LES EMPLOIS DE LA STATUAIRE
même ; nous le montrerons en traitant du portrait, dont la ressemblance fut parfois assurée par lapposition d'une couche de cire sur le masque du défunt.
Si le bronze fut la matière de prédilection du statuaire grec, si tout grand artiste de cette race fut un toreuticien, cette préférence dut être moins accusée à l'époque romaine, car les œuvres les plus célèbres des anciens bronziers ne nous sont plus connues que par des copies en marbre ' : ce changement de matière se reconnaît à certains artifices, tenons, supports -, attributs disgracieux (draperies, troncs d'arbres;, devenus nécessaires pour étayer des poses trop libres, des mouvements trop hardis des extrémités, dont le bronze, plus léger, s'accommodait ; on tâchait de dissimuler le caractère factice de ces supports en les mettant du mieux possible en rapport avec la nature du sujet représenté. Aux bas temps de l'Empire, sous l'influence de "l'Orient, comme Riegl '' la finement remarqué, on préférait, en sculpture, la matière dure et lumineuse, telle que le marbre, à la matière sombre et souple comme le bronze : les jeux de lumière et d'ombre tranchés, accentués, à l'ombre diffuse de jadis, aux transitions insensibles.
.A. celte question se trouve d'ailleurs liée celle de la patine. Nous ne pouvons aborder ici les controverses qu'elle a soulevées ; il nous parait certain qu'il y eut des patines artificielles, créées ou lentement provoquées par l'artiste ou le fondeur ; maisd'autres, qu ils n'avaient point prévues, tiennent à Faction du sol où le hasard a enfoui les bronzes. Or il n'est pas indifférent de savoir, par exemple, pour reconnaître leur provenance, que ceux d'Herculanum ont une patine noire et ceux de Pompéi une patine vert-bleu '.
>; III. — Les emplois de Ih statuaire.
La statuaire fut, en Italie comme en Grèce, en relation avec la vie religieuse, la vie politique et l'ornementation publique ou pri-
1. Inversement, mais bien plus raicmcnl. il y eut aussi, à une époque tardive, des œuvres de marbre copiées en bronze, reconnaissables à ties supports adventices inutiles pour la solitlilé de statues en métal cf. Brunn-Bruckmanii, Denkmàler griech. iinii n'im. Sculptiir. Munich, I88K-91. f*, à la pl.niiv .
■J. L'élude dclaillée de ces supports a été laite pac M " .\da Mavijîiia. Hom. Millh.. .WVIII (1913 . p. 1-91.