I. GENERALITES. LA TECHNIQUE
suprême de la vie publique. De notre temps, les esprits chag'rins déplorent, d'un terme affreux, la <> statuomanie » ; ses excès ne sont rien auprès de ceux qu'a connus l'Italie impériale. Dès l'époque de Caton, il y avait là un abus propre à faire naître les protestations d'un vieux Romain comme lui. Auguste décora son forum avec les efiigies des hommes illustres de la Rome royale et épublicaine, notamment des triomphateurs ; plus tard on dut, faute (le place, glorifier les suivants au forum de Trajan. L'honneur d'une statue était accordé parle Sénat — puis par l'Empereur, jusqu'à Claude ; mais à cette règle il y eut quantité d'infractions qui motivèrent des mesures de rigueur : ainsi, en 158 av. J.-C, les censeurs imposèrent l'enlèvement de toutes les statues érigées sans l'autorisation requise. En principe encore, les Césars exceptés, les morts seuls pouvaient avoir leurs portraits en public ; mais en fait ceux des vivants ne manquaient pas. Le Forum, dès la République, s'emplissait de statues de tontes sortes, où voisinaient hommes et femmes, Romains et étrangers (tels que ïhémistocle ou Alcibiade }, quelquefois à la suggestion des dieux, d'un oracle. On rapprochait le marbre, le bron/.e. l'or ; mais l'or et l'argent massifs étaient réservés aux empereurs, avec une prodigalité qui amena quelquesuns d'entre eux à limiter la taille et le poids de leurs statues^. L'adulation générale y ajoutait les efligies de la famille impériale et des favoris du prince (Séjan. Anlinoiis). L'extrême vogue de ce mode d'ornementation, à Rome surtout et dans les cités grecques, se traduisait par un encombremenl déplorable, sur les places, dans les curies, les aires sacrées"^, les théâtres; dans celui de Pompée el dans celui de Scaurus, les entrecolonnements abritaient 3000 statues de bronze : on a retrouvé des centaines de statues de marbre dans les thermes de Caracalla, dans ceux de Trajan et de Dioclélien ; il en était de même sous les portiques (comme celui d'Octavie), dans les parcs (jardins de Salluste), dans les bibliothèques publiques. A Pompéi on avait prévu, sur le forum, la place nécessaire pour quelque HO statues équestres, de grandeur naturelle, chacune précédant celle d'un personnage debout •*.
Plus on avance flans le temps, plus s'accentue le caractère décoratif des statues. On en juchait sur des colonnes autour des vastes