Pompéi, II, pi. m
■2Si
bronze auxquels on fixait les cordes destinées à manœuvrer le rideau de clôture du compluvium ; on conçoit, en effet, qu'il fallait pouvoir se garantir du soleil aussi bien que des regards devenus indiscrets.
h'impluvium formait le centre de Vatriiun ; il était généralement occupé par un bassin rectangulaire ; au milieu jaillissait un jet d'eau (fig. 147 ). Une bouche ronde au niveau du sol ou une margelle de puits, soit en terre cuite, soit en marbre, permettaient de puiser les eaux pluviales qui remplissaient la citerne creusée sous la pièce.
Là aussi, sur le bord du bassin central, était disposée une table de marbre à quatre pieds (carlihulum), souvenir de la table de
yii^. 1J8. — Alrium avec lurairi' de la niaisim ilti |)()i'to trajfiquc, à P(iiu|>éi.
famille placée primilivement diins Valriun) : elle servait de dressoir pour la vaisselle de luxe, aux jours de fête.
C'est pareillement dans Valrium que les dieux Lares étaient adorés, à l'intérieur des maisons; là que le père de famille, en compa-
ATRIIM
gn.ede ses enfants et de ses serviteurs, leur adressait des prières le matm et le soir et faisait les libations qui accompagnaient les repas Dou la présence dans cette"pièce d'un autel et d'une niche ou d une petite chapelle pour abriter l'image de ces génies protecteurs, qu'ils fussent représentés sous la forme de statuettes ou de peintures murales '. On a trouvé à Pompéi beaucoup de laraires en place • le plus grand nombre sont des édicules à fronton triangulaire soutenu par des colonnes (fig. 148, ; à côté des Lares on y a rencontré beaucoup d autres divinités, telles que Jupiter, Vénus, Vesla, la Fortune, Mercure, Hercule, et la patronne de la ville, A'énus Pompe.ana (fig. 149L Au-dessous de l'image des Lares on représentait
Ki^-. 1 19. Lai-airc «le Po
nipei.
ouventun sacnhce ollert sur un autel par un personnage en loge, |u. est le propriétaire de la maison ; deux serpents, un mAle t une femelle, qui figurent le Génie du maître et celu. de la mairessedu heu, viennent vers lautel prendre possession de l'offrande eposee a leur intention.
Enfin, c'est dans l'atrium qu'on affichait contre le mur ou contre une colonne les tables de patronat sur bronze que les municipalités envoyaient au possesseur du logis pour l'honorer et s'assurer sa protection.
§ y. — Tahlinum. Alae.
Le lablinuni servait de bureau et de salon de réception pour le père de famille. Il n'était point fermé par une porte du côté de l'atrium, mais par des rideaux. Le fond, qui donnait sur le péristyle, avait pour clôture des portes ou des volets mobiles qui permettaient d'aérer la pièce et de jouir de la vue (voir la fig. 147). Dans plusieurs maisons pompéiennes, on a constaté, à l'intérieur du tablmvm, la présence d'un coiîre-forl.
Deux pièces, généralement les dernières des chambres qui s'ouvraient de chaque côté de l'a/rium, l'une à droite, l'autre à gauche, se faisant face, portaient le nom à'alae, ainsi qu'il a été dit plus haut. Elles n'avaient point de portes et formaient comme de grandes alcôves. Dans les maisons de la petite bourgeoisie où il ne pouvait pas être question de déposer là les images en cire des ancêtres, on leur donnait des destinations diverses : on en faisait des armoires, en les divisant en compartiments et en y installant des rayons ; d'autres foison y enfermait le laraire ; on les utilisait aussi comme salles à manger d'hiver : si bien que, souvent, il n'y avait qu'une seule ala. ou même point du tout.
i; M. — Périsli/fe.
