ARMOIRES ET COFFRES
plaques de métal ; il avait la forme d'une grande malle, très massive, plate sur le dessus et reposant sur quatre pieds bas. On le plaçait dans l’afrium, contre un pilastre, et on y serrait, soit des vêtements, soit des provisions, même des bijoux, de l'argent ou des papiers de famille. Nous pouvons citer en exemples plusieurs de ces coffres provenant de Pompéi (fig. 617) !.
La capsa, originairement un coffret, n'est généralement, par une restriction de sens, qu’une boîte circulaire pour les volumina,
qu on y place debout (fig. 694).
Fig. 618. — Mécanisme de serrure. Fig. 619. — Cadenas.
La valeur d’un coffre-fort dépendait de la construction de ses parois, mais aussi de sa fermeture ; on y adaptait donc de solides Serrures ou des cadenas; le mot sera désignait les unes et lesautres ?,
«Les Romains étaient très experts en ferronnerie. On a retrouvé en quantité des vestiges de serrures de bronze ou de fer, notamment en Gaule, dans la région de Compiègne #, mais brisées : on n’a plus que l’entrée de la serrure, ou le pène, ou une partie des garnitures intérieures; il en subsiste rarement assez pour dévoiler les “mécanismes. Moins endommagé, un exemplaire du British
1. D’après la Rev. arch., 1868, II, p. 171, pl. xx; cf. Thédenat, op. cit., I, p. 71, fig. 37.
2. Guide to Greek and Roman Life, p. 161-169 ; R. Vallois, au mot Sera, dans Saglio, Dict. des Ant. ; À. Van Gennep, Pro Alesia, IV (1910), p. 675-681, pl. xev-xcvin ; J. Ward, The Roman Era in Britain, Londres, 1911, 8°, p. 229-
3. S. Reinach, Catalogue du musée de Saint-Germain, p. 88, 130, 201.
Museum, exhumé probablement à Pompéi, a permis une reconstitution (fig. 618) !. Le pène est percé de trous, où passent des chevilles qui y sont maintenues par un ressort ; la clef était munie
de dents en nombre égal, destinées à repousser les chevilles pour |
affranchir le pène et le tirer hors de sa gâche. Donc, double manœuvre: de bas en haut d’abord, puis horizontalement. Tout cela n’est que l’application du système grec dit laconien.
Nous ne connaissons en revanche que par des modèles romains le cadenas et la serrure à révolution, fonctionnant par une clef à panneton du type moderne, dont le mouvement circulaire tout à la fois soulève le ressort et entraîne le pène. Il y eut plusieurs sortes de cadenas : tantôt l'arc de fermeture, fixé à charnière d’un côté, était dégagé de l’autre par la clef qui ouvrait la boîte ou le barrillet (fig. 619) ?; tantôt, pour le même résultat, on devait libérer un ou plusieurs moraillons, dont les anneaux en demi-cercle se trouvaient rattachés à la plaque d’entrée par de petits pènes intérieurs, suivant un système fréquemment adopté pour nos malles. D’autres spécimens comportent l'agencement d'une crémaillère qui fait jouer à la fois un pène et une crémone ÿ,
Pour dépister et prévenir les ouvertures clandestines, les anciens se servaient couramment des sceaux: dans certaines serrures était ménagée une cavité,où l’on apposait un cachet qu'il fallait rompre pour déclencher le fonctionnement de l'appareil *
Les clefs romaines (clavis), revenues au jour sont nombreuses et
très variées Ÿ. Elles diffèrent en général des nôtres, d’abord par |
la plus faible longueur de la tige, quelquefois entièrement supprimée, comme dans telle clef à platine, où une simple plaque de métal est percée de trous correspondant aux gardes ou garnitures de la serrure (fig. 620, 1) $; d'autre part, l’embase, partie moulu-
rée qui rattache l'anneau à la tige, est souvent très volumineuse (fig. 620, 2) 7; enfin le panneton déborde davantage et il est coudé »
1. D’après le Guide to Greek and Roman Life, p. 162, fig. 171.
2. Ibid., p. 164, fig. 173-174 ; de Ridder, Bronzes du Louvre, Il, pl. cexvuu, n° 3538.