INSTRUMENTS À CORDES
NY
en chène vert ou en buis, prend de plus en plus des dimensions exagérées, à voir l'image qu’en donnent les monuments ; sur les
sarcophages, c'est un épais rouleau. D’après les textes, anciens ou
tardifs, on aurait cherché à renforcer les sons par des lames
vibrantes, en corne ou en cuivre, appliquées sur la caisse, ou par deux trous forés dans celle-ci. Chez les Romains, les cordes sont fournies par des tendons (neruwi). Le cordier était une sorte de boîte creusée de rainures ou de trous, assez élevée, à la basse
époque, pour que sa face antérieure pâût tenir lieu de chevalet, iso-
lant les cordes de la table d'harmonie. L'appareil tenseur était sur
la traverse ; le détail en est mal connu ; du moins les cordes s’en-
roulaient autour de chevilles à frottement dur, qu'on faisait tourner pour accorder l'instrument, soit d’après l’oreille, soit d’après. un autre déjà réglé !. Le nombre des cordes, qui chez les Grecs n'avait cessé de croître, resta fixé à sept dans les cérémonies religieuses ; mais, dès la période alexandrine, les instruments de: concert en avaient normalement quinze, et on allait parfois jusqu’à dix-huit ; nous n'avons pas connaissance de chiffres supérieurs. Au lieu d'appuyer sur le nerf en glissant, comme avec l'archet,
on le frappait avec le plectre (pecten), un instrument en quelque:
matière dure, mais toujours terminé par un crochet, et qu'un cor-
don rattachait au résonateur. Les citharèdés professionnels conti-
nuaient en principe à se servir du plectre ?; mais certains virtuoses, surtout dans les derniers temps, se contentaient de pincer la corde avec deux doigts, système encore différent de celui de nos. joueurs de harpe ou de mandoline. Enfin un baudrier (balteus), fixé à un bouton, et dont l'exécutant assujettissait l’autre extrémité à son poignet, permettait de maintenir solidement la cithare contre-
son épaule gauche, dans la position verticale.
Il existait d’autres instruments à cordes, vus avec défaveurmême sous l'Empire, malgré l'influence de l'Orient dont ils étaient originaires, probablement parce que les courtisanes les faisaient
. retentir dans les banquets. Leurs dénominations et leurs particula--
rités ne sont pas très sûres; M. Th. Reinach * les a groupés en deux classes : ES 1° Ceux qui rappellent la harpe par leurs cordes inégales (chor-