BAINS PUBLICS
comme il en existait auparavant [balnea ou balneae), mais des thermes où, à la mode grecque, des salles réservées aux exercices du corps sont annexées à la construction.
Un certain nombre de ces thermes étaient communs aux deux sexes, c'est-à-dire qu'une moitié était réservée aux hommes, l'autre aux femmes. Des trois établissements de bains de Pompéi, deux sont ainsi aménagés, les thermes dits « de Stables » qui remontent au n® siècle avant notre ère et les thermes dits « du Forum » qui furent construits vers 80 av. J.-C. L'un comme l'autre nous montrent comment ces doubles bains étaient agencés ; chaque moi tié formait un tout complet ; mais le même appareil de chauffage servait aux deux, ce qui permettait d'économiser le combustible. Le plan de la tîg. 110 est celui des thermes du Forum ^ On y pénétrait par deux portes A et A') ; celle-ci donnait accès dans une cour, plantée d'arbustes et de fleurs, qu'entourait de trois côtés une colonnade i B ' ; une pièce de repos, ouverte sur le jardinet, est ou a. Le couloir h conduit dans V iipodifleviiim des hommes (C) où l'on pénètre également de la rue par la porte c. Le fri(jidarinm iDj a conservé intacte sa cuve revêtue de marbre et sa décoration, qui imite un jardin. Le tepidariuni (E) est entouré à mi-hauteur
du mur de niches en maçonnerie qui servaient à déposer les vêtements. Le caldarium (F) était terminé du côté du Nord par une baignoire, tandis qu'au Sud, dans la partie circulaire, était disposée une vasque. Le bain des femmes avait son entrée tout à fait distincte en M; elle était précédée d'un petit vestibule, qui avait été pris sur la largeur du trottoir. La chambre N servait à la fois fVapodiflerium et de fricjidariuin ; dans un coin une petite piscine
1. Mazois, Pompe/', III. pi. xi.vii : Mau-Kclsoy, op. cil., p. 196; Thédenat, f'ompéi, II, p. 100.
Kisr. 110.
Thermes du Forum, à Pompéi.
est abritée par une voûte basse ; le caldarium avec sa baignoire et sa vasque caractéristiques sont eu 0 et le tepidavium eu P. La cour, avec son entrée (Y), n'a aucune communication avec le bain des hommes. Le fourneau et les chaudières étaient disposés dans une pièce (R) entre les deux caldarium.
La même disposition se retrouve dans le plan des thermes de Stables, avec cette différence que dans la partie réservée aux hommes, une grande cour a été aménagée pour les exercices de la palestre '.
Les thermes de Badenweiler, dont le plan a été reproduit souvent^ étaient aussi des bains doubles, pour hommes et femmes. Tous sont conformes au précepte de Vitruve ^ qui veut que « les caldaria des hommes et ceux des femmes soient joints pour que la chambre des chaudières avec le foyer de chauffage soit commun aux uns et aux autres ».
Ce système, pourtant, ne paraît pas avoir été usité partout à l'époque impériale : la plus grande partie des thermes dont on a découvert les restes sont des thermes simples ; les hommes et les femmes y avaient accès à des heures différentes, ce qui revenait au même. Nous donnons comme spécimen un des nombreux bains qui ont été découverts à Timgad, ceux que nous nommons : les grands thermes du Sud ^ (^fig. 111); ils datent du ii" siècle mais furent agrandis plus tard. On y accède par deux portes situées aux deux bouts d'un couloir (U etV) et par une autre, en .\ ; quand on entrait par l'une des deux premières on longeait une exèdre à colonnades (X), promenoir annexe de l'établissement ; quand on entrait [)ar la troisième on rencontrait à sa droite deux salles demi-circulaires, des latrines (E) et une salle de réunion et de conversation (D). Le grand vestibule (F) pouvait servir de gymnase; la salle G constituait sans doute le vestiaire ; la salle il avec ses deux piscines latérales (J), représente le friqidarium. Il faut placer le lepidarium en K. Les salles Q et P, construites sur hypocaustes avec leurs baignoires ne sauraient avoir été que des caldaria; entre eux deux, une pièce voûtée (R) également établie sur hypocaustes constituait le laconi-
1. Overbeck-Mau, op. cit., p. 215; Mau-Kclsey, op. cit., p. 181); Tliédenat. op. cit., p. 101 .
2. Par exemple, dans Saglio, Dict. des Ant., I, p. (J61, (ij;. 766 et dans Durm, op. cit., p. 717, fï^. 786.