D ture d'Ercolano, VI, 65. Cf, aussi notre figure
hauteur de leur tête un rhyton, d’où s'échappe, pour tomber dans le petit seau qu'ils tiennent de l’autre main, un filet de vin. Au centre un autel rond ; un homme imberbe, revêtu de la toge, y fait une libation, suivant le rite romain, la têle couverte ; du bras gauche il soutient une corne d’abondance; c’est le pater familias ou plutôt son Génie. Un joueur de flûte lui fait pendant ; deux personnages plus petits figurent, l'un un camille qui apporte des offrandes sur un plateau et une guirlande de fleurs, l’autre un victimaire conduisant un petit porc, future victime du sacrifice. Au-dessous de la scène étaient peints deux serpents, qui représentent les Génies protecteurs du propriétaire et de sa femme ; ils rampent vers un autel afin de goûter aux mets disposés à leur intention. La même scène revient constamment sur les laraires, plus ou moins simplifiée.
C'est ici le lieu de signaler ces superstitions populaires, entachées de magie, qui étaient si répandues dans toutes les classes de la société romaine ; elles se rattachent aux cultes privés en ce sens que l'État n'avait point à connaître de semblables pratiques et qu'elles procédaient d’intentions toutes personnelles ; elles s’en éloignent cependant aussi en ce qu'elles avaient pour objet moins d'honorer telle ou telle puissance surnaturelle que de détourner de soi les efforts de sa malignité ou de sa vengeance.
De tout temps, les Romains ont peuplé les mondes céleste, terrestre et souterrain de puissances divines, aux contours assez indéterminés, dont les unes avaient pour mission de veiller sur les hommes à l’occasion de tous les actes de la vie, tandis que les autres n’agissaient que pour leur nuire. [1 fallait s'assurer la protection des premières et se défendre contre la malveillance des secondes par des moyens appropriés. À ces superstitions, d'origine italique, vint s’ajouter plus tard la croyance à tous les démons de l'Orient, introduite par les Levantins, civils ou militaires, hommes libres ou esclaves, qui étaient établis en si grand nombre à Rome, en Italie et dans les provinces occidentales ; leur pouvoir semblait d'autant plus redoutable qu'il était plus mystérieux. Pour combattre la légion des mauvais esprits, indigènes ou étrangers, ou même pour la retourner contre ses propres ennemis, on avait recours à des pratiques que nous ont fait connaître des documents écrits et figurés.
Un des remèdes les plus usités étaient les amulettes !. Les an-
1. Cf. Labatut, dans Saglio, Dict. des Ant., au mot Amuletum.
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