon et les Nymphes; sur trois d’entre eux était gravé l'itinéraire que les voyageurs espagnols, désireux de faire le pèlerinage, devaient suivre pour venir de Gadès à Rome *, À Alise-Sainte-Reine a été déblayé assez récemment * un temple,

dédié à une divinité locale nommée Moritasgus, où l’on a rencontré

1 Voir en ttes, deux articles de M. le D° Rouquette dans le Bull,

de la Soc. franc. de l'histoire de la médecine, 1911, p. 504 et suiv.; 1912, p. 270

et suiv., 370 et suiv. M. le D' Rouquette y étudie non seulement les pièces du

temple d'Esculape, mais d’autres pièces semblables conservées au Vatican, au

musée de Florence et au Louvre.

2. P. Marchi, La stipe tributata alle nie delle acque Apollinari, Rome,

11859, 8 ; C. I. L., XI, p. 49%.

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