C'est essentiellement une cour entourée de colonnes qui soutiennent un portique. Le nombre des colonnes et l'étendue de la cour dépendaient naturellement du luxe de la maison. Elle était, d'ordinaire, transformée en jardin ; au centre était creusé un bassin avec jet d'eau ; dans la maison de Pansa, à Pompéi, on avait peint des roseaux et des poissons qui semblaient nager dans une source; dans la maison de Ghampionnet et dans une maison deTimgad dite « maison de Sertius », du nom de son propriétaire, ce bassin était un véritable vivier ; il y existait, à la partie inférieure, dans les parois, tout un aménagement de cellules qui servaient de refuges aux poissons contre la chaleur '. Le reste de la cour était planté
1. (lusnian. Pompèi, p. 290: ('a^fnat-Uallii, Timffnd. p. .i.'<2 .
PERISTYLE
darbres ou orné de fleurs dans des jardinières. On a pu reconstituer, à Pompéi, plusieurs de ces jardinets, le dessin des platesbandes s"étant conservé sous la cendre ; la nature des arbustes qui les meublaient a même pu être reconnue, grâce aux traces que les tiges avaient laissées dans le sol. La plus connue de ces demeures ainsi restituées est la maison des ^'eltii. Le péristyle, décoré de verdure, était orné de douze statuettes, qui versaient" de l'eau dans des vasques circulaires ou rectangulaires ; deux sont de bronze et figurent des enfants nus, les yeux incrustés d'aro-ent, qui tiennent des oies, le bec ouvert pour cracher un jet d'eau. Au milieu, deux élégantes colonnes se faisant face supportaient deux Hermès à deux tètes. Bacchus et Ariane, Silène et une bacchante : enfin tout au centre une table circulaire en marbre soutenait des pots de fleurs. Nous donnons à la figure \'M) l'image d'un autre de
II-. 150. — Péristyle de la maison des Anwrini dorati. daprùs Soglian... - péristyles transformés en parterres maison des .. Amours
ivrs »).
I.i sallcla plus luxueuse parmi celles qui entouraient le péristyle
était V oecus : c'est là que les peintures étaient les plus riches et les meubles les plus soignés.
Parmi les autres pièces de la maison il faut insister sur les chambres à coucher et les salles à manger.
^ ^ II. — • Chambres à coucher.
On les reconnaît au lit en maçonnerie, sil subsiste encore, qui était appliqué contre la muraille ; ou bien si le lit était mobile, aux dessins du pavement, où la place qui lui était réservée était soit décorée plus simplement, soit même indiquée par un dallage commun ; ou bien encore à une alcôve aménagée dans la muraille. La di mension de ces chambres est généralement assez petite ; il semble qu'on ait attaché fort peu d'importance à leur installation.
S; ^'III. — Salles à manqer.
On sait que pour prendre leurs repas les Romains ne s'asseyaient pas comme nous sur des chaises, mais se couchaient sur des lits disposés autour de la table ' . A l'époque républicaine l'ameublement d'une salle à manger se composait donc d'une grande table carrée ou ronde; de trois côtés, se trouvaient trois lits, en fera cheval, le quatrième côté restant libre pour le serxice. Sur chacun de ces lits, trois personnes prenaient place; on a trouvé, à Pompéi, dans plu sieurs maisons '-, des restes de Iriclinium : un des mieux conservés est un Iriclinium funèbre de la voie des Tombeaux, reproduite notre figure 19'2. Plus tard, vers la iin de la République, on substitua aux tables carrées les tables rondes ou ovales, et par suite les lits multiples furent remplacés peu à peu par un lit unique de forme demi-circulaire, lequel enveloppait la table plus ou moins complètement.
La présence de lits dans une pièce la désigne nettement comme une salle à manger; à défaut de cette preuve indubitable on peut reconnaître la destination de la salle soit à biplace des lils marquée par le dessin du dallage, soit à la moindre usure du sol à l'endroit qu'ils recouvraient, soit à des cavités pratiquées dans le mur pour
1. Marquardl. Vie privée, I. p. .355 01 suiv. ; Saplio, Utct. des Anliii.. an mot Coena.