Cf. Cumonl. lieliff. orient., cliap. m
."i. On la connaissait déjà par les temples qui lui élaicnl consacrés sur divers points de l'Italie méridionale et de la Sicile: d'ailleurs le Sénat n'était point facile (l'avoir un culte eu commun avec Altale, roi de Perfîame. maître de l'Ida ; cf. II. (îraillol, f.e ciiUe de f^./lyèle. clinp. i".
DIVINITÉS DORIGINE ORIENTALE 443
à laquelle un autre dieu, sou époux AUis ou Papas, laissait la première place, souvenir dun antique matriarcat. Leur culte était déjà contaminé ; venant de Thrace, les Phry^-iens étaient restés fidèles à leur dieu, Sabazius, une sorte tle Bacchus sauvage, qui, dans une large mesure, se confondit avec Attis. Ces religions naturalistes s'accompagnaient de rites orgiastiques, bruyants, échevelés, frénétiques, dont l'extatisme stupéfia les rudes Romains de cette époque. Ils ne rompirent point avec la déesse qui les avait sauvés, mais isolèrent son culte, réservé à des prêtres d.Anatolie, et qui mena à Rome une existence obscure jusqu'au jour où Claude, voulant susciter une concurrence aux superstitions égyptiennes triomphantes, renforça les fêtes de Cybèle, abolit les restrictions de naguère et décida que les desservants principaux, les archigalles, seraient désormais des citoyens romains. La déesse mère et Attis tendirent dès lors à absorber la plupart des divinités anatoliennes, dont les cultes passèrent en Occident; outre la Ma de Cappadoce, déesse guerrière à l'origine, qu'on finissait par confondre avec la Bellone italique, on adorait encore Men « le tyran » ou Lunus (dieu lunaire mâle), dieu céleste et chthonien tout ensemble, qui fécondait les champs et les troupeaux et protégeait les tombes des paysans. Depuis Claude, il y eut tout un cycle de fêtes nouvelles, vers léquinoxe qui ouvre le printemps. D'abord un cortège de cannophores commémorait la découverte par Cybèle de son époux Attis, exposé tout enfant parmi les roseaux, aux bords d un lleuve phrygien. Puis un pin était abattu et transporté au Palatin par le collège des dendrophores — Attis s'était mutilé sous un pin. Ce pin. enveloppé de bandelettes <le laine comme un cadavre, symbolisait Attis défunt, autour duquel on se lamentait dans le jeûne. Peu après s'accomplissaient les funérailles du dieu, dont on apaisait les mânes par des libations sanglantes. Les galles ou prêtres se fu^ligeaienl, se meurtrissaient, et les mystes ou néophytes s'émasculaient , comme le dieu, avec un caillou tranchant, (^omme lui, ils s'unissaient à la déesse dans une vallée mystérieuse ; et brusquement, dans des mascarades et des festins, on célébrait le renouveau de la terre, où l'on voyait la résurrection d.Attis ; finalement une procession allait baigner et purilier dans un ruisseau la statue de la déesse. .Ainsi, comme Proserpine, comme .\donis. .Attis était le symbole de la succession des saisons ' .
I. .^ussi (itielqiiefois est-il îissiniili- i\ .Vdonis. le dieu chasseur dont il prend l'arc et le carquois Le Has-W'addinj.-^lon. Itinéraire eu Asie Mineure, éd. Reinacli, pi. r.v. p. 53).
Ce bref rappel des rites phrygiens était nécessaire pour expliquer les attributs qui apparaissent d'ordinaire sur les monuments de toute nature[^donl létude nous importe principalement.
Cybèle ' est avant tout une déesse mère, et on la figure drapée, d'apparence matronale -. Sans doute elle partage avec Jupiter la domination du monde,' mais les artistes lui mettent bien rarement le sceptre en main ^ ; seulement ils la représentent presque toujours trônant : quelquefois elle est assise sur le lion, symbole astral ^, ou le lient au contraire sur ses genoux '^ ; mais le plus souvent les lions traînent son char (fig. 231^ *. Des monnaies la montrent saisissant des deux mains les extrémités de son voile flottant, qui se gonfle en demi-cercle, à 1 imitation de la voûte céleste qu'elle gouvei'ne. Les cymbales, qui lui sont consacrées, figurent les deux hémisphères du ciel qui enveloppe la planèle terrestre : elle a pour doryphores les Corybantes. dieux héliastes. et on lui associe les Dioscures. Son visage sencadre parfois des bustes de Sol et de Lima, ou de leurs symboles. Elle synthétise les quatre éléments : dans Ticonographie métroaque, le dauphin et le cratère correspondent à l'élément humide ; les génies ailés et les oiseaux envolés, à léléinent aérien : le lion, au feu: le serpent, à rélément solide. Mais le caractère chthonien de Cybèle est fortement marqué : ses faveurs à la culture s'indiquent par le calalhiis quelle a sur la tète, la touffe d épis mêlés de pavots, la corne d'abondance quelle porte sur les monnaies et les intailles. Déesse protectrice des cités, elle est coiffée d'habitude de la couronne tourelée, au sommet de laquelle se fixe, par derrière, un voile dont les plis retombent de chaque côté des épaules, qu ils enveloppent en partie. Mais son attribut vraiment sj)écifique est
Cvbéle.
1. Happ, dans Roscher. Lexikon, au mnl htfbele ; (îraillul. op. cit., p. \'M et suiv. : Toutain. Cultes païens, 1. ii. p. 77 et siii\ .
2. Principales statues dans S. Reinacli. Slalunire. I, |). IS2 et suiv.: II. p. 269 et suiv.