Gusman, Pompéi, p. 278 ; Mon. Pomp. LIV
sante pour s'arrêter devant des fresques découvertes dans un tom-
beau de Sousse !. L'une fait revivre, apparemment, le défunt dans
l'exercice de sa profession (fig. 407) : dans un renfoncement, der-
rière lui, des verres et coupes bleuâtres de formes variées garnissent
les étagères ; mais les gobelets dispersés sur la table gardent encore quelques gouttes de vin et l’on se demande si le cabaretier n'en remplit pas un au tonnelet qu'il faut peut-être voir dans l’ustensile, assez informe et énigmatique, effleuré par sa main. En face de lui, un client va boire à sa santé, car il tient en l’air un verre à long eu Au mur, une inscription et les vestiges évanides d'un décor de brindilles vertes et de guirlandes. Pauvre style, mais témoignage précieux quand même de la manière des enlumineurs indigènes. — Dans un second panneau, c’est le déchargement d'un char : l'homme qui y est monté tend à un autre un lourd récipient ; un troisième déverse le sien dans un boisseau posé à terre; quand la mesure
sera pleine, un dernier manœuvre en NRA le contenu à des
tas qui s’'amoncellent ; olives ou dattes, on ne sait.
Une mosaïque africaine ?, malheureusement très mutilée, détaillait en trois registres superposés les travaux d'un éhantier de construction, où le chef distribue et surveille la besogne: un charpentier taille un madrier; un manœuvre déverse son dolium dans l’auge où un maçon gâche du mortier ; un voiturier arrête ses deux chevaux, et un ouvrier va faire glisser du char un fût de colonne ; des outils sont disséminés dans le champ, artifice naïf pour bles les grands: vides.
Une peinture très connue, incomplète, effritée, introduit le monde des artisans sous un nouveau jour ; certains détails résistent encore à l'interprétation, mais l'essentiel est clair. Des hommes barbus, en tenue de travail, portent un long plateau sur lequel s'élève un baldaquin ; des vases sont fixés aux colonnettes et au toit. Ce dais recouvre l'image indubitable de Dédale, armé d’un instrument pointu, par derrière celle de deux apprentis qui scient une planche, pendant qu'un troisième pousse le rabot, et enfin une statuette de Minerve. Ce sont là autant de symboles transparents. Les porteurs sont des menuisiers, dans un cortège processionnel, peut-être en l’honneur de leur corporation; du moins celle-ci y était représentée. Tous ont à la main droite un bâton, dont ils doivent ensemble frapper le
1. S. Reinach, Bull. arch. du Comité, 1892, p. 457 et suiv. ; pl. xxIx-xxxi. 2. Mosaïques de Tunisie, 463.