‹ Manuel d'archéologie romaine (volume 3)Chapitre 239 sur 426 · ARTILLERIE. MACHINES DE GUERRE · texte numérisé non relu

ARTILLERIE. MACHINES DE GUERRE

» scorpion. Ammien Marcellin ! la décrit ainsi: « On taille deux

- poutres de chêne ou d'yeuse, que l’on courbe légèrement pour leur

donner l'apparence cintrée, et on les réunit à la façon des éléments d'une scie ; de chaque côté on les a percées largement d'un trou, par où on fait passer des câbles solides, liant ainsi les deux poutres pour les empêcher de s’écarter. Dans le milieu de ces câbles on dispose obliquement une tige de bois, qui.se dresse comme un timon de voiture et est entourée par le système des cordes (nervui),

a dé telle sorte qu'elle puisse s'élever et s’incliner davantage.

À l'extrémité sont des crochets de fer d'où pend une fronde suspendue par des cordes ou des chaînes, En avant de la tige on établit un grand bâti, recouvert d’un coussin de paille hachée menu, fixé par de fortes attaches à l'appareil et reposant sur un amas de

gazon ou sur un massif de briques. » Quand on voulait mettre la

machine en mouvement, on abaissait le levier au moyen d’un treuil, on déposait le boulet dans la fronde ; puis, brusquement, on détachait d’un coup de marteau le crochet qui retenait le levier. Celuici se redressait en lançant sa charge et venait frapper le coussin de paille qui amortissait le coup. Le modèle ci-joint (fig. 552, 2) est un essai de restitution exposé au musée de Saint-Germain.

: Ces engins servaient surtout à défendre les places; car leur puissance ne suffisait pas pour ouvrir des brèches dans les rem-

parts. L'attaque était assurée par d'autres moyens. Pour ébranler

et détruire les murs, les Romains usaient d’une machine appe-

. lée bélier (aries)?. Elle consistait en une forte poutre, longue de 60, 80, 100 pieds même et terminée par une tête de fer, qui imi- » tait souvent la forme d’une tête de bélier, d'où son nom. On en

“voit des représentations sur la colonne Trajane et dans les basreliefs de l’arc de Septime Sévère (fig. 553) *. Tout d’abord la poutre fut portée à bras par une file de soldats qui la mettaient.en mouvement. Dans la suite, pour augmenter la force d'impulsion par le balancement, on la suspendit à une autre poutre horizontale, supportée des deux côtés par des montants et protégée par un toit.

… Le tout reposait sur un support activé par des roues #. L'appareil

protecteur, qui rappelait la carapace d'une tortue, dont le bélier

… aurait figuré la tête mobile, portait le nom de testudo : dénomi-

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