‹ Manuel d'archéologie romaine (volume 3)Chapitre 59 sur 426 · Roscher, Lexikon, IV, 1, p · texte numérisé non relu

Roscher, Lexikon, IV, 1, p

+ sculpture aucune réalisation certaine ; les subtilités du pinceau y » étaient mieux appropriées. Les trcques qui le traduisent {Helbig,

1338-1367 ; Sogliano, 586-592) se divisent en deux séries ; dans lune quelque figure féminine approche du bel adolescent, qui

Fig. 396. — Narcisse (Cliché Brogi).

“ne lui accorde nulle attention ; c’est d'ordinaire la nymphe Écho: dans son dépit de se voir méprisée, elle avait desséché ; sa voix survivait seule. Mais les peintres ont rapproché à tort deux épisodes successifs, car toujours, même quand une femme le sollicite, nous trouvons Narcisse, couronné dé ces fleurs dont il est lhomonyme, et tenant l’épieu du chasseur, incliné vers la source

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et comme pétrifié ! (fig. 396) ; souvent un Éros est à ses côtés, à la fois mauvais conseiller et génie funèbre, car il tient la torche renversée. |

Non moins remarquable était la beauté d'Hermaphrodite, issu des deux divinités dont les noms composent le sien. Un jour qu'il se baignait, la nymphe de la fontaine s'éprit de lui, l’enlaça étroitement et demanda aux dieux de confondre leurs deux corps en un seul. Cette prière fut exaucée et, en souvenir de la fusion des deux êtres, Hermaphrodite conserva les organes des deux sexes. Ce que son type figuré avait de morbide et d’équivoque lui valut srande faveur à l'époque hellénistique, et par suite chez les Romains. Noñ seulement la statuaire, mais la glyptique et la peinture le varièrent à l'infini, et le BA Le suprême consista dans une représentation un peu énigmatique, laissant un léger doute sur son identité. Il est debout et rougissant, ou assis, allongé, à demi couché ; rarement seul dans la fresque ; des Éros l'entourent, ou des figures détachées du thiase de Bacchus : Pan, ou un panisque, une Ménade, un satyre qui le dévoile, trahissant leur surprise de sa double nature ; un affreux Silène velu fait souvent de la musique en sa compagnie. Une scène appréciée est la toilette de l'Hermaphrodite : Cupidon l'évente, lui verse de l'eau ; on lui présente le miroir : (Helbig, 1368-1373, 1386 et suiv. ; Sogliano, 593-596) ?

Une gracieuse légende était encore prétexte à un aimable paysage marin: Léandre, jeune homme d’Abydos, aimait Héro, prêtresse de Vénus à Sestos, sur la rive opposée; amour partagé, mais union impossible et combattue. Or chaque nuit Léandre traversait le détroit, guidé par un fanal qu'allumait sa maîtresse à la fenêtre d’une tour, puis regagnait l’autre rivage. On le voit nageant, corps souple et délicat, à travers les eaux; il arrive au but (fig. 397) ?. L'équipée n'est pas sans témoins ; toujours un petit personnage, pêcheur ou autre, assiste à la rencontre. Les peintres . ont écarté le triste épilogue : le fanal éteint, Léandre se noyant, et Héro, de désespoir, se précipitant au bas de la tour.

Romans ou drames passionnels, répétons-le, alimentent en

1. Roscher, Lexikon, III, 1, p. 19 (— Helbig, 1351). En mosaïque, petit tableau d'Henchir-Thina (Mosaïques de Tunisie,18) : Narcisse, sans Éros.

2. Roscher, Lexikon, I, 2, p. 2333 ; Gusman, Pompéi, p. 399-400; Sogliano, Vetli, fig. 32 et 43. Mosaïque : Ballu et Cagnat, Musée de Timgad, Paris, 1903, 4° DL AU, P: 36 et suiv.

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