Helbig, Führer, IL, n° 1438 (musée national de Rome
vention, auxquelles se plurent quelques Césars, dans leur fohe de grandeurs. Les peintres y trouvaient une formule très pittoresque ; ils n'en ont fait qu'un tableautin dans la maison des Vetti (fig. 409) ! ; le sujet est plus développé au temple d'Isis ?, mais traité identiquement. Dans un bassin environné de constructions et de passages couverts portés sur pilotis, des vaisseaux de forme élancée combattent deux à deux. L'un demande à sa voile gonflée un surcroît de vitesse ; les autres font force de rames simplement. Une des galères s’élance, l’éperon en avant, sur son ennemie, qui cherche à esquiver la manœuvre ; une troisième s'enfonce déjà, les avirons brisés par un chcce formidable. Sur les ponts
Fig. 409. — Combat naval.
brillent au soleil les casques, les lances, les boucliers des hommes — gens de peu ou même condamnés — qui se tiennent prêts pour l'abordage ; mais nulle part celui-ci ne nous est présenté.
Enfin, parmi les réjouissances du même ordre, il faut également compter les venationes, qui satisfaisaient les instincts de brutalité de la foule romaine. Bien qu'elles ne doivent rien à la culture grecque, elles ressemblaient assez aux chasses de gros gibier à travers la campagne pour que les artistes qui ont traité ce sujet se soient servis de modèles helléniques figurant des chasses proprement dites.
Sur le podium de l'amphithéâtre de Pompéi étaient peints des “combats singuliers : lionne et taureau, tigresse et verrat, cerf et lionne, tigre et singe {Helbig, 1519) %. Les engagements entre hommes et animaux dans l’arène sont traduits d'unetouche énergique
à D'après Gusman, Pompei, pl. v, 1. Cf. Sogliano, Vettii, fig. 33. - Baumeister, Denkmäler, II, fig. 1697 (pl. zix). 3. Voir aussi Nogara, Mosaici, pl. IX, 1- et Germain de Montauzan, Annales de l’Université de Lyon, IX, 28 (1913), p. 5-15.
DE L AMPHITHÉATRE
Fig. 410, — Scènes de chasses.
par la mosaïque Borghèse ! ; les panthères y prédominent ; plus d'une est couchée à Lerre, traversée de part en part ; plus loin les victimes humaines sont pareillement étendues ; le sang coule à flots,
naïvement exagéré. Dans ces représentations, souvent le gros animal
est lié par une corde à un pilier et excité contre un autre à coups de fouet et de bâton. Les bêtes poursuivies par des chiens sont un thème décoratif qui revient constamment, à très petite échelle, dans les peintures campaniennes. En outre, des tableaux plus grands rassemblent parfois dans un paysage rocheux, et plus ou moins pêle-mèêle, des animaux sauvages en querelle ou serrés de près par les hommes ?. La même mosaïque juxtapose à des scènes paisibles de la vie rurale, labour et pâturage, des épisodes de chasse au lion, au sanglier, aussi bien qu'au perdreau ou aux petits oiseaux . Les animaux les plus divers, sangliers, ours, lions sont rapprochés, comme s'ils gîtaient tout près les uns des autres (Helbig, 1520) *.
Une grande distraction des seigneurs orientaux, la chasse à courre, se généralise sous l’Empire ; nous n’en avons vu en sculpture qu'une
interprétation uniforme, conventionnelle ; elle est traitée par les:
peintres de façon plus vivante et plus originale. Au tombeau des Nasonii 5, c'est un spectacle qui donne toutes les émotions de la guerre. On a besoin de tigres pour les combats de l'amphithéâtre ; il faut les capturer vivants. S'il se peut, on enlève les petits en l'absence de la mère, et le ravisseur détale au galop ; à la tigresse qui se rapproche on renvoie un de ses rejetons et l’on part avec les autres. Dans leur fuite, les veneurs ont atteint un rivage ; ils
montent dans une barque qui les attendait et échappent à la dent
des fauves. ;
Gette armée des chasseurs a son infanterie, protégée par de longs boucliers ovales ; on en forme un rempart serré, comme la « tortue » des légionnaires à l'assaut, à l'abri duquel on pousse la bête dans une cage à trappe mobile, où un chevreau est enfermé pour servir d’appât. Le même épisodeest retracé dans une mosaïque africaine $,
qui déroule un vrai cycle cynégétique, depuis le départ des cavaliers,
suivis du mulet chargé des provisions, jusqu'au sacrifice d'actions de grâces offert, devant un temple de Diane et d’Apollon, par les
Saglio, Dict. des Ant., fig. 7373-7374.
Nogara, Mosaici, pl. vin ; Pacho, op. cit., pl. zur, 1-2. Mosaïques de Tunisie, 362 (musée du Bardo).
. Baumeister, Denkimäler, I, p. 710, fig. 771.
. Saglio, Dict. des Ant., fig. 7351, 7357, 7359. Mosaïques de Tunisie, 607; cf. 64.