‹ Manuel d'archéologie romaine (volume 3)Chapitre 94 sur 426 · TAN · texte numérisé non relu

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<x-volo, ou des statues flanquées de trépieds ou d’hermès, devant les quelles des adorants s'arrêtent, en groupe ou isolés, et font une libation sur un autel; de petits sanctuaires à perron,. dont un dévot gravit les marches ; des tours carrées, aveugles dans le. bas et dans le haut percées de fenêtres ; des velums épandus sous lesquels une société flâne et devise ; aes troupeaux paissant autour du berger, au milieu des aboiements des chiens ; des bêtes de somme, mulets, chameaux, marchant à vive allure ; enfin des rivières aux berges estompées, que des piétons traversent sur des passerelles à l’arcature légère, et que des barques sillonnent, tandis que les pêcheurs, debout sur la rive, tirent vigoureusement leurs filets chargés. |

Une sensation analogue nous vient des fresques du veslibule de la Farnésine (R., pl. 1v), où cependant l'architecture est moins envahissante : dans une sorte de grand parc broutent ou reposent paresseusement gros et pelit bétail; un autre fragment déploie sur Ja gauche l'extrémité d’une crique, au pied d'un monument de Neptune ; tout contre se dresse un-corps de bâtiment derrière lequel s’ouvre un jardin. Verte

L'apparence de décor de rêve, ici et là, tiendrait-elle à l’état de la peinture? Non, car la dégradation est moins prononcée dans une fresque de la villa Albami (fig. 416), où des barques ont l'air de voguer à flanc de colline et où l’on passe insensiblement du ciel à la terre et de la terre à l'eau. Le sol est mondé; des bœufs y enfoncent à mi-jambe ; d’autres, au sommet d'un pont, s'arrêtent pour regarder au-dessus du parapet ; sur la droite, un îlot semble avoir surnagé; sous un arbre sacré couvert de MARNE des bergers approchent d’un autel.

Quelques exemples provenant de Pompéi font voir que, dans le paysage, les décorateurs de Rome étaient en avance sur ceux de Campanie. De cette contrée seulement nous arrivent les échantillons du n° style; le paysage y tient moins de place, occupe le milieu d’un tableau ou, dans l'ornementation générale, forme une petite miniature; les types architectoniques s’affranchissent des modèles : antérieurs ; un nouveau thème redondant est l'entrée monumentale d’un pare ou d’un palais (R., fig. 26-98).

Avec le 1v° style se déchaîne l’extravagance des fausses architec- Lures, mais dans les panneaux qu'elles découpent on observe au contraire un eflort de réalisme, pour rendre exactement les formes des édifices répandus dans les paysages. Les uns, notamment dans

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les frises à pygmées déjà citées, ont un caractère égyptien très prononcé : c'est une fontaine Rte de murs, où l’on puise (comme aujourd'hui encore) à l’aide d’un appareil à levier ; c’est le pylône ; la tour en tronc de pyramide crénelée dans Le haut ; l'humble cabane ronde de roseaux, à toit pointu en paille tressée, et une construction rectangulaire qui revient fréquemment, à deux étages : en bas une chapelle sépulcrale, apparemment, surmontée d’un’édicule en forme de temple, qu'envelappe une terrasse en Hi à barrière grillagée. 4

Le paysage nilotique le plus achevé nous est fourni par la grande et célèbre mosaïque Barberini, de Préneste, dont nous donnons un fragment (fig. 417); vrai tableau géographique, ayant eu pour objet une représentation de toute l'Égypte au moment de la crue du Nil ! : au fond, les montagnes d'Éthiopie; au centre, Thèbes, capitale de la Moyenne Égypte, et le temple d'Ammon ; en avant, la basse contréé, le Delta ?, et le chef-lieu Memphis avec son Iséum. Mais, à côté de l’architecture, la faune et la flore y prennent

une importance capitale, ainsique les pérsonnages. En comparant

ce qu'Elien rapporte des animaux de l'Égypte avec ceux qui sont figurés là et désignés par leurs noms, on est arrivé à la conviction

que ce sophiste, natif de Préneste, peut-être attaché à son temple

de la Fortune, et qui avait parcouru la région du Nil, aura dirigé lui-même les travaux du dessinateur de cet ouvrage #; d'où la. remarquable valeur documentaire qui en fait le pe ere que la composition un peu confuse.

Une HORS d'El-Alia #, dont nous reproduison s une partie (fig. 418), n'a pas tant de Ar elle ne vise qu'à amuser et y parvient. La scène se passe dans un vaste marécage, où circulent même les barques à voiles ; sur des bancs de sable supposés, plantes et édicules voisinent ; des indigènes nous donnent la chassé aux ibis, aux crocodiles et aux hippopotames. On ne distingue n1 l'eau, ni la terre, ni le ciel ; ni le haut, ni le bas, ni le centre du sujet; mais la force comique et le mouvement font “oublier cette anarchie dans la pensée.

1. Reproduction complète par O. Marucchi, Duissertazioni della Pontif. Accad. rom. di arch., sér. u, X, 1 (1910), pl. x1-xtv ; cf. p. 147-190.

2. C'est peut-être un coin du port d'Alexandrie que nous rend une mosaïque du Palais des Conservateurs (Helbig, Führer, E, n° 996), mais un peu enjolivé. 3. O. Marucchi, Bull. comunale, 1895, p. 26- 38.

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