‹ Manuel d'archéologie romaineChapitre 199 sur 509 · XV. EXPLOITATION? AGRICOLES. MAISONS DE CAMPAGNE · texte numérisé non relu

XV. EXPLOITATION? AGRICOLES. MAISONS DE CAMPAGNE

de Rome, dans les nombreuses villas des monls Albains, dans celles de Tusculum. dans celles de Tibur '. Ainsi étaient dessinées par plates-formes successives la villa de Mécène, celle de Quintilius ^'arus. celle de ^'entidius Bassus. à Tivoli : la villa dite Centroni, au IX'' mille de la \ oie Latine : la villa de Cicéron, à Tusculum, et celle d'Agrippine : la villa de Calig^ula entre Genzano et Civilà Lavinia : la villa dite El Sassone, sur la route de Prascati à Marino et bien d'autres. L ne telle disposition avait encore un autre avantage, qui était de faciliter l'arrosage des jardins, les eaux se répandant tout naturellement, de terrasse en terrasse, en suivant la pente du terrain. Car les Romains, et c'était encore là une des caracléri^tioues de leurs villas, cherchaient avant tout la fraîcheur à la campagne, et y voulaient une grande abondance d'eau. Aussi, y avait-il toujours au centre du jardin un bassin qui en faisait l'ornement. On l'entourait d'œuvres d'art, et surtout d'hermès, dont les tètes surmontaient la balustrade d'entourage "-: c'est ce qui explique qu'on ait trouvé tant d'hermès dans les ruines des différentes villas 2.

Si 1 on avait un parc étendu, on aimait à posséder des pièces d'eau plus étendues, de vastes étangs, à faire serpenter des rivières, à multiplier les fontaines, les cascades, les eaux jaillissantes. Pourtout cela il fallait capter les sources du voisinage, ou, quand on était à portée d'un aqueduc, en obtenir des dérivations — de là le grand nombre de tuyaux de plomb avec le nom du propriétaire qui ont été recueillis dans les ruines de la campagne romaine ; quand on n'avait que de l'eau de pluie à sa disposition, on devait construire d'immenses réservoirs ou creuser un grand nombre de puits. 11 n'est pas de villas où l'on n'ait signalé des réservoirs ou des citernes villas de Quintilius ^'arus et de \'ibius ^'arus à Tivoli ; de Galba et de.Malidie à Tusculum : de Setle Bassi, de Centroni, d'El Sassone : villa de Domitien à Albauo, des Quintilii sur la voie .\ppienne, etc. . Dans sa villa Laurentine, Pline n'avait à sa portée que des puits ou des fontaines ; mais en Toscane, il était

1. Voir sur celle parliciilarilé des villas romaines des environs de Home, I.anciaui. Bull, vomun., ls81. p. 151.

2. Cf. le dessin dun bassin dune villa romaine voisine de Trêves dans F. Hetlner, Illuslriester Fiilirer durch d.is l'rovincialmuseum in Trier, Trêves, 1903, p. 76 et suiv. (if;, l'r^.

:j. Villas de .Mécène, de Cynlhie. des Pisons, à Tibur: villa au 3' nulle de la Voie Latine Ihilletl., 185", p. 179 cl suiv. : villa dlladrien A Tibur; villa deCicin.n à Tusculum .\d. Ml.. I. 3, 4, 8,9, 10 .

MAISONS DE CAMPAG.NU

mieux partat;é et il s'étend avec complaisance sur les sources, sur les bassins et les ruisseaux, qui arrosent ses jardins et répandent partout la gaieté ' .

Il nous reste à donner la description de quelcpies-unes des villas que Ton connaît, pour éclairer par des détails spéciaux lesréllexions générales qui viennent d'être énoncées.

Le type le plus somptueux de la villa de luxe romaine est celui que fournit la villa liadrienne de Tibur ; mais cette somptuosité même en l'ait une exception.

Celles de Pline le Jeune nous permettraient bien mieux de saisir les dispositions de ces demeures rurales de l'aristocratie romaine, s'il était possible d'en dresser sur le papier un plan un peu certain ; les nstitutions qui en ont été laites ne peuvent guère être regardées que comme des essais -. Il vaut mieux se reporter à quelque villa existant encore sur le terrain : bien que les fouilles de semblables édilice^ n'aient presque jamais été complètes, quelques-unes sont suflisantes pour nous bien montrer ce (|u'étaient les villas de la campagne romaine. Telle est celle à qui Ton a donné le nom de Q. \'oconius Pollio, à cause de^^ tuyaux de plomb à ce nom qui ont été rencontrés au cours des déblaiements -^ (li<;. KiGi.

ri^. Itjf). — Xill.i (le N'inoiiiiis l'oHio.

I h/iisi .. y. t).

-' Voir plus haut. p. :ilO, note 2.

• ■ Laiiciani, liuU. coinun.. lN8i, p. lîl et sui\

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