‹ Manuel d'archéologie romaine (volume 3)Chapitre 269 sur 426 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

SOMMAIRE. — I. Lits. — II. Sièges. — IIL. Tables et supports divers. —. IV. Armoires et coffres. — V. Tentures et tapis. S Er. — Jats.

Le premier lit de l’homme est le berceau (cunae, cunabula).

Chez les Romains, il a la forme d'une auge, dont la partie infé—. rieure, reposant sur le sol, est très étroite et même un peu arron-

die, de manière à éilitécle balzncement. Tel apparaît le berceau . de Romulus et Rémus dans la peinture de l'Esquilin citée plus.

haut (p. 104, note 2) ; un petit monument du musée de Beaune. (fig. 603) ? nous montre que l'enfant y était comme ligoté par une- - sangle, qui passait dans des boucles disposées de chaque côté.

Fig. 603. — Berceau.

Lesilits ? pour adultes reproduisent à l'époque romaine la struc— ‘ture générale et l’ornementation des lits grecs, déjà adoptés par. * l'Étrurie. Les anciens passaient chaque jour, étendus ou à demi

allongés, un bien plus grand nombre d'heures. que les modernes. . Ils distinguaient le lit d: repos et de sommil(lectus cubicularis),

1. A. Kôüppen et C. Breuer, Geschichte dès Môbels unter Berücksichligung; der architektonischen und lektonischen Formen bis zur rômischen Kaiserzeut, Berlin, 1904, 8°.

- 2. D'après Saglio, fig. 2130. De face dans Espérandieu, Bas-reliefs, ITI,.

3. P. Girard, au mot Lectlus, dans Saglio, Dict. des Ant.; Caroline L. Ransom, Studies in Ancient Furulture, Éonehes and Beds of; the Greeks, Etruscans:

and ‘Romans: Chicago, 1905, gr. 8°.

410 e X. L'AMEUBLEMENT

le lit de table (tricliniaris), le lit pour la lecture (lucubratorius) etenfin le lit funèbre. Mais les différences de formes ne sont. généralement pas très sensibles d’une catégorie à l’autre; dans. les trois cas, le lit rappelle dans une large mesure nos

sofas.

Aux premiers siècles, quand :ils ne couchaient pas sur une.

simple natte (matla) de jonc, les Romains se contentaient pour la plupart de couches très modestes, simples tréteaux de bois, où le:

support du matelas était constitué par des sangles entre-croisées, engagées dans l'encadrement. Mais, à partir du siècle avant notre

ère, les influences gréco-orientales mirent à la mode les revêtements

de bronze, ou même de métaux précieux, d'argent et d’or, les

placages etincrustations d'ivoire ou d'écaille. Le lit de fer ou de cuivre, si commun de notre temps, le fut alors certainement

beaucoup moins. D'autre part, on accordait beaucoup plus d'importance au moulurage de LAPS -tête et principalement des . pieds; l’industrie du tourneur s'y donnait libre carrière. Un lit de. luxe a été reconstitué pour le musée de Naples, avec une approximation suffisante, au moyen de fragments exhumés à Pompéi ! :

les pieds sont tits deux à deux, à la tête et aux pieds, par des

traverses ; le placage de bronze est incrusté d’ argent. La place de l'oreiller me vical), disposé de manière à servir en outre d'accou- :

doir, est délimitée depart et d'autre par d’élégants sujets sculptés.

Le lit de bronze de Boscoreale, au musée de Berlin (fig. 604) ? ne .

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