Sa^'lill. op. cil., li^. 21ÎMI
DIVINITi;^ D ORIGINE ORIENTALE
chiiiuls et qui devint Jupiter Heliopolitanus ' ; cest au conti-aire un dieu du soleil et eu même temps de Tatmosphère et des moissons que l'astre fait mûrir : il a le fouet dans la main droite, un bouquet d épis dans la gauche, le calalhtis en tète : la partie inférieure (lu corps, depuis la poitrine, est enfermée dans une g^aine dont la surface extérieure se divise en compartiments rectangulaires et ornés de rosaces (i\s:. -25 -.
Fi^". 225. — Jupilci- d'Hcliopolis.
-Nous ne saurions omettre de signaler Tidole de bron/.t' mise au jour par Gauckler, à Rome, dans le sanctuaire syrien du Janicule. '< Coiffée d'une sorte de casque quasi triangulaire vu de face, les bras collés au corps, les pieds joints, elle apparaît entourée des sept replis d'un dragon, dont la tête à crête dentelée s'avance sur le crâne de la statuette et dont le corps se déroule en spirale de droite à gauche jusqu au pied gauche "*. » Mais queL nom lui donner ? Iladad a été proposé. En vérité, le dieu du tonnerre et des ouragans chez les Syriens se conçoit mal sous ce visage imberbe,
1. Pcrdrizet, dans Saj,'li<). Dicl. dea Anl., au mot Jupiter, p. "oo : Drcxior, «lans Hoscher, Lexikon, an mot Heliopolitanus : Toulaiii. op. cil., p. 13 c[ suiv.
2. Helief de Nîmes, d'après Espérandieii. lias-reliefs. II. j). i'.>' :>. HtiiKnli, Heliefs. II. p. 2.11. ô.
•V (1. I)arier. Comptes rendus de iAr.ul. des Inscr.. KHi. p. lu.'i-lll ; fiir. p. 1(17.
d'expression si douce qu'on le crut féminin jusqu'à ce qu'un complet nettoyage eût fait apparaître le sexe véritable. Le serpent qui enserre la divinité paraît témoig'ner d'une influence iranienne.
L'Elagabal ou Baal d'Émèse, dont l'empereur du même nom voulait faire le dieu capital du Panthéon romain, ne nous intéresse pas ici, puisque son fétiche n'était qu'une pierre noire conique, sans forme humaine. De même, cette sorte de monothéisme solaire qu'Aurélien rêvait d'instaurer ne changea pas la ligure du dieu Sol : l)icn tpie déchiré sur les monnaies dnnserriitor ou liesli'lutor)
lll -fi lUrtiÉiliVilÉil
l'i^. 22ij. — Sut Siinctis.si mus (]\\c\\i- Moscioiii,.
orhis, on iJaininus iinjjcrii lioiimni. il conserva habiluellemc:il le type hellénique. (.Quelques représentations ce|>endant répoiulenl mieux aux doclrini;s répandues par les religions orientales : ainsi, sur le bel autel du (^apitoie lig. 'J'jr» . le Sol S.iiiclis.iimu-s couronné de rayons el porté [)ar un aigle aux ailes éployées.
I.e Dusarès '. dieu des .\rabes et des .Nabatéens, dont le culte
1. !•■. Li;in)iMiitiit, dans Saf,'li<>. I>ict. des .\nl.; l'ÀI. Meyi-r. diins HciscIut, Lerilion ; Cuiuoiit. clans l*auly-\N'isso>vn, lieal-l\nci/<l.
DIVINITES D ORIGINE ORIENTALE
pénétra jusqu'à Pouzzoles. fut peut-être aussi à rorigine un dieu solaire; mais bientôt on le lit présider surtout à la vég"étation en ^•énéral, et, comme il régnait sur une région de vignobles, il fut assimilé à Bacchus ; par suite, des monnaies, qui l'ont pour type, mettent une panthère à ses pieds.
Ajoutons enfin que les colonies judéo-grecques — et les païens qui avaient adopté les mêmes croyances — appelaient « Dieu très haut » (0£(>ç u'Jy'.CToç) le Dieu d'Israël, mais pratiquement il était confondu avec Jupiter et on lui consacrait un aigle '.
