‹ Manuel d'archéologie romaineChapitre 138 sur 509 · BAINS PRIVES · texte numérisé non relu

BAINS PRIVES

Fiir. 108. — Bains delà villa de Boscoreale.

A l'angle nord de la villa, derrière lécurie, se trouve un ensemble de chambres ' donl la destination ne peut donner lieu à aucun doute. La pièce A représente la cuisine ; on a retrouvé en place le foyerqui la caractérise.

De là on passait dans une pièce a, qui servait de vestiaire, puis dans une autre h, le tepidarium et enfin dans une troisième c, le caldarium ; dans le fond, sous la voûte hémisphérique de l'abside est encastré un bassin en marbre lahrurn > ; visà-vis, on voit une piscine en maçonnerie, avec une marche pour y descendre. La cloison où elle s'appuie sépare le caldarium de la chambre de chauffe, où se trouvait le fourneau et la chaudière nécessaire

pour alimenter deau la salle de bain. Toutes ces dispositions qui ont été retrouvées intactes, sont des plus intéressantes -.

Le fourneau servait en premier lieu à fournir de lair chaud, qui se répandait sous le pavement du caldarium, suivant le système habituel, dont il sera parlé plus bas ; mais il était aussi destiné à échaulTer l'eau d'une grandechaudière deplombf m ) qui lesurmontait. Celle-ci (fig. 109) a une forme cylindrique : la partie inférieure faite de cuivre, parce qu'elle était en contact avecle feu, était noyée dans fie la maçonnerie, et traversée d'un système de tuyautage qui la mettait en communication, d'une part avec le réservoir placé dans la cuisine d où elle recevait l'eau et, de l'autre, avec la salle do bain. C'est par le tuyau du milieu qu'elle s alimentait d'eau froide : des robinets permettaient d'en régulariser l'arrivée. Le tuyau inférieur partait, lui aussi, du réservoir de la cuisine ; mais, avant de |)arvenir à la chaudière, il se divisait en deux branches; l'une y pénétrait; l'autre, traversant la cloison, aboutissait à la baignoire

1. ('f. Héron de V'illefosse, dans les Mélanrjes Piot, V. p. li et suiv. ; Pasqui, Monum. dei Linrci\ VII (1897 , p. 455 et suiv.

2. Pasqui, loc. cit., p. 446 et suiv.; Mau, Rom. MitlheiL, IX, 1894. p. 35.^ et »uiv.; Sogliano, Notizie degli Scawj, 1895, p. 209 et suiv.

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delà pièce voisine; on pouvait ainsi, à volonté, par un simple jeu de robinets, projeter dans cette baignoire, soit Teau froide venant de la cuisine, soit leau chaude refluant du réservoir. Le tuyau supérieur était pareillement partagé en deux branches ; il remplissait, suivant le même système, d'eau chaude ou d'eau froide, le

Fig;. 109. — Chaudière de Boscoreale.

bassin qui garnissait le fond du ca.lda.ri uni. Il est difficile d'imaginer un système plus ingénieux.

En dehors de l'Italie, on peut citer comme types de bains privés, confortablement aménagés dans un coin de maison, ceux de Gaerwent en Angleterre ' ou encore ceux de la maison de Sertius, à Timgad -.

§ II. — Bains publica.

A coté des bains privés il y avait eu de bonne heure à Rome des bains publics ; ils se multiplièrent sous l'Empire dans toutes les provinces ; il n'est pas de ville, si modeste cpiclle fût, qui ne possédât un ou plusieurs établissements de celte sorte; à cette époque même on ne construit plus guère de ces maisons de biiins simples,

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