LES CHAUSSURES
pouvons juger que d’après les pieds des statues !, qui trahissent des variantes de détail, tenant peut-être à des raisons de chronologie ou à la différence des fonctions officielles, pour ne rien dire des effets possibles du caprice individuel. Un des meilleurs exemples . à produire est un bas de jambe, seul débris conservé d’une statue … de bronze (fig. 567, 2)2?; un autre, trouvé dans les Basses-Alpes, offre … cette disposition curieuse que le brodequin laisse à nu les chevilles, … ou bien qu'une pièce rapportée les protège (fig. 568,3) ? Une semelle épaisse, simple ou double, suivant les cas, s’inter- . pose entre le pied et le sol; mais il arrive qu’elle fasse défaut, Pourtant le cuir, préparé avec de l’alun (d'où son nom, alula), est très mince et souple; le sculpteur, en effet, indique fréquemment le contour des doigts — il en fait autant, il est vrai, pour les vulgaires Miperones. | - Nous n’avons aucune trace, sur les monuments, d’un ornement … signalé par les textes et réservé aux sénateurs de très vieille noblesse, la lunula; elle ne semble pas, d’ailleurs, avoir été portée régulièrement par ceux qui y avaient droit.
Quant au mulleus, chaussure rouge, de la couleur du rouget - (mullus), le retrouvons-nous aux pieds de quelqu'une dés effigies Ÿ Es en toge de nos collections ? L'empereur, entre tous, devait pouvoir s 'approprier les chaussures de la plus haute dis- tinction. Seulement nous ne savons au juste ni qui les prenait, ni | quels en étaient, en dehors de la nuance, les particularités. . Le calceus senatorius subsiste encore aux 1v°-v° siècles, d'après ù les diptyques consulaires ; toutefois il nous est dit que sa cou- 8 Dieu a changé : à la basse époque il est blanc. Les mêmes monu- - ments nous font voir les premiers échantillons du campagus, qui deviendra la chaussure des dignitaires byzantins : soulier bas, envebras le talon et les doigts (fig. 565), largement découvert sur : De dessus du pied, où se croisent seulement — et pas toujours — des courroies légères.
… La couleur semble laissée au libre choix pour les chaussures de femmes; il'est difficile de juger des autres détails, à cause des - tuniques talaires qui couvrent tout.
À Dans son intérieur, on se débarrassait volontiers, surtout lors de la
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La 1. Voir une statue d'Auguste : Notizie degli Scavi, 1910, p. 225, fig. 2,et pl.1; . cf. aussi notre fig. 556.
De 2. D'après De Ridder, Bronzes du Louvre, Ï, pl. 1x, n° 74.
; 3. D’après Mérpn de Villefosse, Bull. des An. de France, 1907, p. 364. æ:
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belle saison, des souliers montants, lourds et un peu chauds, et l’on préférait la sandale légère, solea !, ou sandalium — ou encore crepida, empruntée des Grecs (fig. 203, 209, 219) ; mais bientôt les Graeculi n’hésitèrent plus à sortir en sandales, au risque de scandaliser les partisans des vieilles mœurs. Sous l'Empire, le terme de solea désignait pratiquement toutes les variétés laissant nu le. dessus du pied. L'élément principal, le nom même l'indique, est la semelle; on l’assujettit de toutes sortes de manières, soit par une empeigne réduite ne prenant guère que le talon, comme on en voit dansles peintures ?, soit par deux courroies, l'une passant sur le cou-de-pied, l’autre au-dessus des doigts, et reliées quelquefois entre elles par une troisième: tel est le modèle retrouvé à la Saalburg (fig. 567,5) $. | |
On met naturellement des sandales dans les thermes, pour se rendre de la piscine aux salles voisines. La brièveté du parcours engage à simplifier encore le mode d'attache; on se borne donc à une lanière unique, comme le montre une mosaïque de Timgad, qui était encastrée au seuil d'un {epidarium et où quatre sandales sont représentées à la file À, -
Les gens exposés à circuler dans les flaques ou les endroits très humides rehaussent la semelle de pièces de bois ou de métal, sous le talon et plus en avant ÿ. |
La gallica 5, chaussure gauloise qui se répandit He les Romains au dernier siècle de la République, est bien difficile à identifier ; en tout cas, elle n’a aucun rapport avec notre galoche, bien qu’on ait cru souvent pouvoir faire dériver ce mot du premier. Il paraît résulter de certains passages des auteurs que c'était une variété de la solea, intermédiaire entre lasandale et le soulier, ne laissant nue qu'une partie du dessus du pied : vers les doigts, au talon et sur les côtés, des pièces de cuir, complétées par des lanières, la maintenaient solidement en place et permettaient aux voyageurs ou aux bergers de l’adopter pour de longues étapes à fournir. Un relief de Bordeaux et des statuettes de dieux gaulois 7 nous font voir. des types qui semblent conformes à cette description. Dans le