LES EMPLOIS DE LA STATIAIRE
constructions : dans quelques grands édifices, dont on a-rémentait couramment, à la basse époque, la façade principale par un faux portique, les ressauts de Tentablement, au-dessus des colonnes, supportaient chacun un gros dé formant le socle dune statue : ainsi sont disposées les effigies des prisonniers daces. du temps de Trajan. tardivement remployées dans Tare de triomphe de Constantin'. La double intention que nous avons signalée pour la capitale ; hommage aux personnes et embellissement, s'affirme aussi dans les provinces: les silhouettes impériales s'y multiplient; les assemblées provinciales décernent des statues aux gouverneurs -, les corps municipaux aux patrons des cités, aux prêtres, même aux magistrats subalternes, aux simples particuliers prompts aux largesses. Claude, pour refréner labus, interdit les honneurs du marbre ou du bronze à qui n'avait pas au moins élevé ou restauré un édifice public ^.
Si, au point de vue ornemental, le marbre devint, comme nous lavons dit. matière préférée des artistes, en revanche au point de vue honorifique, peut-être par une survivance lointaine des idées grecques, le métal garda sa prééminence. Au milieu du iv-^ siècle, l'autorisation impériale devint indispensable pour élever à des fonctionnaires ou à des notables des statues de bronze : la règle ne s'étendit que plus tard à toutes les autres matières '.
Aux demeures privées, l'exemple de ce luxe venait de haut, des demeures royales, de la Maison Dorée de Néron, de la villa d'Hadrien à Tibur. Mais la plupart des logis, vu leurs dimensions, sornaienl plutôt de simples bustes, en marbre ou. modestement, en plâtre; un type très largement représenté est celui de l'hermèsportrait. Dans les cités campaniennes, en général dans [afriiim de la uiaison, vers l'entrée du tahlinum, se dressait 1 hermès du maître, élevé par ses parents, ses affranchis ou esclaves, sur un pilier carré avec tenons, où l'on suspendait des couronnes pour fêter les jours anniversaires. S'il n'en reste que peu aujourd'hui: portraits de Caecilius Jucundus — dont nous reparlerons —, de