LES EMPLOIS DU RELIEF
toutes semblables. Il n'y a pas à s'étonner si, sous l'Empire, des praticiens fabriquaient des séries de corps acéphales, où l'on posait la tête du nouveau prince, que l'on changeait au besoin à l'avènement de son successeur. Pour les statues idéalisées et à cuirasse, ce sansfaçon était courant ; on ne compte plus, dans nos collections, les statues à t^e mobile. Et cela est vrai, indistinctement, des statues de grands personnages et des effigies les plus courantes '. Remarquons en eiîet que le réalisme, dans le portrait de cette époque, ne s'étend pas au delà du cou - ; d'ailleurs, nous le verrons, c'est au cou que, dans la tradition étrusco-romaine,on arrêtait le busle. Plus tard, quand on y ajouta la poitrine, le torse, quand on représenta même le corps entier, nu ou vêtu, on ne craignit pas de superposer une tête de vieille femme à un beau corps juvénile.
Enfin rornementation publique ou privée, privée surtout, dut encore un sérieux appoint à l'exploitation des sujets de genre. Les promenades, les thermes, les riches demeures, les jardins des villas furent décorés, comme à l'époque hellénistique, d'ouvrages de toutes tailles, de toutes matières et de toutes sortes, sujets simples ou groupes, dont nous aurons à reconnaître les types les plus fréquents et les plus expressifs.
>5 IV. — Les emplois du relief.
La sculpture en relief prit des caractères très variés, plus encore, on le conçoit, que la statuaire : elle fut décorative, religieuse, funéraire, historique, ou simplement fantaisiste, et ces distinctions serviront de cadre à notre prochain exposé. Pour l'instant, laissant les sujets traités, nous devons dire en deux mots où trouvait place cette nouvelle série d'ouvrages, ce qui leur servait de supportel les appelait à la vie.
A répo({ue romaine, le temple n'est plus, comme jadis en Grèce, l'heureux prétexte de tant de ligurations : les frises à personnages, longuement développées, y sont passées de mode ; cette disgrâce s'étend aux frontons "*, et l'on cite comme exception un temple de
I . Ex. : la Diédiocrc statue d'un homme (irapr. au musôc tic Metz (Kspéian- (Jieu, Bas-reliefs, V, p. i.35, n" ilOO).
2. A. Hekler, Die Bildnisskunst der (iriechen und ISiinier. Stuttijait. l'.tlS. H", p. 2S et suiv.
3. Nous ne parlons ici (jur des temples; les cip|)es ou ilalies sculplôes, auxquels on donne l'apparenec d'une façade de temple, présenleul au contraire souvent, au fronton, mm seulement iiii motif ornemental, mais mcmc des scènes véritables.