‹ Manuel d'archéologie romaineChapitre 132 sur 509 · X. Ibid.. III, 10493. I0i · texte numérisé non relu

X. Ibid.. III, 10493. I0i

!*. Ibid., VIII. 2'.659 à 2166',.

10. Ibid., 3293. Cf. sur ce {^enre d'inscriptions : Hcnzen, dans les .Annali, 1856, p. r>3 et suiv.; 18.')9, p. 122 et suiv.; 18S2, p. 173 et suiv.

AMPHITHEATRES

C'est au-dessus de cette galerie qu'on tendait le vélum. Nous savons assez bien comment il se manœuvrait '. A chacun des mâts qui entouraient l'édifice étaient fixés des câbles, rattachés euxmêmes à un autre câble relié par ses extrémités et disposé en forme d'ellipse; quand celui-ci était tendu, il reproduisait donc la figure de l'arène qu'il dominait. Ce système de cordages était fixé dautre part par des crampons au mur du podium. Des bandes de forte toile, bordées d'anneaux, glissaient, grâce à un jeu de poulies, sur les cordages et couvraient ainsi, par sections, les parties de la salle qu'on voulait abriter. Les valets préposés au jeu des cordages circulaient sur lattique du monument.

L'accès de la salle et les dégagements étaient merveilleusement compris. Le rez-de-chaussée s'ouvrait sur la rue par une série de grandes arcades qui permettaient d'entrer de tous les côtés à la fois et par suite d'éviter les embarras. Ces arcades conduisaient dans de vastes couloirs, parallèles aux côtés de l'arène, où prenaient naissance une série d'escaliers qui menaient aux divers étages et débouchaient par les vomitoires en difVérents points de la cavea. La figure 105 qui représente une partie du Colisée, d'après Guadet, fera comprendi-e mieux que toutes les descriptions, ce -ystème très compliqué.

L'arène, espace destiné aux combattants, était ainsi nommée du sable qui y était répandu ; elle aflèctait naturellement, elle aussi, une forme d'ellipse plus ou moins régulière. On y pénétrait par deux entrées principales, situées aux extrémités du grand axe ; des entrées secondaires se trouvaient aussi parfois à celles du petit.

Le mur antérieur du podium était également percé de portes, par où les gladiateurs et les animaux pouvaient sortir au cours de la représentation.

Dans plus d'un amphithéâtre le sous-sol de l'arène contenait des chambres pour les combattants et les bétes : des galeries de forme elliptique, celles qui faisaient le tour de la construction, ou rectilignes, celles qui suivaient les axes, permettaient d'y accéder. .^u-des5us des réduits destinés aux animaux étaient ménagées des ouvertures par où l'on hissait les cages jusqu'au niveau du sol, au moyen de cordes et de poulies - ; des magasins spéciaux conle-

1. Voir, pai" exemple, Caristie, Moniiinenls antiques d'Orange, p. 'T» et 9uiv.. et L. Tocco, Del velario e délie vêle neffli iin/itealri. Home. s. d.. S".

2. Voir clans Dubois. Pouzzoles, p. 324, un essai de reslilnti<iii de ees ascenseurs.

naient les décors qu'on établissait sur Tarène quand on voulait v organiser des représentations à grand spectacle. C'est là aussi qu'était la chambre oii Ton portait les corps des gladiateurs tués ou blessés à mort en attendant qu'on les inhumât {Kpoliarium) '. On a fouillé des sous-sols et reconnu leur disposition au Colisée et aux amphithéâtres de Capoue, de Pouzzoles, de Carthage, d'EI-Djem (fig. 103,, de Nimes -.

C'est le Colisée lig. 104 et 105) qui, pour l'ensemble comme pour les détails, est le type le plus accompli d'un amphithéâtre '. La masse de ce splendide édifice s'élève sur deux degrés; la iaçade extérieure comprenait quatre ordres d'étages, ainsi qu'il a été dit plus haut : les trois premiers étaient percés d'arcades et ornés de demi-colonnes ; le quatrième était décoré de pilastres corinthiens entre lesquels s'ouvraient des fenêtres. Des quatre-vingts arcades du rez-de-chaussée, soi\ante-seize étaient destinées aux spectateurs et portaient inscrit sur la clef de voûte un numéro dilférent; les quatre autres, situées aux axes des ellipses formaient des entrées réservées à l'empereur et à sa maison. Les arcades des étages supérieurs servaient à éclairer les couloirs et les escaliers intérieurs. -Au quatrième étage, on voit les corbeaux qui soutenaient les mâts destinés à permettre la manœuvre du vélum. La plateforme supérieure réservée au personnel chargé de cette manœuvre communiquait avec la salle par de petits escaliers.

