‹ Manuel d'archéologie romaine (volume 3)Chapitre 40 sur 426 · Bulard, Delos, p. 83-56 ; cf. pl. 11, 111 À, tv, etc. ï · texte numérisé non relu

Bulard, Delos, p. 83-56 ; cf. pl. 11, 111 À, tv, etc. ï

2. Sogliano, Vettü, fig. 11; cf. le Zeus Nikèphore. d'Éleusis: Philios, SE FPE Egpnuepis apyaokoyix, 1888, pl. 1v.

3. Bull. arch. du Comité, 1906, pl. xn, 8; Mosaïques d'Algérie, 319.

On sait le sort de Danaé, fille d'un roi d'Argos, lequel avait appris de Jl'oracle de Delphes qu'un enfant de Danaé le tuerait. Il séquestra sa fille dans une chambre d'airain ; mais Jupiter, qui s'éprit d'elle, sut forcer les portes de la prison, sous forme d'une pluie d’or qui vint couvrir le sein de la jeune femme ; semence éblouissante, d'où, allait naître Persée. Des peintures la montrent tenant son nouveau-né; dans la plupart ‘Helbig, 115-121 ; Sogliano, 75-78) elle reçoit la pluie d'or sortant d’une urne que retourne un. Éros, et. dans un paysage qui dénature la légende. Eee

La fable d'Europe a imspiré les peintres plus que les sculpteurs. Cette princesse errait sur une plage de Phénicié, quand elle fut, enlevée par Jupiter changé en taureau. On l'a représentée, tantôt jouant sur la grève avec ses compagnes, au moment où ilsurvient, tantôt montée sur le taureau dans une prairie (Helbig, 128-130) ouemportée par lui en pleine mer (Helbig, 124; Sogliano, 80-82). Les détails varient ; Éros est quelquefois présent. La peinture célèbre de Naples (Sogliano, 79), si élégante et d'an vif sentiment poétique, trahit des contaminations : lé décor d'ensemble n’était pas fait pour cette scène ; la perspective du taureau est fausse et semble due à la copie d'un relief; il se raccorde mal au groupe des trois compagnes, dont une le couvre de caresses ; lé peintre a donné tous ses soins à traduire l'enchantement d'Europe et le regard dominateur. que garde le taureau en sa métamorphose (fig. 383) !. Europe se voit. À aussi sur les mosaïques africaines 2, mais le sujet s’y réduit d’ordinaire à la jeune femme sur le taureau, retenant son Nue qui s ‘enfle au-dessus de sa tête. |

Du mythe d'Io, compliqué et CAE de varrantes tout n’a pas été conservé. Prêtresse de Junon, elle inspira à de une passion qu'elle-même vint à partager. La déesse jalouse surprit leurs entretiens ; pour dépister cette surveillance, le volage Olympien crut bon de transformer Io en une génisse blanche. Junon ne fut point dupe, se fit remettre la génisse et confia sa rivale au berger Argus qui, pour plus de sûreté, la lia avec les rameaux d'un olivier sacré. Les peintres, qui n'avaient point reculé devant la représentation … du dieu-taureau, préférèrent laisser à Io sa forme humaine, la : désignant seulement par de petites cornés qui pointaïent sur son front ; auprès d'elle ils plaçaient le jeuue Argus, en berger ou en

#, D'aprés Thédenat, op. cit., I, p. 121, fig. 75: Mon. Pomp., ax. Cf. Mosaïques de Gaule, 77; mosaïque de Sparte (Arch. Zeitung, 1881, pr VI, 2). 2. Cf. Mosaïques de Tunisie, 18, 63, 350 ; d'Algérie, 211. UE

… homme d'armes, et parfois, dans le voisinage, Mercure chargé par Jupiter de tromper le gardien et s'essayant à le charmer des sons de sa syrinx (Helbig, 131-137) ‘. {Bercé, assoupi, Argus fut tué par le

Fig. 383. — Europe et le taureau.

- dieu. Furieux qu'Io devint libre, Junon attacha aux flancs de la génisse un taon impitoyable, dont la piqûre l'affolait au point

1. Baumeister, Denkmäler, If, p. 865, fig. 942. Variante, ibid., Ï, p. 752 “fig. 802 (Helbig, 136); Hermann, Malerei, pl. Lur.

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qu'elle se mit à galoper à travers le monde. Les poètes ont chanté sa vie errante ; la fresque a seulement, dans une belle œuvre toute grecque d'accent (Helbig, 138) ‘, rappelé l'étape égyptienne de son itinéraire, dont les anciens faisaient le point culminant de cette légende. Ici encore, la génisse n’est qu'une belle fille au front cornu ; lé dieu Nil la porte sur son épaule et va la déposer sur le rivage que ses pieds effleurent ; sa main rejoint la main tendue d'Isis qui lui souhaite la Fo ce entourée du petit Harpocrate et de deux prêtresses armées du sistre. :

L'histoire de Léda, à part quelques spécimens où limitation certaine d’une œuvre de la statuaire accorde à l'héroïne quelque retenue, presque de l'effroi, a trouvé dans la fresque son expression .la plus libertine: l’envolée des draperies, les gestes complaisants de l’amante, tout contribue à rappeler nos tableaux de boudoir (Helbig, 140-152; Sogliano, 84-85) 2

C'est un peu dans la même note, avec accompagnement d'Éros, que les peintres ont traité l’anecdote de Ganymède {Helbig, 153-158) : l'adolescent étendu a des formes quasi féminines ; l'aigle-dieu, à ses côlés, le fixe avec convoitise.. Des mosaïques, plus directement inspirées de la sculpture, tirent meilleur parti des ressources plastiques du sujet : on voit dans un médaillon le jeune chasseur déjà emporté par l'oiseau de proie aux ailes épandues, ou soulevé du sol dont il va perdre le contact (fig. 384) *

Junon. — C'est une figure ingrate pour un art de tendances légères ; aussi parait-elle très peu seule; l’auteur de la grande peinture où l’on reconnaît généralement son union awcc Jupiter lui a ‘ donné une sévère, mais très noble physionomie (Helbig, 114)+. Ses attributs se retrouvent davantäge, comme éléments de décor, principalement le paon, avec l'immense évantail chatoyant de sa queue où, selon la légende, Junon avait éparpillé les cent yeux d'Argus.

Amours d’Apollon. — Passons sur Dèmèter, trônant ou debout f, et arrivons au type plus séduisant d'Apollon, très apprécié en

1. Mus. Borb., X, 2; Roscher, Lexikon, 1, 2, p. 275; Herrmann, Malerei, PI EVI: CHAL VII 0:

2. Quatre variantes dans les Mon. Pomp., cxxxix. 3. D'après les Musées de Sousse, pl. vn (— Mosaïques de Tunisie, 136); cf. Mosaïques de Gaule, 209; Nogara, Mosaici, pl. xxxvI.

4. Roscher, op. cit., I, 2, p. 2127; Bauméister, op. cit., I, p.649: Herrmann, Malerei, pl. x1.

5. Musée du Bardo, Mosaïques de Tunisie, 448. | À 6. Roscher, Lexikon, I, 1, p. 859 et 861.

citharède (Helbig, 180-187 ; Sogliano, 100-105); les peintres prennent souvent deux de ses attributs, la lyre et surtout le griffon, comme pièces d’ornementation détachées (Helbig, 191-199 ; Sogliano, 106-107). La physionomie attentive, concentrée, qu'il a … dans quelques tableaux rappelle son rôle divinatoire (Helbig, 203-204). Bien plus que la sculpture, la fresque exploita le mythe

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