‹ Manuel d'archéologie romaineChapitre 183 sur 509 · PALAIS · texte numérisé non relu

PALAIS

Elle se compose actuellement de deux étages, un rez-de-chaussée et un premier, dont le plan général est très semblable. Ce qui la caractérise, c'est que les chambres de derrière prenaient jour, non pas sur une rue, ni sur un jardin, mais sur une petite cour qui formait puits d'aération et de lumière, à la façon des courettes de nos maisons modernes '.

§ XII. — Palais.

C'est naturellement aux maisons bourgeoises que ressemblaient, toutes proportions gardées, les palais des grands personnages à Rome et ceux des empereurs. La maison, dite de Livie, sur le Palatin n'excède pas les proportions d'une maison ordinaire : mais les autres résidences impériales qui Tavoisinent atteignent à des dimensions considérables. Ce n'est pas le lieu de décrire ici les ruines du Palatin^; il suffira de rappeler que la maison Flavienne est faite de deux parties, qui répondent aux deux divisions de la maison grécoromaine : dabord une grande colonnade, sous laquelle s'ouvre une immense salle du trône de 47 mètres sur 85, flanquée d une part d'une basilique de 35 X 20, de l'autre dune pièce plus petite où l'on a trouvé un autel — d'où le nom de laraire qui lui a été donné : puis un péristyle avec colonnes de marbre précieux, autour duquel régnent des chambres et dont le fond est occupé par une salle de festin imposante. 11 y avait un second étage dont il ne reste plus de trace ^.

Dans les provinces, les palais se ressentaient, comme il est aisé de le comprendre, des inlluences locales. Le palais de Dioclétien à Spalato eu fournit une preuve certaine ^. Le plan de ce magnifique ensemble tient à la fois de celui des camps romains et de celui des villes d'Orient. Il était enveloppé d'une enceinte fortifiée ; au milieu de chacun des quatre côtés s'ouvrait une porte flanquée de deux tours, sauf pour celle du Sud ; ces portes étaient reliées entre elles par deux grandes rues, se coupant à angle droit. Dans la partie septentrionale, au sud de la voie E.-O., à droite et à gauche do la voie N.-S., campaient les soldats delà garde impériale. La partie

1. C. Galza, dans les Xolizie defili Scavi, 191i, p. 244 et suiv.

2. Voir toutes les <> lopo};rapliies >• de Rome|et. comme ouvraj^es spéciaux de vulgarisation, Eberhard- Hau}r^^ il/, Der Palatin, seine Geschichle und .seine Ruinen, Rome, 1!»0I. S" cl Canco^^ni, /.e liovine dcl Palatino. Milan, lOO'», 8'.

3. Reconstitution dans Hau^^wilz, (ig. !'. ',. Cf. E. Hébrard et J. Zeiller. Spalalo.

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MAISONS DE PROVINCE

méridionale renfermai! d'abord deux édifices qui se faisaient pendant : à rOuestunpelil temple, à lEst le mausolée impérial ; puis, entre ces édifices et la mer. le palais proprement dit : c'est le seul g^roupe dont nous ayons à nous occuper ici (fig. 154'-.

Il regarde l'Adriatique; ausud, une longue galerie de 160 mètres, en occupe toute la largeur; c'était un lieu de promenade et de repos,' en face du large, en même temps qu'un passage qui faisait communiquer entre elles les dillérentes parties de l'édifice. Lentrée du palais était au Nord. On y accédait par un vestibule circulaire, qui menait à une grande pièce partagée en trois nefs ; on en fait le (ahlmum, la salle du trône. De part et d'autre une série de six chambres juxtaposées, qui prennent jour sur deux courettes allongées, passent pour représenter le logis des amis de l'empereur, des personnages attachés à son service qui vivaient à ses cotés journellement.

Puis venaient, autant qu'on peut le dire: en allant vers l'Ouest, une bibliothèque très spacieuse, un établissement de bains et enfin les appartements privés de l'Kmpereur ; en allant vers l'Est, un grand /m'///(/um et les appartements de l'impératrice Prisca et de sa fille.

De chaque coté du vestibule. îi un niveau inférieur, on place les cuisnies. les remises et les logements des serviteurs.

ï; .\in. — Maisons de province.

On voit quil V a loin de ce plan à celui de la mais..n romaine riche et même du palais de Rome. C'est que les habitations

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l' ifC. I')J. — Maisons ;'i Tinifrad.

urbaines provinciales olfrenl des types très diilérents du modèle

italien, influencées quelles sont parles conditions et les habitudes locales. Celles que Ion connaît le mieux sont les maisons d'Afrique, d'Anj^leterre et de Syrie; on en a étudié quelques spécimens en Germanie.

La maison africaine se rapproche plus que les autres de la maison italienne ; on y retrouve la cour intérieure, ornée d'une fontaine autour de laquelle se groupent les différentes chambres de l'habitation. La jolie maison voisine du forum de Timgad (fig-. 155ai est en somme très semblable à une maison de Pompéi qui se res-

ouche de chah:

Corridor'

Kiir. ITiG. — Maison Silcheslor.

Ireiiiiliiiil unifjncmc'iil à un péristyle et à ses alentiuirs '. D'autres. plus irré^iilières comme plan -, olfrent les mêmes particularités

I. (-.i^iial-Hallii, Tinignil, p. «9. Mrme modoli* à Mi-deiiia dans la maison (lilc ■• (les Miist's •• : Merlin, Forum el in-iisons de Mthihiirns, p. 39 et suiv. ■-'. (". affiial-Halln, /or. cit., p. 337.

MAISONS DE PROVINCE

(ûg. 155/>j. Rien nest moins surprenant, puisque lélément essentiel des maisons orientales a toujours été un patio, à ciel ouvert, avec chambres juxtaposées. Ajoutons qu'on rencontre en Afrique ce qui n'a guère été signalé dans le reste du monde romain : la maison souterraine '. A Bulla Regia, comme à Thugga, on a découvert des habitations dont le patio est établi dans le sous-sol et dont le premier étage est au niveau de la rue. Semblable installation était évidemment destinée surtout à combattre la chaleur.

En Angleterre on distingue deux tvpes de maisons : la maison à cour centrale et la maison à corridor. La première semble, si l'on jette un coup d\ei sur l'ensemble, ne pas être bien différente de ce qui se rencontre ailleurs : là encore on se trouve en présence d'une série de pièces a gnées autour d'une cour ; mais à l'étude on

Maison à Silclieslo

s'aperçoit que l'aménagement de l'habitation est très spécial. Le plan de la maison de Silchesler, reproduit ci-contre fig. 156-.

1. (2a^'iial. (^,irtha(/e. Tinif^ati. Téhessa. Paris. 2' éd., 1012.8". p. IlSol sni\. ; Carton, Lp palais souterrain d' Amiihilrile à RuUa lleijia. p. 3 cl siii\ . .l.'s.socialion française pour VavancemenI îles sciences. Confjrès ilc Dijon, l'Jl I .

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