Dans l'épaisseur de< substructions qui supportaient la série des gradins, les architectes avaient aménagé, au rez-de-chaussée, cinq galeries parallèles à l'ellipse de l'arène. La première galerie communiquait d'une part avec le dehors, de l'autre avec la seconde où prenaient naissance les escaliers qui menaient aux parties supérieures de l'édifice; la troisième desservait le premier maenianum, la quatrième menait au podium. Quant à la cinquième, le revêtement de marbre qui la couvrait et la mosa'ique dont le sol était pavé indiquent qu'elle servait de promenoir aux autorités, ou, suivant d'autres, que les gladiateurs s'y réunissaient, comme en un

1. Cf. pour Trêves : Bonner J.ilirh.. C.\I.\. 1910, p. I et suiv. Mémo obscr- V. -il ion a été faite à Ciirtliajre.

2. Cf. G. Rucea, DeU'iisoile' xolleranei nnfileulraU. Napics, ISTiS. s».

3. A. Despodelz, /-es étiifires antitiuea de Hume mesurés et dessinés 1res rr.ictemenl sur les lieux Home, éd. 1GH2 . f". p. 2lt> cl suiv. ; (3anina. Edifizi. 1\'. p li>4 cl suiv. ; Duc, Monuments iinliifues. 11,2; A. i^iuadel, Étude sur Ia ronslruclinn et la disposition du Colisée, Paris. |h7K. f': Durm, linuUunst der Rnmcr. p. •»fiî> cl suiv.

AMPHITHEATRES

AMPHITHiîATIiES

loyer, avant de paraître devant le public; des portes s'ouvraient de cette «lalërie dans l'arène. Les couloirs du rez-de-chaussée se

Kip^. 105. — I>e Culiséc. d apris (iiuidet. pi. \i

répétaient au premier éta};e et au second, formant un lieu de promenades pour les sj)ectateurs au cours de la représentation et leur

offrant un abri en cas de pluie. A l'étage supérieur les couloirs étaient en partie envahis par les escaliers.

Le/)oc/nz//j contenait quatre rang"s de gradins. Ils portaient inscrits les noms et la qualité de ceux qui étaient admis à y siéger; quand une place devenait vacante, on martelait l'ancien nom pour le remplacer par celui du nouveau possesseur. En avant s'étendait la balustrade protectrice qui faisait tout le "tour de l'arène. Deux loges, plus élevées, dominaient les deux extrémités du petit axe de l'arène : c'était, d'tin côté, la tribune de l'empereur [pulvinar], de 1 autre celle des consuls, des préteurs et des personnages qui donnaient les jeux. On y pénétrait par des escaliers particuliers.

La cavea était partagée en deux maeniana ; celui du bas contenait vingt rangées de gradins; celui du dessus une soixantaine; seize escaliers rayonnants les divisaient en cunei. Derrière le second maenlamiin s'élevait un halleus de 5 mètres de haut, percé de portes qui communiquaient dans le couloir d'accès. 11 était couronné dune rangée de colonnes; entre celle-ci et la galerie supérieure se développaient les séries de sièges en bois réservées aux femmes. La galerie elle-même, on le sait, était laissée aux gens du peuple '.

Les substructions de l'arène étaient très développées et les déiails en sont parfois obscurs; d'ailleurs elles datent, dans leur état actuel, d'une assez basse époque, les précédentes ayant été détruites au iV et au v'^ siècle. Elles se présentent sous la forme de pièces et de magasins séparés par des corridors ; trois au milieu, parallèles au grand axe de l'ellipse, deux à droite et à gauche, épousant la forme elliptique du monument.

