‹ Manuel d'archéologie romaineChapitre 268 sur 509 · Ilelbif,', Fiihrer. I. n · texte numérisé non relu

Ilelbif,', Fiihrer. I. n

DIVINITES D ORIGINE HELLENIQUE

montre en guerrière, tenant dune main le Jjouclier et de l'autre

la lance, pointe en avant ' ; sur les épaules est jetée une peau de

chè"re entière -, les pattes de devantnouées sur la poitrine ftig. •JOGi.

En Begina (fig-. 201 j '^, Junon avait la plénitude de sa signitication

Fig. 200. —Jiino Sofipiln.

.lu no RegiiiH.

tout à la fois guerrière, nationale, morale et familiale ; c'est dans la Triade capitoline que ces traits di\ers se trouvaient rapprochés. l^Wthéna Erc/anù des Grecs avait son pendant dans la Minerve romaine ', protectrice avant tout du commerce et de l'industrie. Cette analogie enlraina l'identification absolue de Minerve avec Athéna. Dès lors, l'ancienne patronne des corporations, fêtée aux Qiiinquatrus, et dont nous n'avons aucune représentation, dc\int une divinité pour l'aristocratie et les lettrés, sans aucun trait original ; elle fui déesse poliade et guerrière, même dans la Triade capitoline, où on lui mettait le foudre en main. Les hron/.es

1. Cf. les monnaies de la r/en.s Procili.i : (îruebcr, Cninsi o/" Roman liepublic, 1, p. 386-7 ; pi. .\i.i, 18-19.

2. Allusion, semble-t-il, A une autre ôpilhète, (^aprolinii. ("omnio Icllo, Junon était fctéc aux nones de juillet : fenunes et filles esclaves re.joij;naient la foule sous le capri/icns, sorte de figuier, symbole de fécondité, dont on oITrait la sève en sacrifice à la déesse.

3. Bronze de Vienne. La déesse avait le sceptre cl la palére. Le caractère matronal, auguste, répond au titre de Refjina.

i. Wissowa, dans Unschci-, .Le.riknn ; Fougères, dans Sagliu. <»/). cil.

d'époque romaine reproduiseul purement et simplement le type hellénique de TAthéna casquée, avec le bouclier, Tég^ide et la lance. Tantôt elle s'appuie sur cette dernière arme ' (fig. 202), tantôt elle la brandit, pointe en avant ^. Quelques exemplaires la montrent assise ^, ou bien tenant la chouette ^, comme la déesse athénienne, ou encore la palère '. Sous le costume guerrier, elle reste toutefois patronne des gens de plume : son buste orne les bibliothèques publiques, comme les bureaux des scribes.

Apollon, lui, est une divinité exclusivement hellénique, que les Romains apprirent à connaître de très bonne heure — dès l'époque de Tarquin, d'après les textes, grâce aux rapports avec le sanctuaire de Delphes, et qu'ils adoptèrent d'abord comme dieu sauveur, dieu des oracles. Son culte prit dans le monde romain une très grande extension, surtout à partir d'Auguste. La plupart des statues d'Apollon que nous possédons datent de cette époque relativement basse et repi'oduisent des modèles helléniques ; on ne saurait se rendre 202. — MiiKM-vc. compte des libertés de détail que les auteurs de ces répliques ont pu prendre avec les types consacrés. Bornons-nous à énumérer très rapidement les nombreux symboles et attributs ''.

Apollon est resté le dieu jeune, élégant et gracieux, imberbe, les cheveux longs et généralement coilFés avec recherche i lig. 203), nu ou vêtu selon les cas. Le plus souvent il a pour attributs la lyre, l'arc, le carquois et les flèches, le trépied ; car il est essentiellement le dieu de la lumière, dont les rayons s'élancent, rapides et pénétrants, comme des traits, le dieu de la divination et le chef de ch(t'ui' des Muses et des Grâces. D'ailleurs ces fonctions essentielles

Fk

1. Habclun-Blanclu'l, Bronzes de lu liihl. Sut., p. "2-7.}, n" 153 à 139 Athèna l'urlhénos . Notre fij,'. 202 est lu reproduction du n" 137.

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