‹ Manuel d'archéologie romaine (volume 3)Chapitre 46 sur 426 · FF · texte numérisé non relu

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adroitement varié les attitudes et gradué Fe effets de lumière et d'ombre.

— Mythes de la lumuëére et du temps. — Entre les divinités de la lumière, le Soleil est magnifiquement présenté dans une mosaïque

de Sens ‘, alors qu'il maîtrise ses chevaux qu’effraie la chute dans

… l'Éridan de Phaéthon foudroyé. Celle de Sentinum ?, à Munich,

… reflète les. spéculations orientales : debout dans le cercle du

É zodiaque, le dieu, une main sur la hanche, s'appuie de l’autre à la

zone céleste.

Signalons la fréquence d’un thème déjà étudié, exploité D fois

@ 4 sir.

US 280830 Le 38 A ee ee À de

Fig. 387. — Les Saisons.

# ‘avec plus de bonheur : Endymion visité par la Lune (Helbig, 950- … 962). La composition est généralement plus sobre et plus légère ; moins de personnages ; l'ambiance d’un paysage, même conven- tionnel, donne au tableau plus de mystère -t de douceur apaisée. | Cela est vrai surtoutde la peinture ; la mosaïque appauvrit à l'excès

$ la représentation 5.

Les symboles du temps, principalement ceux qui traduisent l’évo- Biation périodique et perpétuelle de la nature, ne pouvaient être “oubliés en ce merveilleux pays de Campanie. Cortège désigné du Soleil, les Saisons, très fréquentes dans la mosaïque, sont d'ordinaire | groupées par quatre , mais espacées au milieu de sujets intermé- … diaires, et ainsi le hasard des destructions n'a permis de sauver dans Hbthos cas qu’une partie de l’ensemble. Sur une mosaïque

1: Héron de Villefosse, Monuments Piot, XXI (1913), p. 89-109, pl.

«2. R. Engelmann, Arch. Zeitung, 1877, p. 9-12, pl. ni.

… 3. Mosaïques de Tunisie, 369. |

. 4. Avec Bacchus (Mosaïques de Gaule, 243, et Germain de Montauzan, JAnnales de l'Université de Lyon, I, 25 (1912), p. 52 et suiv., fig. LS

d'Aumale !, c'est l'Hiver qu'on doit reconnaître dans une femme nue, couverte d'une peau de panthère et coiïflée de roseaux, qui,

chargeant son épaule de la houe bifurquée, tient deux canards

qu'elle vient de prendre dans les

Saisons encadrent deux par deux Vénus à sa toilette, l'Été a presque disparu ; mais là chacune n'est représentée que par un buste. La superbe mosaïque qui a pour emblèma le char de Neptune (p. 70) offre au contraire un harmonieux assemblage, où tous les détails concourent à la symbolique. Chaque Saison est placée en bissectrice d'un angle, la tête vers le centre, et enveloppée d'éléments végétaux d'une touche infiniment discrète, qui achèvent de la définir : rameaux fleuris, où le Printemps cueille une rose ; tiges chargées d'épis, où l'Eté porte sa faucille ; pampres faisant comme une « gloire » à l'Automne; pousses vivaces garnies de baies

du gibier qu'il a capturé. Les

mal, qui relient les figures : ainsi,

Fig. 388. — Les Vents. défense ; l'Eté est accosté du lion zodiacal et d’un moissonneur ;

l’'Automne, de la panthère bachique et d'un vendangeur, une oh

à l'épaule d où pendent deux paniers.

Les Saisons { avec Méduse ) bordaient sur un côté une mosaïque de Sainte-Colombe ? (fig. 387) ; mais habituellement elles occupent

+ G. Doublet, Musée d'Alger, Paris, 1893, 4°, pl. xv. 2. Mosaïques de Gaule, 198.

marais herbeux où ses Jambes s’enfoncent. Sur une autre, où les.

entre lesquelles passe l'Hiver, nanti

intervalles sont remplis par de petits motifs, un homme, un ani-

tourné contre l'Hiver, un sanglier, symbole des chasses, se met en

ce

les quatre coins.La même disposition est adoptée pour les quatre Vents, représentés comme nous l'avons dit ailleurs ; quelquefois aussi (fig. 388) on voit le souffle qui “sept de leurs lèvres ouvertes {.

Ce sont là des symboles dè temps à la manière grecque ; d’autres, à la mode romaine, sont trop souvent hypothétiques et nous ne pouvons nous y appesantir 1C1. , |

Mythes des eaux. — Le monde aquatique est très en faveur: goût général pour le paysage, proximité de la mer, autant de raisons pour introduire dans le décor familier les figures de l'élément liquide. Nous devons à la mosaïque de belles représentations de Neptune, tout désigné, éomme dieu des eaux, pour régner sur les thermes. Le grand panneau de Constantine, au musée du Louvre, déroule ses noces avec Amphitrite ; on remarquera le dais que des Éros déploient au-dessus du couple divin ? ; d’autres ouvrages, également d'Afrique, prêtent au dieu une superbe allure. Ici ?, dressé sur son char triomphal attelé d’hippocampes, dont une Néréide à l'arrière tient les rênes, et qui piaffent dans l'onde amère en tournant le cou vers leur maître, il forme un médaillon que cantonnent les symboles des Saisons, avec les travaux qu'elles ramènent ; le tout bien équilibré, traité avec sobriété, dans le plus charmant coloris. Là #, il est seul avec ses hippocampes ; sa tête est plus farouche, inculte et en broussaille ; le corps penché en avant, ilsemble, du bras tendu, montrer la direction à ses COUrSIers ; des médaillons l'entourent, servant de cadres à des figures marines et à des Sirènes (fig. 389).

De l'Océan on -n’a généralement que le buste ou le masque (fig. 379); une mosaïque africaine nous en réserve un échantillon de beau style, avec des pinces de homard sur le front et une barbe. largement étalée, qui évoque la poussée des vagues ÿ.

Les divinités fluviales ne nous donnent rien de nouveau, sauf un: type éphébique, imberbe, qui, reproduit à plusieurs exemplaires, désigne apparemment le Sarno, petit fteuve côtier de la région $

1. Mosaïques de Tania 188 ; ee quatre Vents encadrent l'image de Glaucus ivre.

2. Roscher, op. cit., III, 2, p. 2898 ; Arch, Zeilung;, 1860, pl. ex. . Musee Alaonë, Suppl. 1, pl. XVI, 2: ; Mosaïques de Tunisie, 86.

Bull. arch. du Comilé, 1886, pl. vi; Mosaïques de Tunisie, 125. 2 Mosaïques de Tunisie, 449. CE. Mosaïques de Gaule, 167, 376. . Mon. Pomp., x1v.

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