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D Hebig, 1018-1022). Nymphes au bain, Tritons !, Néréides, animaux marins ? fourmillent naturellement dans ce monde des eaux,
“et à satiété dans les mosaïques d'Afrique ; quelques-unes ras-
semblent pêle-mèêle toutes sortes de mythes ayant quelque rapport avec la mer *. Les divinités marines, au milieu des poissons,
s'avancent sur des monstres, retenant des deux mains leurs voiles, que le vent gonfle et soulève en arceau au-dessus de leurs têtes ?, Et les mythes se pénètrent, se confondent: une Néréide, étendue
- sur un monstre sans ailes et tenant à la fois du cheval, du loup et
du poisson, pince distraitement les cordes d'une Îÿyre que lui tient un Éros, assis sur la queue de l'étrange monture 5. Mais, le plus souvent, ces êtres restent tels que nous les avons connus par la sculpture.
Celle-ci s’est bien moins intéressée au mythe de Galatée, fille de
Nérée, symbole de la mer calme et brillante ; la peinture elle: -même 5 en a éliminé (Helbig, 1042-1053) toute une partie: Acis, rival
longtemps heureux de Polyphème, d'après les poètes, ne paraît pas; le Cyclope seul convoite la nymphe. Il est présenté dans quelque vaste paysage qui distrait le regard de sa laideur, sans faire tort à sa puissante stature ; barbu le plus souvent, les oreilles en pointe,
… le front barré d'un troisième œ1l énorme, 1l porte la massue ; une peau de bête est jetée sur son épaule ou déposée à côté de lui.
Galatée, d'habitude, fend l'onde sur le dos d’un dauphin, gracieuse et élégante, parée de nombreux bijoux et agitant son éventail. Parfois un petit Éros l’ombrage d'un parasol ; c'est lui qui, dans une fresque d'Herculanum { Helbig, 1048 ) 7, est à califourchon sur le
… dauphin ; ayant traversé la mer jusqu'à Polyphème, il lui tend un » diptyque ouvert contenant quelque message de Galatée.
Scylla aussi avait été une belle jeune fille avant que Circé, jalouse
… de l'amour qu'elle inspirait à Glaucus 8, l’eût transformée en … monstre marin; dès lors elle personnifia les tourbillons écumants des
flots, les récifs et les écueils; la tradition lui assignait comme
. Nogara, Mosaici, pl. xx11, XLVu. ,
. Maison Dorée : Jahrb. des Inst., XX VIII (1913), p. 194, fig. 41.
. Mosaïques de Tunisie, 18.
. S. Gsell, Musée de Tébessa, 1902, 4, pl. vurr, 1, p. 64 et suiv.
À Doublet, Musée d'Alger, pl. XVI.
. Fresque ‘de la Maison de Livie : Roscher, Lexikon, I, 2, | p. 1587 — Bertaux,
D O1 à À NO
. Rome, I, p. 58, fig. 51.
7. Roscher, ibid. III, 2, p. 2710 (Réplique : Sogliano, 472). 8. Glaucus faisant sa déclaration à Scylla, peinture, dans Roscher, 1bid., I,
séjour un des deux rochers qui émergent au nord du détroit de Messine, en face de Charybde. Elle avait un aspect sauvage, repoussant,
avec des nattes en forme de serpents. Un monochrome de Stabies, !
au musée de Naples (Helbig, 1063) !, la montre brandissant avec
force un gouvernail, comme pour assommer quelque adversaire ;
la partie inférieure de son corps sé ramifie en plusieurs nageoires
fantastiques, dont les replis enferment et mordent de jeunes nau-
fragés qui ont des gestes de désespoir. Le même type de Scylla se
retrouve dans des mosaïques qui représentent Ulysse et les Sirènes ?. Emblèmes de la pensée humaine. — Nous avons mentionné les.
