‹ Manuel d'archéologie romaineChapitre 216 sur 509 · Fîaoïil Rochelle, loc. cil., p. 676 el suiv · texte numérisé non relu

Fîaoïil Rochelle, loc. cil., p. 676 el suiv

336 XVI. MONUMENTS funiî:baires

{mensa) offrent sculptés dans la pierre des vases creux, à l'intérieur desquels sont parfois représentés des poissons et des œufs, et qu'accompagnent des cuillers. Ces représentations sont très fréquentes en Afrique ' ;

4° Des monnaies. On enterrait parfois dans les tombeaux des trésors monnayés, afin de fournir au défunt les moyens matériels de continuer sous terre son existence luxueuse ; c'étaient là des exceptions. Ce qui est habituel, c'est l'introduction dans- le sarcophage ou dans l'urne funéraire de l'x obole de Gharon )^, d'une monnaie destinée à payer le passage du mort sur la barque infernale. Les écrivains romains ne parlent de celte coutume qu'à l'époque impériale; mais on a trouvé des pièces dans des sépultures de l'époque républicaine, .\insi, dans une nécropole de Préneste -. on a constaté la présence de trois étages de tombeaux. Les plus anciens sont des cryptes : on y a recueilli des monnaies de bronz<'. sans aucune lettre; au-dessus on avait disposé des sarcophages de pépérin : chacun contenait un fi-agment d'aes rude,' enfin, à la partie supérieure, les sarcophages étaient faits de tuiles juxtaposées; on y avait enfermé des monnaies avec inscriptions.

Sous l'Empire, c'est une loi générale que chaque sépulture doit contenir une ou plusieurs monnaies ; les exemples sont innombrables. Elles prenaient place, dans les tombes à incinération, soit à l'intérieur de lurne funéraire, au milieu des ossements, soit sur la lampe. C est là encore un élément de datation, mais dont il faut user avec prudence, car il arrivait souvent qu'on utilisât pour ce pieux usage des pièces de monnaie anciennes et n'ayant plus qu'un cours fiduciaire. Dans le cimetière des ofjicialea du procurateur de Carthage, qui a été en usage depuis le temps des Flaviens jusqu'à la {\n du n'' siècle, le plus grand nombre des pièces recueillies sont des monnaies carthaginoises, d'autres numides; un quart à peine appartiennent au monnayage romain •'. Dans ce cas et dans bien d'autres semblables, làge des monnaies déposées dans les tombes ne peut donner que des renseignements tout à l'ail approximatifs : il {"we seulement l'époque au delà de laquelle on ne saurait faire remonter rinhumalion.

A côté des monnaies on trouve dans les lombes des clous de fer, placés souvent près de la tête du murl. Quehjues-uns proviennent

1. Gsell, Les moniiinenls ilc i .\l<i<irie. II. p. i" cl Is. iiolo 'J.

•2. CI. /-., I, p. 2S.

.1. Dclallre. Hev. nrch.. 1S8« fil , p. lai fl suiv.

PARTIR EXTÉRIELRE DE LA TOMBE. STELES 337

assurément du sarcophage en bois dans lequel le corps était enfermé, ou du bûcher où il avait été brûlé; mais 1 explication ne peut s'appliquer à tous et, en particulier à ceux qui portent des lettres ou des dessins. Il est admis que ces clous avaient un caractère prophylactique, une vertu magique. Ils devaient défendre le morl contre le mauvais sort '.

Quant aux lamelles de plomb couve4'tes dimprécations et de signes cabalistiques qui étaient roulées et déposées dans les tombeaux, on sait qu'elles n avaient rien de commun avec le mobili 'r funéraire : on les glissait auprès du cadavre ou parmi les ossements pour obtenir la complicité du défunt et assurer la réussite de la pi'ière ou de la malédiclion qui y était inscrite -.

;;!:; \'l à XI. — Partie extérieure de la tombe. Mon umen ts fu n éra ires .

A la jiartie souterraine de la sépulture, puits, caveau, fosse ou simple dépôt en terre, correspond une partie extérieure dont l'utilité est d'indiquer aux yeux, par un signe plus ou moins apparent, souvent par une construction somptueuse, la présence du tombeau.

< \I. — Stèles.

La forme la plus simple de la pierre tombale est la stèle, qui n'est à l'origine qu'une pierre brute dressée à l'emplacement où le corps a été déposé. Peu à peu l'usage se répand de remplacer cet indice grossier par un monument plus soigné : plaque de calcaire de forme quadrangulaire, arrondie au sommet ou se terminant en pointe, couronnée d'un triangle ou d'un demi-cercle accosté d'acrotères (fig. 177, i, î,o. r, . La disposition remarquée à Pompéi, sur la tombe d'allVanchis de la famille Istacidia ■' et où le haut du cippe alFecte la forme d'une tète humaine, plate par devant, sculptée par derrière, est assez insolite (fig. 177, * et '0. En pareil cas, pour suppléer à l'absence de chambre funéraire, on avait inventé une disposition ingénieuse : le dépôt de cendres ou la fosse étaient reliés à la surface du sol par un conduit qui débouchait au pied de la

t. Sagliii. Dict. des \nl.. au mol (Uarns (F. p. 1241 .

Cf. A. .\ii(l()liciil, Defixioniim labellae. Paris, I90i. s», p. r\ et suiv. . Ovcrbeck, l'ompeji. p. 421.

M\Mi;i. r>'AnrHKni.o<iiE homaine. 22

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