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TAPIS ET TENTURES Li 493
en équerre ; il se termine fréquemment par de nombreuses dents. : La poignée, parfois en bronze même pour une clef en fer, est “ouvragée, travaillée à jour, ou représente une tête d'animal, lion, honne, renard, cheval, chien, sanglier. L’anneau de plus d’une
1 2 | 3 Fig. 620. — Clefs. — 1. Clef à platine. — 2. Clef à panneton, — 3. Clef montée sur bague.
“clef minuscule n'était autre chose que la bague passée au doigt … du propriétaire ; de la sorte elle ne le quittait jamais; c'est le cas . pour l'exemplaire chrétien ici reproduit (fig. 620, 3) !.
S V. — Tapis el tentures ?.
Le rôle des tissus dans l’ameublement était considérable : Les ‘anciens masquaient par des lentures bien des passages où nous “aurions mis un battant de porte. Mais nous ne pouvons guère “parler de ces articles que pour mémoire ; la matière en était si
fragile qu'ils ont disparu en totalité, à part quelques lambeaux d'époque indécise déterrés sur l'emplacement des villes antiques de la Russie méridionale ? et des fragments préservés par les sables de l'Égypte, mais qui, par leur date beaucoup plus basse, nous intéressent à peine : ce sont presque uniquement des ouvrages coptes. Les échantillons en débris de nos collections d'Occident —
° 1. D'après Saglio, op. cit., fig. 349.
2, M. Besnier, au mot Tapes, et V. Chapot, aux mots Textrinum et Velum, dans Saglio, op. cit.
3. Stephani, Comptes rendus de la Commission archéol. de Saint-Pétersbourg, 1878-1819, p. 140-142.
ad
par exemple au musée de Cluny, à Paris — sont à peu près tous du 1v° siècle au plus tôt. |
Les auteurs eux-mêmes nous renseignent médiocrement sur ce sujet, faute de précision dans les termes : tapes, stragulum, velum,
veslis et d’autres, copiés du grec, désignent arbitrairement des » tapis, des couvertures, des pièces de vêtement ou de literie et des “
portières.
La mosaïque n'a pas fait tort à l’art des tapis, né en Asie et! transmis par l'hellénisme au monde romain ; les artisans des deux
spécialités s'inspiraient des mêmes modèles ; dans les tissus pour pavements on retrouvait surtout, paraît-il, le décor géométrique et
des motifs empruntés au règne végétal ou reproduisant des animaux
de la région du Nil.
Pour les rideaux et tentures, l’indigence documentaire est un
peu moindre; pourtant les premiers sont l’occasion d’un thème tout conventionnel et stylisé : dans une foule de bas-reliefs de“
goût hellénistique, une draperie, constitue le fond du tableau,
simplement pour donner à comprendre que la scène se passe dans
un intérieur. Nous savons en tout cas que les tentures avaient cette”
destination, à laquelle on renonça par la suite, d'établir des
compartiments dans une pièce trop vaste; on en déployait aussi”
horizontalement, sous le plafond, dans les salles à manger somptueuses, et, comme nous, les anciens en plaçaient également contre les murailles.
Les fouilles de Pompéi et d'Herculanum ont permis plusieurs
constatations. Nombre de pièces ouvrant sur l’atrium devaient être |
fermées par une pièce d’étoffe; il en était toujours ainsi à l'entrée
du {ablinum ; on a retrouvé, fixés au mur, soit des crampons, soit.
des embrasses de métal, qui ne laissent aucun doute. Les peintures “ campaniennes ou chrétiennes font preuve de quelque fantaisie” dans leurs représentations des vela. Les miniatures du manuscrit
parisien de Térence et la mosaïque qui domine la façade du palais,
de Théodoric à Ravenne ! reflètent des modèles antérieurs et nous.
montrent la disposition des portières : comme aujourd’hui, uniques ou doubles pour une seule baïe, elles étaient suspendues à des tringles par des anneaux. Souvent, dans le premiers cas, on nouait la draperie dans le milieu de sa longueur, laissant un passage à droite et à gauche.