Muses d'Herculanum et précisé le sens de ces divers symboles des créations de l'esprit 3 ; c'est un groupe tout constituéet chaque figure s’isole sans inconvénient ; rien de plus commode pour remplir les médaillons et les cartouches des mosaïques. Citons encore l’aimable Uranie retrouvée chez les Vettii { et qui paraît avoir des traits individuels, comme si l'artiste eût voulu lu: donner le visage de la maîtresse du lieu. Est-ce le moment de citer la « Muse » de Cortone, pour laisser son nom usuel au célèbre buste de femme peint sur ardoise, Jugé antique par ceux qui l'ont patiemment examiné 5, Ou cette joueuse de lyre fut-elle une de ces professionnelles qui charmaient la fin d’un banquet ? Son expression est bien réser-
vée pour un pareil emploi, malgré le déshabillé de la poitrine, et
rien n'indique un portrait dans cette image idéalisée ; l'appellation courante, sous toutes réserves, peut être conservée.
Aux Muses se rattache le chanteur Orphée, personnification mythique la plus importante de l'inspiration poétique dans ses rapports avec les cultes d'Apollon et de Bacchus. Une mosaïque de lhina 6 (fig. 390), très décorative, en dépit de sa composition puérile et trop simplifiée, présente en son milieu l'aède long vêtu, un peu féminin d'apparence, assis sur un rocher à l'ombre d'un arbre et s’accompagnant de la cithare. Les animaux fascinés surgissent sans ordre autour de lui ; les singes interrompent leurs facéties ; un
Roscher, Lexikon, I, 2, p. 1048.
Nogara, Mosaici, pl. xxr, xzix-111. Voir plus bas, à la fig. 395. Cf. encore Musée Alaoui, Suppl. I, pl. xu, 2; Mosaïques de Tunisie, 68. Sogliano, Veftii, fig."17 ; Thédenat, Pompéi, I, p. 120, fig. 74. . Gazette archéologique, IT (1877), pl. vu; Perrot, Hist. de l'art, IX, pl. xt, p. 206.
6. A. Merlin, Bull. arch. du Comilé, 1912, p. cextn, pl. zxxx1. Une autre à Constantinople : Mendel, Sculpt. du Mus. ottom:, IL, p. 507 et suiv., n° 1304. Peinture dans Gusman, Pompéi, p. 393.
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cheval hennit et gambade d'allégresse ; l’autruche, ébaubie, en reste bec ouvert : les oiseaux, fins connaisseurs, se rapprochent
Fig. 390. — Orphée charmant les animaux.
… du musicien; le lièvre dresse l'oreille. Et sous le charme de ces divins accents, toutes espèces voisinent : les lions au repos négligent le bélier, qui broute paisiblement. Aucune préoccupation
de l'échelle ni de la perspective ; des lignes de terrain sont naïve—" ment indiquées. Mais l'ensemble a une indémiable séduction et l'ouvrage est très supérieur à une autre MOAUS !, où tout autour du chanteur, seul dans un carré central, les oiseaux se répartissent, un à un, dans des cartouches octogonaux. Orphée, somme (putes cs. surtout prétexte à figuration d'animaux.
H y avait aussi des chanteuses mythiques, les Sirènes, oiseaux à tête humaine ; quelque-unes représentées isolément, jouant de la lyre ou plus souvent de la flûte, se rencontrent dans les peintures
murales {(Helbig, 894-901?) et, par exemple, dans une des mosaïques
précitées où s’élance le char de Neptune (fig. 389). Nous les
relrouverons mêlées aux aventures d'Ulysse.
Parmi les autres figures ailées beaucoup restent imprécises ; la plus importante est la Victoire, telle que nous l’avions vue en seulpture, habituellement seule, parfois aux côtés d'un jeune guerrier qui élève un trophée (Helbig, 902-941).
