MESURE DU TEMPS
qu'ils servissent de réclame au commerçant : tel le plomb qui rappelle l'enseigne d'un magasin : ad Martem (fig. 507, 8, avec, au revers, l'image de Mars).
Une dernière catégorie comprend les tessères de jeux: elles se caractérisent par les chiffres indiqués au revers (de I à XVI, quelquefois XIX, XX et XC). Nous avons déjà signalé le fait à propos des tessères de bronze, qui servaient toutes, avons-nous dit, de Jetons ou de pions.
& VI. — Mesure du temps.
Pour mesurer le temps, les Romains avaient, à limitation des
Grecs, adopté certains instruments, assez primitifs d’ailleurs,
qu'il convient d'indiquer en peu de mots !. Si l’on veut en comprendre l'agencement, il faut se rappeller qu’à Rome la durée de lheure n'était pas constante ; elle variait aux différentes époques de l’année, l'heure diurne formant toujours la douzième partie du temps qui séparait le lever du soleil de son coucher; on devait tenir compte et des latitudes et des saisons.
Les instruments étaient de deux sortes: les cadrans et montres solaires (horoloqium, solarium) et les clepsydres, qui per-
. mettaient d'évaluer la durée par l'écoulement d’un liquide.
L'archéologie ne nous a gardé aucun spécimen de ces dernières,
àcause de leur fragilité ; nous n'en avons connaissance que par les
écrivains. Les unes étaient constituées par des amphores trouées dont l’eau s’écoulait en un laps de temps déterminé : c’est le principe de nos sabliers modernes; les autres, auxquelles convient plutôt le nom d’ « horloges à eau », étaient faites d’un vase de matière transparente, comme le verre ; elles recevaient un filet d’eau d'un débit uniforme; le niveau que le liquide atteignait dans le récipient indiquait le temps écoulé. Vitruve ? et Galien * donnent des descriptions détaillées de semblables horloges.
Les cadrans solaires, au contraire, nous sont parvenus en grand nombre +. Ils reposent tous sur le même principe : une tige de métal (gnomon) est plantée dans une surface de marbre ou de
1. Cf. Ardaillon, dans le Dict. des Ant. de Saglio, au mot Horologium. 2 :1X, Jet 10.
3. Cf. Sauppe, Philoloqus, XXII, p. 448 et suiv. 4. Voir une liste, actuellement incomplète, dans Marquardt, Vie privée, p. 456 et 457.
pierre, cylindrique, tronconique ou même plane; sur cette surface sont tracées des lignes correspondant aux différentes heures du jour ; l'ombre portée par le gnomon, en se déplaçant dans le champ occupé par les lignes et en venant recouvrir successivement chacune d'elles, indique l'heure du moment. L'usage en sub-
siste encore de nos jours.
Les plus rares, mais aussi les plus curieux, sont les cadrans solaires portatifs, véritables montres de poche. Celle qui se voit à la fig. 508 | a été trouvée au Crêt-
Chatelard (Loire)!. C'est
centre duquel on avait fixé un index mobile en
ténuse curviligne ; la tranche supérieure de la courbe porte une division en parties inégales | décroissant de l'extrémité la plus élevée à la plus basse et correspondant aux six heures de la demi-journée. Un gnomon en forme de T (restitué dans notre figure) faisait une ombre, qui se projetait sur cette tranche et se portait, suivant la hauteur du soleil, sur l'un ou l’autre des traits horaires.
Fig. 508. — Montre solaire.
Une autre montre, provenant du Hiéraple ?, près Forbach, est conçue suivant un système quelque peu différent. Le cadran est muni à son centre d'une aiguille qui peut se mouvoir circulairement autour du point d'attache ; il est enchassé, d'autre part, dans
un disque de bronze, au.
forme de triangle à hypo-
un anneau cylindrique plat, formant un léger rebord, lequel est
percé, à un certain endroit, d'un trou conique, il suffisait, l’arguille étant disposée convenablement, de tourner cette ouverture vers le soleil à un moment de la journée. Les rayons solaires, traversant par là, venaient dessiner sur l'aiguille un petit cercle lumineux, dont la position, comparée à celle des lignes horaires voisines, donnait l'heure à l'instant de la visée.
Signalons encore, comme exemple, une montre solaire en ivoire,
mesurant 0 m. 064, qui a été trouvée à Mayence *.
1. De La Noé, Mém. des Ant. de France, LVII (18%), p. 1 et suiv., pl. 1 et n. Autre cadran seniblable trouvé à Rome et décrit par Baldini (De La Noë, bid-pl'n fer). |
2. De La Noë, Mém. des Antiq. de France, LI (1892), p. 151 et suiv., pl. K.