‹ Manuel d'archéologie romaine (volume 3)Chapitre 254 sur 426 · N * (LES CHAUSSURES · texte numérisé non relu

N * (LES CHAUSSURES

pe dépouilles des bêtes fauves servirent quelquefois à confectionner des vêtements à longs poils, à limitation des gens du Nord. Mais de telles parures semblèrent toujours un peu extravagantes, et les fourrures de prix furent plutôt utilisées comme tapis ou comme couvertures Li

$ = Les chaussures.

Dans le costume national des Romains, la chaussure est repré-

sentée par le calceus ?, bottine basse qui n’emboîte pas seulement

le talon (calx), mais enserre tout le pied et même un peu du bas de la jambe, au-dessus de la cheville. C'était la seule, dans le

. principe, qu'on pûüt mettre avec la toge pour sortir dans les rues;

varié au cours des temps.

les femmes n'en portaient pas d’autres que les hommes ; les esclaves.

n y avaient pas droit. Il résulte des indications, un peu vagues, des auteurs qu'on pouvait distinguer les classes sociales rien qu’à la

chaussure; mais nous savons bien mal les effets de cette hiérarchie. sur la forme, la hauteur, la couleur du calceus; elles ont du reste.

L'immense majorité des citoyens chaussaient le pero à semelle ferrée, dont le cuir, gardant sans doute sa teinte naturelle, était plus ou moins grossier, suivant qu'il était destiné aux campagnards. ou aux citoyens du commun/fig. 567, 1)?. Le mode d'attache est schématiquement indiqué sur les monuments; il ne semblait pas néces-

“saire de reproduire plastiquement avec fidélité une chaussure

aussi modeste; du moins aucun lacet ou cordonnet n’est visible;.

. on ne remarque qu'un bourrelet dans le haut de la tige.

. Le mieux connu des calcei est naturellement celui des grands. personnages, parce que la statuaire en, fournit plus d'exemples, rendus avec une plus scrupuleuse exactitude, et que les sources.

littéraires sont plus explicites à son sujet. Le calceus senatorius ou

patricius est teint en noir ; il monte assez haut, mais pas toujours jusqu'à mi-jambe, en dépit des textes. La tige est fendue sur le

côté intérieur, pour permettre au pied de s’y engager, et la fente.

recouverte par une languette, linqula. Le mode de fermeture est

1. Voir L. Fougerat, La pelleterie et Le vélement de fourrure dans l’anti--

… quite, Paris, 1914, gr. 8°; chapitre vi.

2. L. Heuzey, au mot, dans Saglio, Dict.des Ant. 3. D'après Lindenschmit, Alferthümer, IV, pl. xzvi, 3; cf. 4,etS. Reinach,.

» Statuaire, L, p. 108 (Saglio, op. cit., fig. 1013).

compliqué : deux paires de courroies, corrigiae, assujettissent la chaussure. La première paire est fixée à demeure entre Fempeigne et la semelle, vers le milieu de la plante du pied ou un peu plus près des doigts: on croise sur le cou-de-pied les deux lanières, assez larges au départ, puis sur le bas de la jambe, deux ou trois fois, et on les noue par-devant; la deuxième paire entoure ellemême à plusieurs reprises le mollet et s’ättache un peu au-dessus

Fig. 567. — Variétés de chaussures. — 1. La chaussure vulgaire. —

2. Calceus senatorius. — 3. Calceus provincial. — 4. Bottines de

chasse. — 5. Sandale.

de la précédente; on laisse pendre à chaque nœud de longues brides très visibles, qui signalent au premier coup d'œil la haute qualité du personnage. Les brides des courroies d'en haut passent quelquefois sous les tours inférieurs avant de descendre à terre. \ Tout cet agencement serait encore plus clair si nous avions la. représentation d'une chaussure isolée et dénouée ; mais nous n en.

Le

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