Personnificalions diverses. — La liste en est très courte. Peutêtre a-t-on peint des figures abstraites, mais nous ne sommes plus à même de les identifier. Il ne s'agit iei que d'entités géographiques. Il y a dans la maison de Méléagre, à Pompéi (Helbig, 1113), un groupe des trois parties du monde : l'Europe, danslesnotes douces, de tons discrets, intercalée entre l'Asie et l'Afrique, chez lesquelles se heurtent les couleurs franches et voyantes et qui se parent de dépouilles d'éléphants. Ce dernier attribut, devenu banal, était prêté à d'autres personnifications, non plus en groupe, qu'il serait bien tentant de considérer comme des images de l'Égypte, ou de sa capitale Alexandrie. La mosaïque nous procure des exemples plus nombreux, plus variés ; sur un pavement découvert à Ostie ?, les régions en rapports commerciaux fréquents avec cette ville sont distinguées par des détails assez explicites : la Sicile par la triquètre, assemblage de trois jambes usuel sur les monnaies, l’ Afrique par la tête d’éléphant, l'Espagne par une couronne d'olives, l'Égypte par le crocodile. La série plus complète des provinces, avec des inscriptions grecques explicatives, exécutée en mosaïque vers la fin du n° siècle, a été trouvée aux bords de l'Euphrate et transportée à Berlin; une de ces figures est la seule image que nous ayons de la Gaule personnifiée ®. )
. Mosaïques de Gaule, 181 ; cf. 242.
< D. Vaglieri, Nolizie degli Scavi, 1912, p. 204- 213.
3. É. Michon, Bull. des Antiq. de France, 1906, p. 380 el suiv.; F. Cumont, Études syriennes, Paris, 1917, 8°, p. 140.
MYTHOLOGIE ÉTRANGÈRE ÿis
$ IL. — Mythologie étrangère.
La sculpture avait reproduit les types plastiques de toutes les divinités, à bien peu près, annexées par le panthéon gréco-romain, On ne constate pas sans étonnement que ces dieux étrangers sont exclus presque en totalité du répertoire des peintres et des mosaïstes. On s’expliquerait leur rareté : nombre d’ex-voto furent dédiés par des soldats aux frontières, logeant sous la tente ou bien dans de grossières constructions, où les décorateurs n'étaient jamais entrés. Il n empêche que Rome et la Campanie comptaient un pourcentage
. élevé de population exotique et, parmi ces déracinés, des négociants
enrichis, très en mesure de se créer des intérieurs de luxe où leurs protecteurs traditionnels les auraient environnés. Si, chez les dieux orientaux, l'élément moral et vraiment religieux l'emporte sur l'élément artistique, ornemental, il reste étrange malgré tout que les seules exceptions à indiquer en ce paragraphe concernent l'Égypte. Est-ce à dire qu'une mode, si marquée dans la fresque et la mosaïque, ait introduit ces motifs pour leur caractère égyptien plutôt que pour leur contenu religieux ? En Égypte même, la maison du Fayoum déjà étudiée fait voisiner Tyché, Athèna, Dèmèter et Coré avec Souchos, Isis, Harpocrate et un Dionysos rappelant Horus escorté de
son chien !. Si, réellement, c’est un thème de pure décoration que
les peintres d'Italie ont adopté, ils ont été jusqu'à choisir des cérémonies cultuelles ? ; et les figures égyptiennes ne se sont pas retrouvées seulement à l’'Iséum de Pompéi, mais dans plusieurs maisons, très dispersées, de cette ville, d'Herculanum et de Stabies. C’est Harpocrate le silencieux, c'est Anubis à la tête de chien, Isis, et aussi des prêtres 3 et prêtresses de celle-ci, avec leurs attributs constants : lotus, sistre et situle. Parfois ces attributs sont figurés seuls ou au milieu d'animaux de signification semblable ; nous met-
tons hors de cause le sphinx, devenu un simple poncif de remplissage.
Les scènes du culte d’Isis comptent parmi les fresques les plus connues du musée de Naples, une surtout, d’un grand effet malgré les fautes de dessin, et d'où se dégage une telle impression de