‹ Manuel d'archéologie romaineChapitre 289 sur 509 · Merlin, i7hV/., p. 17 et iO · texte numérisé non relu

Merlin, i7hV/., p. 17 et iO

DIVINITÉS d'origine ORIENTALE 441

coiffure caractéristique, dont les extrémités se prolongent sur le devant de l'épaule ; c'est le klaft ég-yptien, du reste modifié ; les

Fi},^ 230. - Dea Ntilrir (Cliché de la Direction des Aiilifjuités de Tunisie).

poils de la crinière s'étalent pour donner appui à un nimbe circulaire, qui a disparu, La même iniag-e se retrouve sur un denier romain dont la légende est en trois initiales qu'on a ainsi com-

plétée- : Genius t errae A fricae . Il est seulement un peu sing-ulier que ce (Jennis soit une femme, comme 1 indique la poitrine bombée ; la partie inférieure de sa robe à manches courtes a des ofarnitures brodées, imitant deux ailes de vautour qui partent des hanches et se referment lune sur l'autre transversalement. Egyptienne aussi la pose du bras droit retombant ; lautre, replié, tient un cornet aujourd'hui mutilé.

Enfin la même série comprend une petite statue de femme assise ifig. 230' allaitant un enfant nu, allongé sur ses genoux, recouverts d'un manteau on d un tablier : la robe n'a rien de particulier que les crevés de la manche. Idole pour le vulgaire, ce qui explique sa physionomie bonasse et son bonnet plat sans prétention : c'est une divinité nourricière. Dea Nutrix : nom que Ton peut donner pareillement à d'autres images, celles-là plus nobles, trouvées à Lambèse et à ïimgad. Toutes deux sont couronnées de pampres dont les grappes retombent sur les oreilles ; elles sont drapées à la mode classique. Celle qui provient de Lambèse, et dont l'identité est établie par l'inscription qui figurait sur le socle', tient sur le bras gauche un nourrisson qui cherche le sein à travers la tunique: contre le haut de la jambe tendue elle appuie de la main droite un disque, pain ou gâteau. On peut se demander à juste litre si cette .Vw/ri.r n'est pas un dérivé secondaire de Tanit.

C. Divinités originaires d'Asie Mineure '-. — De toutes les contrées d'Orient, l'Asie Mineure fut la première qui introduisit à Kome un culte officiellement reconnu. Durant la lutte contre Hannibal. le peuple romain, elfrayé par de< pluies de pierres répétées, consulta les Livres Sibyllins, qui ordonnèrent de faire venir la Grande Mère de 1 Ida •''. Ce que l'on convoya sous ce nom à Ostie, ce fut l'aérolithe noir où on la croyait incorporée et qu'.Atlale. ami des Romains, avait transféré de Pessinonte à Pergame. Il fît merveille ; Ilannibal vaincu, on éleva un temple à la Grande Déesse, que les (irecs appelaient également Cybèle : c'était la même en somme, à peu près, que cette Ma du Taurus. déesse de la Terre, mère féconde de toutes choses, « maîtresse des fauves » de la forêt.

1. H. Ca^al. Musée de Lambèse, Paris. IftOj, i", pi. m, 2. p. ijel suiv.

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