‹ Manuel d'archéologie romaineChapitre 146 sur 509 · MARCHES · texte numérisé non relu

MARCHES

V\\:. Il'.t. — Le inarclu- (le Sertius, à Timpad cl son annexe .

ment en sept chambres égales groupées le long de la demi-circonterence. La face de chacune délies est barrée à un mètre environ du sol par une large dalle de granit bleu, engagée dans la maçonnerie par ses deux extrémités et soutenue par deux montants ; le tout faisait légèrement saillie en dehors : c'est l'étal où les marchands offraient leurs denrées au public. Il fallait pour pénétrer dans la boutique passer sous la dalle ; le marché terminé, on sortait comme on était entré. Aucune trace, ni sur le sol. ni ailleurs, ne permet de croire qu'on pût fermer la pièce en l'absence du marchand.

La même disposition s'est d'ailleurs retrouvée dans l'autre marché de Timgad, qui se compose de deux cours en fer à cheval juxtaposées, disposition très originale et tout à fait spéciale à cet éditlce '.

A côté du marché de Sertius existe une autre construction assez semblable comme plan ; elle consiste en une salle rectangulaire longue de 2i m. 25 et large de 10 m. 40 ; la face méridionale est décorée dun petit hémicycle. Jamais cette salle n'a été entourée de colonnades; elle était fermée par en haut et couverte d'une charpente en bois. Le sol est pavé de belles dalles de granit et, au centre, de carrés en porphyre rose et en calcaire noir alternés, formant damier. La bâtisse remonte sans doute à la même date que le marché voisin; mais elle a été réparée au iv*" siècle.

En l'absence de boutiques permanentes on ne peut savoir exactement quelle était la destination de cette annexe du macellum ; on peut y voir un second marché à étalages mobiles et à destination particulière, quelque chose comme la basilica vesfiaria de Djemila, dont l^plan est identique '^.

Le marché que L. Cosinius donna à la même ville de Djemila date de I époque d'Antonin le Pieux. Sa forme est rectangulaire. La cour, suivant la règle, est entourée de boutiques disposées comme celles du marché de Sertius, à Timgad, mais plus ornées; au centre se retrouve le tholus habituel ; la chambre (.\e> poids publics s'ouvrait au milieu de la face latérale, qui regarde l'Est. Le tout est fort bien conservé. La statue du fondateur et celle de son frère s'élevaient devant la porte du pavillon, de chaque côté; ailleurs se dressait une petite statue du dieu Mercure.

1. (laffiial-Hallii, Timçfad, p. .Ti;5 et suiv et pi. xxxi.\. xl. •J. Hallii, liiill. arch. du Cinnilé, 1913, p. 159 et pi. vu, ii. i.

Il est naturel de rapprocher des marchés où se vendaient les objets nécessaires à la vie. les greniers, les magasins'et les caves où ils étaient rassemblés.

Les greniers (horreum) ' publics ou municipaux nous sont assez bien connus, grâce aux découvertes faites à Rome et à Ostie. 11 y avait dans la capitale un certain nombre de greniers ; les plus importants étaient ceux de Galba, qui étaient le magasin central de TAnnone ; dans la même région se trouvaient les greniers d'Anicius et ceux de Lollius. D'autres portaient des noms empruntés à la famille impériale : greniers de Vespasien, de Nerva, de Germanicus ; d'autres étaient désignés par la qualification des marchandises qu'ils contenaient ; greniers à la chandelle, aux épices, au papier.

Le Forma Urhis Romae, aussi bien que les restes qui ont été retrouvés de ces greniers nous les montrent sous 1 apparence de grands bâtiments à cour centrale avec portiques, tout comme les marchés ; les quatre côtés sont occupés par une série de cellae juxtaposées. C'est pareillement la disposition des horrea. d'Ostie -, dont le plan figure ci-contre (fig. 1"20). On y voit d'une part une grande rue (B), bordée de portiques sous lesquels s'ouvre une file de cellules rectangulaires ; de l'autre une cour (Dj, entourée de chambres de tous les côtés. Ces /jorrea étaient, pour la plupart, divisésen deux étages : le plan inférieur est voûté, à parois rustiques; le plan supérieur possédait des pavements en mosaïque et les murs étaient ornés de peintures ; le bas représente donc seul des magasins ; le premier servait de bureaux ou de locaux d'habitation ; l'escalier qui menait de l'un à l'autre, intérieurement, est parfois assez bien conservé.

On voit encore, dans quelques-uns de ces magasins, à leur place antique, les récipients qui servaient à conserver le blé, le vin ou l'huile. Ce sont de grands vases de terre, à panse très renflée qui sont enfouis dans le sol jusqu'au col (fig. 121). Sur les bords des vases sont marqués des chiffres indiquant leur capacité ^. On a

1. Tht'dcnal dans le Dirl.des ,1h/. de Satclio au mol Horreum.

2. Carcopiiio, Mél . de i Ecole de Home, 1910. p. 3!*" et siiiv.

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