‹ Manuel d'archéologie romaine (volume 3)Chapitre 86 sur 426 · Musée Alaoui, Suppl. E, pl. #1, n · texte numérisé non relu

Musée Alaoui, Suppl. E, pl. #1, n

4: Gaz! arch., X (1885), pl. xui-x1v ; Blanchet, Édif. de la Gaule, pl. vir, et pl. vor (chasse de fauves au filet).

5. Cf. W. de Grüneisen, Le portrait. Tradilions hellénistiques et influences orientales, Rome, 1911, 4.

AVE Wilmosky, Die rômische Villa zu Nennig, fig. 1- 2.

DL Histinal., XXXV, 94.

un appeleur, un cerf apprivoisé, l’attire vers le filet ; c'est là un. - thème moins mouvementé, qu “exploite avec bonheur la mosaïque

Les portraits en mosaïque venus jusqu à nous sont rares et ne se groupent pas géographiquement. En peinture, presque tous se répar- Lissent en deux séries: Égypte et Campanie !. Dans la seconde, la qualification est un peu incertaine ; nous l'avons indiqué, beaucoup de bustes juvéniles peints sur les murs des maisons ne sont peut-être que de jolis motifs sur lesquels on ne mettait aucun nom. Mais peut-être aussi rappelaient-ils aux occupants un membre disparu de la famille, ou un autre qui depuis lors avait vieilli. Une ressemblance parfaite était-elle nécessaire ? On ne l'exigeait point des sculpteurs de sarcophages ; pourquoi la demander aux peintres ? Flatter le modèle est sûrement une pratique de tous les temps. Il faut noter

que les portraits les plus indubitables reproduisent certaines con-

ventions du type idéal: l'épouse du boulanger Paquius Proculus tient les tablettes et appuie son style contre les lèvres (fig. 419); elle a tout bonnement en mains son livre de comptes, mais prend la pose, notée ailleurs, d’une poétesse. inspirée. Une femme, Iaia de Gyzique, qui, vers le temps de Varron, exécutait à Rome des portraits féminins, et qui se peignit elle-même, eut soin de se placer devant un miroir ?. Donc on ne fait point fi des traits individuels; mais ce qu'on demande le plus à l'artiste, ce n’est pas une reproduction scrupuleuse, un calque ; c'est un type donné, un caractère. En cela consiste principalement le réalisme de cette période en Campanie, et M. de Grüneisen a pu se proposer pour étude de rechercher par quels artifices traditionnels d'école on visait à traduire tel ou tel sentiment.

Quant à la série égyptienne, aucun doute : c'est au contraire du

réalisme au sens moderne du mot. Moderne aussi est l'aspect de ces visages, dans lesquels nous croirions parfois retrouver des con- .

temporains. Ces portraits sont d’ailleurs, pour autant que de très rares échantillons hellénistiques permettent d'en juger, plus fidèles s .,. £ CE LA « »* 0 #4 à

à la tradition grecque. Deux siècles plus tôt à Pompéi qu'en Egypte,

le portraitiste oublie d’être peintre et se contente de dessiner au

pinceau ; le modelé Iui-même s’appauvrit; on se satisfait de simples plans coloriés ; on ne se soucie plus des délicates pénombres et l'on perd la compréhension du elair-obseur ; ne sachant.plus fondre les couleurs, on ne produit plus par elles l'illusion de la profondeur aérienne,

1. Voir seulement, Musée de Sfax, p. 14, un buste de femme peïnt dans une niche de son cippe funéraire.

2, Pine subi. A7:

Doit à

Bien qu ‘ils soient inv ariablement de grandeur naturelle, ou peu s'en faut, les portraits peints sur toile ou sur bois recueillis en | Égypte 1 ontété faits d'abord pour orner les murs des maisons, el non la momie elle-même. Bien des raisons le donnent à penser: en premier lieu, la façon dont la planchette a été entaillée aux dimensions voulues ; non seulement la tête tient trop de place dans lé cadre pour être en valeur, mais parfois elle n'y entre pas tout entière ; l'opérateur a enlevé quelques boucles débordantes de la chevelure.

f: # . On à retrouvé dans les bandelettes des débris de panneau et, au dos, des graflittes ou des traces de clous. Ce ne sont donc pas, proprement, des portraits funéraires que nous.avons là.

“ Ce ne sont pas non DES des.œæuvres,de maîtres. Nous savons

à effectivement par Pline ? qu'au commencement de l' Empire le porx 4 . trait en argent ciselé supplantait le portrait neint. De plus, ce derrh nier manque souvent aux momies les plus somptueuses ; les familles se - riches l’auront enlevé après l'ensevelissement, quand c'était un

—. ouvrage de prix. Plus modeste, on le laissait er place, puis, le rite à respecté, on reléguait plus ou moins tôt la momie elle-même dans ” quelque fosse, avec l'image du défunt déjà oublié. Celle-ci a un £. caractère bien plus individuel que les masques peints de même pro- . venance ; l'art gréco-romain y a été moins directement influencé … parl'art égyptien. On peut relever un air de famille commun à deux | | visages: une mère et son enfant se reconnaissent à l’analogie des … traits; deux jeunes gens présentés. sur la même planchette se ne. D bent comme des frères *. Le nom du mort aiderait dans ces « comparaisons ; mais il est très rarement peint sur le tableau, ce qui - serait nécessaire pour avoir une base sérieuse.

Les habitudes des portraitistes d'Égypte se révèlent d’° ailloncs | assez uniformes. L' éclairage est latéral et dirigé généralement de - droite à gauche. Le buste, quand il se voit, est indiqué en demi-pro- … fil; le cou s'infléchit et la tête se présente de trois quarts encore, “. mais presque de face; de là un regard légèrement oblique, qui se + fixe-sur l'observateur. Pour la plupart, chose curieuse, les hommes - se tournent vers la droite, les femmes vers la gauche. Le fond du ni tableau | est me souvent bleuâtre ; par une autre convention, les

1. Edgar, Dr. -egyplian coffins, masks and POrPRSIES, p., 16 et: suiv.; . pl: xxxr-xuim ; Grüneisen, Le portrait, p. 37 et suiv.; A. Reinach, Rev. arch. 1915, IT, p. 1- 36; Ém. Guimet, Les portraits d'Antinoé au musée Guiniet d (Annales du musée Guimel, série4o, V, s. d.). |

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