JEUX DU CIRQUE ET DE L'AMPHITHÉATRE
renouvelé : un athlète implacable, maintenant sous lui son adversaire, veut le frapper encore bien que renversé ; mais le maître des pieux met fin à la bataille ?., D’autres fois, le gladiateur, tombé à … genoux, attend stoïquement le coup de grâce, ou bien, aplati contre terre, 1l l’évite grâce à une femme qui intercède et apaise le vain-
queur.
Les mosaïques qui ont pour on les jeux du cirque — et sur lesquelles nous reviendrons à propos des spectacles — nous ont
aidés à mieux connaître ces divertissements de la foule ; on a des raisons de croire que chacune représente, de façon plus ou moins fidèle, l’arène locale elle-même, avec ses particularités. Celle de
. Barcelone ne laisse apercevoir qu'un côté de la piste ; celle de Lyon
…—. en donne le tour *, mais elle est mutilée ; la plus précieuse reste
donc, malgré sa qualité médiocre et ses perspectives rudimentaires, celle qui récemment revit le jour à Carthage *. Rien de plus naïf que l'indication du velum ombrageant les spectateurs sur les gradins ;
on distingue du moins, nettement, les petits sanctuaires placés sur
la spina et, au milieu, la statue de Cybèle, protectrice des jeux. Trois quadriges à la fé sont lancés au galop ; le quatrième, qui a gagné la course, vient de changer de direction ; il rentre à la remise, précédé d’un cavalier dont la voix et les gestes exaltent sa victoire. Devant le second char, qui a manqué le succès, un personnage à
—. pied, tenant une amphore, va abreuver les chevaux et les ramener à
l'écurie. Les bleus ont vaincu ; la casaque de chaque cocher est en effet aux couleurs de sa faction. L’ambition d’un autre mosaïste s’est bornée à symboliser les quatre factions (albala, prasina, russala, venela) par quatre auriges, que différencient leurs tuniques ; chacun, dans un cadre à part, est armé du fouet et maitrise per la bride un coursier qui piaffe d'impatience *.
C’étaient encore des spectacles d'amphithéâtre, quand elles n'avaient pas lieu sur des lacs, ces naumachies, toutes romaines d'in-
1. Mau, Pompei, p. 218, 228 ; Thédenat, Pompei, IE, p. 97, fig. 53.