ANIMAUX
S IX. — Animaux.
Nous en avons vu beaucoup à propos des scènes de chasse, par: exemple, du mythe d'Orphée, du paysage ! ou des tableaux de genre ; mais dans le présent paragraphe ils deviennent premiers rôles, et non plus motifs secondaires. Ils sont, en somme, . dessinés avecadresse — les modèles hellénistiques foisonnaient et en traduisaient bien, outre le type physique, le caractère et le tempérament. Cependant les artistes d'époque romaine, loin de copier toujours servilement, savent observer ; la preuve en est dans le talent si sûr
dont les mosaïstes d'Afrique, plus limités en leurs moyens que les
peintres, ont souligné la performance des chevaux du Maghreb?. Ils visent même au portrait, en particulier pour les bêtes de course qui ont remporté la victoire, et dont ils inscrivent les noms ? ; les che-. vaux vainqueurs sont d'habitude affrontés deux par deux, attachés par le licol à un poteau où sont fixées les palmes ; ils ont la tête surmontée d'un panache, la queue enrubannée, ou bien un Génie plane
au-dessus de chacun d'eux, déployant une guirlande à lemnisques f,
Un mosaïste singulièrement inspiré en a rattaché quatre par une tête unique 5. Ce quadrupède est présenté plus rarement isolé dans. la fresque ; à la villa de Pola 5, une tête de cheval, d'un style très. naturaliste, fait une tache blanche sur un fond marron.
Il y avait d’autres lauréats que ceux du cirque ; les sanglants combats de coqs remplissaient d'aise les anciens. Un peintre à
exprimé fort joliment la morgue et la furie de ces volatiles T :
pendant que deux d'entre eux se narguent, un troisième, déjà mort, git sur le sol, et son vainqueur s'éloigne fièrement, la palme au bec.
Au seuil des maisons, la verve des mosaïstes s’amusait, et l’idée l'emportait parfois sur l'exécution : témoin ce chien à l'attache,
oreilles dressées, gueule menaçante et prêt à bondir, dont l’attitude-
rend superflue l'inscription Cave. canem Ÿ. On comprend moins lesens d’une autre composition qui se trouvait dans le prothyron de:-
. Écuries de Pompeianus ; cf. ci-dessus, p. 149, note 2. . M. Bernard, Bull, arch. du Comité, 1906, p. 3-31. . Voir plus loin, au chapitre sur les Spectacles. . Mosaïques de Tunisie, 124, 126; Musée Alaout, Suppl. I, pl. xr1, 1, n° 230. . Musée Alaoui, Suppl. I, pl. vr, n° 172.
. Schwalb, Pola, pl. xu.
. Sogliano, Vettii, fig. 12; cf. aussi Gusman, Pompéi, p. 184; Mosaïques de: Gaule, 6.
8. Gusman, tbid., p. 421 ; Thédenat, Pompei, I, p. 56, fig. 25.
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la casa dell'Orso, dénommée d'après la silhouette d'un ours blessé et agonisant. Have, lisait-on à côté de lui ‘. Il est probable que quelques-unes de ces figures d'animaux étaient de simples allusions au cognomen du propriétaire. |
La série est presque inépuisable des petits «culs-de-lampe » peints qui montrent une bête de proie s’acharnant sur un animal plus faible ou de nature domestique, et l’on en tire un thème à répétition, très légèrement varié, pour la même muraille. Une décoration plus orig1-
Fig. 422. — Animaux et fruits.
nale nous est fournie par un grand panneau noir, où se détachent des pampres, avec des oiseaux, des souris et autres bestioles ?? La mosaïque aussi affectionne ces petits groupes de deux ou trois animaux et en multiplie les exemplaires, quelques-uns très réussis, comme ce chat qui a saisi un coq (fig. 422) *, et cet autre qui dévore une caille #, une souris ?. La vraisemblance laisse l'artiste indifférent et il ne craint pas de rassembler un éléphant, un lion, un Sanglier et deux cerfs, qui s’enfuient apeurés ©. Très fréquents encore
. Gusman, op. cil., p. 293. ; Mon. Pomp., xt. | |
. D'après Nogara, Mosaici, pl. xx1v, 1.
. Thédenat, Pompei, I, p. 112, fig. 68.
. Mosaïques de Gaule, 108, |
. Nogara, Mosaici, pl. vu (bibliothèque du Vatican).
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