Voici maintenant quelques divinités strictement régionales, que de récentes découvertes nous font mieux connaître. La civilisation phénicienne, transplantée dans l'Afrique du Nord, y avait prospéré et évolué librement. Déjà sous les Carthaginois s'élaborent de nouveaux types divins, auxquels Télément populaire restera fidèle sous la domination romaine.
L'Astarté de Tyr était devenue, sous le nom de Tanil, la divinité principale de Carthage. La destruction de cette ville valut à sa patronne l'honneur d'être, seule de ce groupe, vénérée hors de l'Afrique, mais uniquement en Italie, où son image avait été emportée par le vainqueur et établie, à Rome même, sur le Capitole. Son nom fut Caelestis ; on l'identifia généralemenl avec Junon, à titre de déesse souveraine - ; nous trouvons cependant aussi la forme rirgo Caelestis, car Tanit est tout ensemble vierge et mère. Ses images les plus sûres sont minuscules : d'abord des types monétaires montrent une déesse belliqueuse, armée de la lance et du foudre, ceinte de la couronne tourelée comme protectrice de cité, montée sur un lion courant ou, comme Cybèle, dans un char traîné par des fauves ; son buste, dans un croissant, est un sujet de lampe assez commun en Afrique ; une pierre gravée à légende i^llpa Ojpav-'a) lui donne le sceptre et place à ses côtés les Dioscures^. Sur aucune figure plus grande on ne saurait mettre son nom avec une absolue certitude ; mais il y a toute raison de le donner à la femme assise dans un Irône à dossier, vêtue d'une longue tunique plissée, la tête enveloppée d'un voile et surmontée
1. Cf. l'aifrle de Hrii.xellcs, avec iiiscriplion, pi-ovenaut de Lydie : (".imionl, Sculpt. de liriirelles. p. 67 el suiv.. \\"^'^.
2. Cf. (]imi()iit. au mot (Caelestis, dans Pauly-W'issowa, Real- K ne t^ cl. ; Steiiding. au même mol. dans Rosclier, Le.rikon: voii- //>/(/. , au mot Jiino, Caeleslis. II, p. 611 el suiv.; Ilild, au uinl Jiino, dans Sa)::lio. Dicl. des .\nl.. MI, p. rt8!i el suiv.
3. Ad. Furl u an}.'ler. I)ie anliUrn Ciommcn. Leipzig. If'OO. 1", pi. i.xv, .'li.
d'un cahdhus, que nous rend une statue ifig. '2'2~) exhumée à Bir-
I-iff. 227. — Caelestis Cliclu- tic la Direction des Antiquités cli' Tunisie .
|jou-lU'klj;i, près de Siagu (Tunisie), dans les ruines d'un sanctuaire de Baal cl de Tanit. C'est un ouvraj^e en terre cuite, comme les autres eflif^ies retrouvées au même endroit ' et que nous allons passer en revue ; elles sont maintenant au musée Alaoui.
1. Cf. A. Merlin, i\otes et Documenis imlttirs [):ir l;i Dircvlioii îles \nliifni- If^s -le Itniisie), IV. Paris. l'HO, S'.
DHIMTES D ORIGINE ORIENTALE
Le parèdre de Tanit, Baal, subit diverses métamorphoses ; il devint, tantôt un Saturne, de type classique comme nous l'avons dit, mais chargé d'emblèmes supplémentaires, tantôt une idole étrange dont le» monnaies révèlent le nom, qui rappelle encore Saturne par répitliète : Saeculum frugiferum, personnification du Temps. A Bir bou-Rekha. c'est (tig. '2-28' un homme mûr à barbe
Vi^. 22S. — Saecnluin frii(jiferum 'Cli( lu- de la Direction des Antiquités de Tunisie .
courte et drue, assis sur un trône à dossier, entre deux s|)hinx ailé? coilFés d'un bonnet à pointe ; il est drapé dans un ample manteau et sa tête se couvre d'un cihilhiis formant tiare tronconiquc. qu'on dirait enveloppée de plumes ou do larges feuilles ; la main'gauche a pu tenir des épis. (]ct aspect n'est pas immuable : à
Carthage on rencontre en outre un Baal imberbe, portant une mitre pointue, armé d'une hache en demi-lune, dont il appuie le manche sur ?on épaule. On a signalé ses rapports avec le Baal-Hammon ' .
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