Dans l'amphithéâtre de Pouzzoles -. les dispositions sont un peu différentes. I>e souterrain, profond à la partie centrale de T) ni. 70, est cf>upé en croix par deux couloirs, l'un suivant le grand axe, l'autre suivant le petit. Deux rampes assez raides, partant du premier portique extérieur, conduisent à l'entrée du couloir longitudinal : c'est par là qu'on introduisait les bêtes, les machines et les décors; pour les hommes il existait, à l'extrémité du couloir transversal, de» escaliers qui communiquaient avec le dehors du monument, l^n outre un couloir circulaire larjre de '2 m. .")(( con-

). On notera que la reslituliou de Guadet est nn peu difToronlo pmn' certains fU'lails de celle que l'on a reconnue pour vraie aujftiM'd'hui. 2. Duhois, Pouzzoles, p. 317 el suiv.

tourne le souterrain rfic.. 106 . 11 était divisé en deux étages. <- Le

l-'ii;. lor,. — Sous-sol de lamplutliL-àtiT de Fnu/.zuk-s.TMu.toK.;.lilnoJo Cil. l)ul)..i>.

mur extérieur de ce couloir repose sur des piliers larges dun peu l)lus de 1 mèlre, séparés par des arcades larges de 2 mètres et hautes de 2 m. 30. A la hauteur de •-> m. V) du sol est encastrée dans la muraille, au-dessus de chaque pilier, une grosse pierre de basalte qui savance hors du mur de 0 m. '28. Juste en lace sont lixées sur le mur opposé des pierres semblables. » KUes étaient destinées à soutenir un plancher mobile. « Klles sont an nombre

de 96 et distantes les unes des autres de 3 mètres. Dans la voûte, à la distance de 4 mètres du sol, sont pratiquées des ouvertures, au nombre de 46, larges de 1 m. 15, longues de 1 m. 80, distantes entre elles de 2 mètres et de 8 m. 50 du mur du podium. Elles ont conservé presque toutes sur l'arène leurs rebords de basalte, avec l'emplacement des charnières servant à lever ou abaisser les trappes, et la dent intérieure pour recevoir le couvercle de bois.

« De l'autre côté s'ouvrent sur le couloir des compartiments qui renfermaient les cages des bêtes. Ce sont, à l'étage inférieur, quarante petites pièces, profondes de 4 mètres, larges de 2 m. 15 à 2 m. 30. hautes de 2 m. 30, pratiquées sous un second étage, qui se compose lui-même dun étroit corridor prenant jour par des arcades au-dessus du grand couloir elliptique décrit plus haut. Ce corridor voûté contourne entièrement l'amphithéâtre, en traversant par le milieu un certain nombre de petits compartiments profonds de 2 m. 93, larges de 2 m. 10. Dans les différents compartiments des étages inférieur et supérieur du souterrain, on logeait les cages des animaux. Que les bêtes féroces fussent gardées là, prêtes à être exhibées sous les yeux des spectateurs, c'est ce que prouve la présence au-dessus du couloir circulaire des ouvertures prati(|uées dans le sol de l'arène et correspondant avec régularité aux comparliments servant de cage; c'est par ces ouvertures que lés bêtes étaient transportées dans l'arène ^ »

Lorsqu'au lieu de combats de gladiateurs ou de chasses on voulait oll'rir aux spectateurs la vue d'une représentation nautique, ou pouvait inonder les arènes des amphithéâtres et les transformer en lacs. L'aqueduc de Pouzzoles passait à 23 mètres de l'amphithéâtre; un canal le joignait au souterrain; « le mur de l'aqueduc est percé d'une ouverture quon ouvrait ou qu'on fermait à volonté au moyen d'une herse et qui donnait accès dans une petite vasque où aboutit le canal de communication, canal d'abord très étroit, qui s'élargit après un parcours de 22 mètres, puis va pendant une quinzaine de mètres en pente très douce. A partir de là l'inclinaison s'accentue et à la distance de 4 m. 50 du souterrain le canal s'élargit encore. Grâce à la douceur de la pente (3 mètres au total) et à l'élargissement progressif du canal, l'eau arrivait lentement dans le souterrain - ■<. De même à Nîmes on a décou\ erl un aque-

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