VII. LES MONUMENTS RELIGIEUX
Le sanctuaire de Vénus et de Rome ' est, nous l'avons dit, un exemple de temple m antis et de périptère ; c'est une création de l'empereur Hadrien, qui remit à la mode pour rarchitecture les types grecs; on s'en aperçoit au premier coup d'oeil (^fig. 75). Le podium où s'élève Tédifice est entouré de tous cotés par des degrés ; au centre deux cella, terminées au fond par des niches circulaires, étaient accolées l'une à l'autre, la première tournée vers l'Est-Sud- Est, l'autre vers l'Ouest-Xord-Ouest ; elles contenaient l'une la statue de la déesse Rome, l'autre, celle de ^'énus. L'entrée de chacun des sanctuaires se composait de quatre colonnes corinthiennes in aniis : la colonnade extérieure comptait dix colonnes de face et vingt et une de côté (en comptant deux fois les colonnes d'angle).
La « Maison carrée » de Nimes i fig. 76) est de la même époque
Fil,'. 76. — La « Maison Carrée «, à .Nimes.
que le temple de Jules César ; elle fui batic par .Auguste en l'hon-
1. I>ali»ii.\, .Vt'/. lie lioine, 1H82, p. 3(32 cl sui\ . ; Iliilsen, Foniiii runiain. p. -'i;i el suiv.; de Wu-^'^iero^ l'oro roinano, p. 188 et suiv. Restauration dt- \'audoyer dans les Monuments antiques, II, 1, G.
tEMPLES CIRCLLAIRES 151
neur de ses fils adoptifs. Agrippa, Gaius César et Lucius César *. L'ordonnance en est hexastyle et pseudo-péripfère.
§ n'. — Temples circulaires.
A côté des temples rectangulaires. les Romains ont connu une autre forme de sanctuaire, la forme ronde -. Elle n'était pas ignorée des Grecs ; mais elle reçut surtout son développement à l'époque romaine. Servius ^ nous apprend que des temples de cette sorte convenaient surtout aux déesses \'esla et Diane, aux dieux Hercule et Mercure. En réalité le temple rond est surtout un souvenir de l'antique cabane italique de forme circulaire. Pour ^ esta, en particulier, on s'explique aisément cette tilialion. Aux époques très reculées où les hommes n'avaient pas encore trouvé le moyen de faire jaillir facilement la flamme, chaque village devait posséder une cabane spéciale où le feu public était conservé, sous la surveillance des femmes. De là, le caractère sacré de la fonction et le culte de \'esta. Quand un édifice de pierre succéda à la hutte de roseaux primitive, on garda la forme antique, devenue rituelle.
D'après Vitruve ^ le temple rond admettait deux variétés : le temple sans cella et le temple à cella. Le premier se composait d'une colonnade circulaire reposant sur une plate-forme •^; il ne nous en est pas parvenu de spécimen, sauf sur des représentations figurées, monnaies, stucs, peintures. Le second est un sanctuaire clos, une rotonde {Iholusj entourée d'un portique circulaire. C'est ce dernier type qui nous a été conservé. Tout le monde connait le joli temple de Tivoli (fig. 77), qui date de l'époque de Sylla. La cella consiste en une chambre ronde avec porte et deux fenêtres à droite et à gauche ; elle est enveloppée d'un portique de vingt colonnes corinthiennes au-dessus desquelles court une frise élégante. Au même type appartenait le fameux temple de ^'esta, sur le forum romain.