LE LIVRE ET L'ÉCRITURE A L'ENCRE
s’enroule la partie du livre déjà lue, sur l’autre celle qui reste à lire. Sur l’un des longs côtés adhère une étiquette de parchemin (inde, ttulus) qui indique le contenu de l'ouvrage, rendant le
même service que les titres portés au dos de nos reliures et les livres sont empilés sur des rayons, avec toutes leurs étiquettes en
avant, comme le montrait un bas-relief trouvé autrefois à Nimègue
et depuis égaré (fig. 692) !, ou bien rangés côte à côte dans la capsa,
étiquettes en l'air (fig. 694) 2, On place les volumes de prix dans un feuillet non utilisé ou une membrana de peau, et l'on rattache par un cordon le groupe de manuscrits se rapportant au même ordre
: d'idées ÿ. Ces détails matériels ressortent, non seulement des textes, mais des œuvres d'art, statues, reliefs et peintures #.
fourni par une vignette de la MVotitia dignitatum (fig. 693) ©
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Fig. 692. — Bibliothèque gallo-romaine.
Les plus anciens a ubts de papyrus rassemblés, non en rouleau, mais dans la forme du livre moderne (codex), ne remontent :
sûrement pas au delà du 1wv° siècle ; ce doit être là une création du
Bas-Empire. Un exemple d'enveloppe de codex (camisia) nous est
1. D'après Chr. Brouwer et Jac. Masen, Antiquitatum et annalium Trevi-
. rensium libri XX V, Liège, 1671, I, p. 105.
2. D’après Mazois, Le Palais de Scaurus, 2° éd., Paris, 1822, 8°, pl. vin,
3. Saglio, op. cit., fig. 7564 ; Birt, Buchrolle, p. 260, fig. 169. 4. Voir l'illustration tDedlante de Birt, AT LE 5. Éd. Seeck, p. 161.
Les volumina arrivés entre nos mains proviennent ou d'Herculanum ou de l'Égypte ; l'immense majorité d’entre eux contiennent le texte d'ouvrages grecs, même ceux d'époque romaine, qui sont les plus nombreux. à
Les rouleaux de papyrus se retrouvent bien rarement en bon état de conservation. Ceux d'Herculanum, enfouis sous la lave incan- | descente, étaient tellement noircis qu’on les prit quelque temps | pour des morceaux de charbon; mais un examen plus attentif . ayant permis de distinguer quelques lettres, on reconnut leur | véritable nature. Restait à les développer ; ae d'un fut détruit : dans les premiers essais ; enfin le P. Ant. Piaggio imagina et appliqua en 1753 un procédé bien conçu !, que les expériences | ultérieures n'ont pas beaucoup modifié ?. : |
Il posa sur des bobines de cuivre une lamelle qu'il recouvrit » d’une couche de coton et, sur le coton, un des papyrus qui lui semblèrent le moins endommagés. Comme le recto seul, en géné- « ral, porte des lignes d'écriture, on pouvait sans inconvénient masquer le côté extérieur ; l'inventeur ingénieux eut donc l'idée de : l’étendre sur une fine pellicule, qui renforçait les fibres comme la | toile d'un tableau soutient la couleur ; l’adhérence était obtenue à « l’aide d’une colle de poisson bien épurée. Suspendu à une extré-\ mité, le volumen tendait à se dérouler par son propre poids et par l'effet des fils de soie attachés à son extrémité, qu'on mainte-w nait tendus en tournant des vis de bois ; l'opérateur y aidait en repoussant délicatement avec la pointe due aiguille là partie encore enroulée. |
Les colonnes de texte, ou des séries de colonnes, peuvent être. séparées les unes des autres ; l'essentiel est de les étendre sur une. feuille de gros papier ; il est usuel aussi de les placer entre deux plaques de verre. Actuellement on prend comme pellicule de petits 1 morceaux de baudruche à battre l’or. Les mutilations des papyrus sont souvent préexistantes, mais on est exposé à les accroître pendant ce travail, si prudemment qu’on procède : il arrive qu'un” fragment de feuille se détache et vienne se coller, soit par son recto sur le verso d’une autre, soit par son verso sur le rente de la voi-"
Le
1. D. Bassi, Archivio storico per le provincie Me XXXII (1907), p. 636-690. 4 2. Ruesch, Guida di Napoli, n° 1910; V. Gardthausen, Griechische Paläo- : graphie, p. 150. On trouvera une image ‘de l'appareil alors employé dans Fou-. geroux de Bondaroy, Recherches sur les ruines d'Herculanum, Paris, 1770, 8,1 pl. 11, fig. 23. »#