XV. EXPLOITATIONS AGRICOLES. MAISONS DE CAMPAGNE
siens essentielles de celles-ci : il suffira pour s"en convaincre de jeter les yeux sur les exemples qui seront rapportés plus loin. Les villas de Pline le Jeune, telles qu'il les a décrites ' et qu'on a essayé de les reconstituer d'après sa description -, contiennent atrium, lj-iclinium,cuhiculiim, comme une maison de Pompéi; mais avec cette différence que ces pièces sont multipliées dune façon insolite et variées avec la plus grande recherche : il y a plusieurs salles à manger, une de cérémonie (triclinium\\es autres plus petites [cuenafio), différemment situées el propres aux diverses snisons ; des
"HJ
r","! iTablinuml I U— «
0 s 10 iS
Fi^. ItiJ. — \'illa de Spnunley-NX'ood.
chambres à coucher pour le jour et la nuit, quelques-unes chaulTées
1. l'Iiii.. H/)isl . . II. 17 Lniirenliniim el \', ti \illa de Toscane^
2. J. BiiiK-liel, Le Lanrenlin île Pline le Jeune: W'innefeld, Tnsci iind l^aitrenlinum îles jiinyeren l'iinins Jahibiich des k. nrch. Instil.. IS'.U. p. 'JOO et siiiv. .
MAISONS UE CAMPAGNE 311
par des hypocaustes ; des salons et des cabinets, terminés par de? hémicycles on. des vérandas, avec vue sur la mer ou sur les montagr.es ; des cours multiples ; des tours élevées qui permettent de jouir du panorama et de la fraîcheur de Pair, des bibliothèques aussi, des salles détude, des galeries d'œuvres d'art '.
Les bains occupent, naturellement, une grande place, avec des locaux attenants, consacrés aux exercices physiques.
Tout cela se retrouve plus ou moins développé, plus ou moins luxueux, dans les villas de plaisance d'Italie et des provinces -. .Mais ce sont surtout les jardins et les parcs qui donnent aux villas romaines de l'époque impériale leur originalité.
« A 1 époque gréco-romaine, a écrit M. Lal'aye •', le jardin d'agrément est un prolongement du salon ; les plantations, rangées en bon ordre, otTrenl à l'uni de longues perspectives et forment des figures régulières savamment composées, où domine la ligne droite : de là un art particulier, qui se rapproche de l'architecture. En d'autres termes, ce qu'on est convenu d'appeler le jardin français n est pas autre chose que le jardin gréco-romain dont la tradition a été ranimée, à l'époque delà Renaissance, par la lecture des auteurs classiques. Rien ne peut en donner une idée plus juste que le parc de Versailles ou que les villas princières qui, aujourd'hui encore, entoLii-ent la \ille de Rome. »
L'n jardin comme celui du Laurentinum de Pline se composait de parterres faits d'un ensemble de plates-bandes, de corbeilles et d'allées (j'jy.s7«.s\ On donnait à ces plates-bandes des formes géométriques variées. « Mais ce qui caractérisait tout particulièrement le jardin classique, c'étaient les arbustes qu'on taillait de façon à imiter des figures géométriques ou des êtresanimés... Les espèces d arbres employées étaient celles qui gardent leur feuillage en hiver, notamment le buis et le cyprès : on leur faisait représenter, par exemple, des lettres dont l'ensemble formait le nom de l'artiste on celui du propriétaire ; ou bien on les taillait en pyramides ou en cônes ; ou bien encore les ciseaux en faisaient des animaux sau-
1. (2f. ce que (viccrnii dit de la villa de Lueulliis à Tusi-iduni et de la sienne (,4d. Ail.. I, 3, I, 8, ît, 10 et les trouvailles de la villa (K-s Pisons à Ilercidanuni (Compai-elli. Lu vilhi dei Pixoni in Ercolano e In sua l)ihlioleca, dans Pnmpei e lurer/iune xollerrittit <lal Vesmio neli aiino 79. Najîles, 1879, S", p. 139 et suiv.'.
2. Voir, pour les ti-aits earactéristi(|Mes des villas l'omaincs : Boi."5sier, Prommadex .irchénlof/iqiies, p. 2:<H et sui\ .
; Dirl. (/ps.tn/.de Sat.-^lio. an mot llorliis. \^. 2Kl.