CAPITOLES
ments. Celui de Poinpéi olfre la même particularité '. Devant le mur du fond s'élève un grand piédestal assez haut, trois fois aussi large que profond ; originairement, il était partagé en trois par des pilastres, deux aux angles, deux sur la longueur à égale distance des premiers ; plus tard les pilastres furent supprimés et le tout fut recouvert de placages de marbre ; mais la disposition première subsista : le piédestal resta divisé en trois petites chambres ayant leur porte spéciale. Il supportait donc trois statues et les chambres qu'elles surmontaient servaient de trésor pour chacune d'elles. Ailleurs, à Dougga par exemple, le mur du fond de la cella était décoré de trois niches, celle du milieu, plus importante que les deux autres "-.
A Sbéitla (fig. 82), il existe trois cella, séparées latéralement
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Fig. 82. — Capitule de Sbéitla, d'après les relevés de Ch. Emonts.
Tune de l'autre par des passages voûtés et précédées chacune d'un
1. Mazois, Pompéi. Ill, pi. xvxii et suiv. : Overbcik-Mau, Pompeji, p. 90: Maii-Kelsey, Pompeii. p. 61 : Thédenat, Pompéi, II. p. 10.
2. Saladin, Happorl de mission (Monvelles urchives des Missions, t. II), p. 4KSet suiv. : (^af^iiat et Gauckler, Les temples païens de lu Tunisie, Paris, IS9S, f", p. I cl suiv.
160 VII. LES Monuments religieux
pronaos ^ ; mais, afin de bien marquer le lien qui réunissait les trois constructions et qui en faisait les parties dun même ensemble, on n'avait établi de gradins daccès que devant le temple de droite et devant celui de gauche ; devant le temple central s'étendait une plate-forme à pic au-dessus de la cour antérieure, servant probablement de tribune, qui était reliée au pronaos des deux sanctuaires voisins par des paliers jetés sur les passages qui séparaient les trois édifices "-.
§^'1I. — Temples de tradition étrangère.
La plupart des temples dont il a été question jusqu'ici sont des temples à cella rectangulaire, issus du type grec ou ^étrusque ; mais, à l'époque impériale, -dans les provinces aussi bien qu'à Rome, on adorait, à coté des dieux du panthéon gréco-romain, toute une série de divinités étrangères, surtout des divinités orientales. Or le culte de ces divinités comportait des cérémonies et une liturgie spéciales, qui nécessitaient pour les sanctuaires des dispositions toutes particulières. Quand on leur élevait des temples, il fallait donc apporter au plan classique des modifications plus ou moins profondes, conformes aux usages consacrés pour les différentes religions. Des découvertes faites sur un grand nombre de points du monde romain l'ont montré très clairement.
Le premier culte oriental introduit à Rome fut celui de la grande déesse de Phrygie, de la Mère des dieux. Nous avons gardé, à Ostie, les restes d'un ensemble monumental qui lui était consacré^ (fig 83). Le sanctuaire lui-même a la forme d'un temple grécoromain, d'ordonnance tétrastyle. Derrière s'étend une enceinte de forme trapézoïdale, dont l'existence était liée à celle de la chapelle et du culte qui s'y célébrait. Deux portes y donnaient accès, l'une par un escalier. Tout autour de la salle régnait une banquette, dis-
J. Saladin, Rapport de mission [Arcfi. des Missions, 3" série, t. XIII), p. 63 et suiv. ; Cafrnat et Gauckler, op. cit., p. 14 et suiv. ; A. Merlin, Forum el éfflises de Sufelula. p. 6 et suiv.
2. Voir tonte la série des Capiloles africains avec plans et vues dans H. Cat'nat el P. Gauckler, Les temples païens de la Tunisie, p. 1 et suiv. et dans Capnat-Baliu, Timçfad, p. 156 et suiv.
.». N'isconli, Annali, 186S. p. 362 et suiv. : Monumenli, VIll, pi. i.x ; Pas- ( liett'i. Ostia, Rome, 1912. S", p. 373 cl suiv. ; cf. sur les sanctuaires de Cyhèlc, H . Graillol, Le culte de Cyhèle à Rome et dans l'Empire romain, Paris, 1912, fc". p. 321 el suiv.
TEMPLES DE TRADITION ETRANGERE
position commune à toutes les salles de réunion de collèges; deux autels, consacrés sans doute l'un à Cybèle, l'autre à Attis, s'éle-
Fig:. S3. — Temple de Cybèle. à Ostie.
vaient au milieu. Contre le mur du temple une belle statue de Cybèle offerte par les Gannophores d'Ostie complétait la décoration de l'édifice. A côté de la statue on retrouva six autels dédiés par les mêmes à Septime Sévère et à ses lils.
Les ruines d'Ostie nous ont également rendu le plan de plusieurs chapelles réservées au culte de Mithra '. Ce qui les caractérise, c'est qu'elles étaient dépourvues de fenêtres, en souvenir des cryptes où le culte se célébrait à l'origine. L'édifice se compose d'ordinaire ^ (fig. 84) d'une salle allongée (l'une mesure 16 mètres
1. Annali, Istîl. p. 2ri7 etsuiv.; 1868. p. 402 et suiv.; Cunioiit. Textes cl momimenls /iffurés reUdifs au culte de Mithra, Bruxelles, 1896-1899, 4°, n°" '9 à 84 et 295 ; Paschello, 0.s<«V», p. :i9i \ (Comptes rendus de VAcad. des Inscr.^ 1909, p. 184 et suiv.
2. Sur la forme habituelle des sanctuaires de Mithra, cf. Fr. Cumont, Textes et monuments (iffurès. 1, p. 58 cl suiv. et Dicf. de Sajrlio, s. v. Mithraeum
III, p. 19.50 .
M.\Mi;i, ii'.\n<.iiKOi.()fiii-: homaim-;.